finance dérive de ««tan, nuée
6. SmaU <de «Mb», ce nui est 12« *» («^allemand), fendu et a subi la fusion). 13. Ce verbe n'est plus actif*
292 CLASSIQUES B.tANÇAiS
dilection * qui se fait excellemment entrevoir, dorant de son lustre 3 incomparable toute la science des saints, et la rehaussant au-dessus de toute science. {Ibid.)
Ul TBHTWi
Entre les serviteurs de Dieu, les uns s'adonnent à servir les malades, les aultres à secourir les pauvres, lesaultresà procurer l'avancement» de la doctrine chrestienne entre les petits enfants, les aultres à ramasser les âmes perdues et esgarées, les aultres à parer les Églises et orner les autels, et les aultres à moyen ner* la^aix et concorde entre les hommes. En quoi ils imitent les brodeurs •, qui, sur divers fonds, couchent eh belle variété les soies 6, l'or et l'argent pour en faire toutes sortes de fleurs; car ainsi ces Ames pieuses, qui entreprennent quelque particulier exercice de dévotion, se servent d'icelui comme d'un fond pour leur broderie spirituelle 7, sur lequel elles pratiquent la variété de toutes les aultres vertus, tenant en ce s te sorte leurs actions et affections mieulx unies et rangées, par le rapport qu'elles en font à leur exercioe principal, et font ainsi paroistre leur esprit
En son beau vêtement de drap d'or recanié*. Et d'ouvrages divers à l'aiguille semé!
Nous ne sommes hommes que par la raison, et c'est pourtant chose rare de trouver des hommes vraiment raisonnables; d'autant que l'amour-propre nous détraque* ordinairement de la raison, nous conduisant insensiblement à mille sortes de petites, mais dangereuses injustices et iniquités, qui, comme les petits renardeaux desquels il est
t. Charité. 5 Broder vient de border (orner le
2. Lusirare (nettoyer, rendre bril- *""'' f nn* éufe>- . lant). 6. Soie («te).
. . . , 7. Il aime ces images ou comoarai*
3. Le progrès. Procurer {procurare, ^ mondaiaes ou familières.
s0,gner)* 8. Rècamè. brode, tissu.
4. Trouver le moyen [medianus) de 9. Nous fait perdre la route de... Le pacifier. mot est devenu familier.
SAINT FRANÇOIS DE SALES x 293
parlé aux Cantiques1, démolissent2 les vignes; car, d'autant qu'ils sont petits, on n'y prend pas garde, et, parce ■ qu'ils sont en quantité, ils ne laissent pas de beaucoup nuire. Ce que je m'en vais vous dire, sont-ce pas iniquités et déraisons?
Si nous affectionnons un exercice, nous mesprisons tout le reste, et contrôlions8 tout ce qui ne vient pas à nostre goût. S'il y a quelqu'un de nos inférieurs qui n'ait pas bonne grâce, ou sur lequel nous ayons une fois mis la dent, quoi qu'il fasse, nous le recevons à mal;. nous ne cessons de le contrister, et tousjours nous sommes à le calanger*. Au contraire, si quelqu'un nous est agréable d'une grâce sensuelle 5, il ne fait rien que nous n'excusions. Il y a des enfans vertueux* que leurs pères ou mères ne peuvent presque voir, pour quelque imperfection corporelle ; il y en a de vicieux7 qui sont les favoris, pour quelque grâce corporelle. En tout, nous préférons les riches aux pauvres, quoiqu'ils ne soyent ni de meilleure condition, ni si vertueux; nous préférons mesme les mieulx vestus. Nous voulons nos droits exactement, et que les aultres soyent courtois en l'exécution des leurs ; nous gardons nostre rang pointilleusement8, et voulons que les aultres soient humbles et condescendants. Nous nous plaignons ay sèment du prochain, et ne voulons qu'aucun se plaigne de nous. Ce que nous faisons pour aultrui nous semble tousjours beaucoup; ce qu'il fait pour nous n'est rien, ce nous semble ; brief, nous sommes comme les perdrix de Paphlagonie • qui ont deux cœurs ; car, nous avons un cœur doux, gracieux et courtois en nostre endroit, et un cœur dur, sévère et rigoureux envers le prochain. Nous avons deux poids : l'un pour peser nos commodités, avec le plus d'advantage que nous pouvons; l'autre pour peser celles du prochain, avec le plus de désadvantage qu'il se peut Or, comme dit l'Escriture, les lèvres trompeuses ont parlé en un cœur et
!. Dans le Cantique des Cantiques. 7. Ayant des défauts. Ne prenes
î. Démolira renverser. P» ici ces mots dans toute la force