Ce qui est. là vient gourd
mains de la vérité, solidité et substance des choie», pour nous mettre au vent et au rien *.
Mais la plus forte vanité de toutes, est ee soin pénible de qui * 8e fera icy, après qu'en serons partis. Nous estendons nos désirs et affections au- delà de nous et de nostreestre; voulons pourveoir à nous estre faict des choses lorsque ne serons plus. Nous désirons estre loués après nostre mortquelle plus grande vanité! Ce n'est pas ambition, comme Ton pourroit penser, qui est un désir d'honneur sensible et perceptible ; si ceste louange de iïostfe nom peut accommoder » et servir en quelque chose à nos en fans, parens et amis Burvivané, bien » soit, il y a de l'utilité ; mais désirer comme bien une chose qui ne nous touchera point et dont nous ne sentirons rien, c'est pure vanité; comme de ceux qui craignent que leurs femmes se marient après leur décès, désirent avec grande passion qu'elles demeurent veufves 8, et l'achètent bien chèrement en leurs testafcetts^ïèur laissant une grande partie de leur bien à ceste condition. Quelle folle vanité, et quelquefois injustice! C'est bien au rebours de ces grands hommes du temps passé, qui, mourans, exhortaient leurs femmes a se marier tost et engendrer des enfants à la république. D'aultres ordonnent que pour l'atnour d'eux on porte telle et telle chose sur soy, ou que l'on fasse telle chose à leur corps mort : nous consentons peut-estre d'échapper 4 la vie mai6 non à la vanité. • '
Voicy une aultre vanîtê : nous ne vivons que par relation à aultruy; nous ne nous soucions pas tant quels nous soyons en nous, en effect et en vérité, comme 6 quels nous soyons en la connoissance publique ; tellement que nous demandons * souvent, et nous privons de nos commodités et biens, et nous géhennons*, pour former les apparences à l'opinion commune. Cecy est vrai, non seulement aux choses externes et du corps, et en la dépense et employ de nos moyens, mais encore aux biens de l'esprit, qui nous semblent estre sans fruit, s'ils ne se produisent à la veue et ipprobation estrangère, et si les aultres n'en jouissent.
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