MELLIN DE SAINT-GELAIS
Né à Angoulême, pourvu par François l«r de l'abbaye de Reclus, près Troyes, aumônier du dauphin, bibliothécaire du roi, musicien, orateur, astronome, jurisconsulte, prélat de cour et poëte, Mellin de Saint-Gelais continua les traditions de Marot. Tandis que du Bellay lançait son manifeste, et que Ronsard s'essoufflait à faire retentir la trompette héroïque, ce bel esprit railleur, réveillé, entre un bon somme et un bon repas, par le naoarme de la Pléiade, mêla son ironie narquoise à un concert d'applaudissements qui l'impatientaient. Parodiant les novateurs, il fit à son tour des Olympiques et des Pythiques si divertissantes que Ronsard prit peur un instant pour sa gloire, et riposta par une bordée de malédictions contre l'irrévérent auquel il promit le sort de Marsyas.
Nous ne blâmons pas Saint-Gelais d'avoir dit leur fait aux érudits on aux pédants qui se croyaient des Homère ou des Pindare. Mais nous lui en saurions plus de gré, s'il n'était lui-même un Pétrarque à outrance. Gâté par l'afféterie des modes italiennes, il enjoliva trop la gentillesse de Marotet affadit sa grâce. Là où son maître excelle, il égale la Fontaine. Là où le disciple est le plus ingénieux, il ne va pas au delà de Voiture. Ce fut lui qui introduisit en France le madrigal ; il brodait des vers sur une paire de gants, un luth, un psautier, des fleurs, un miroir, une dentelle 1. En voyant ces mignardises, on devient plus indulgent pour Ronsard, qui, du reste, finit par se réconcilier aveo le voluptueux abbé, dont l'indolence n'était pas faite pour une longue guerre. « Quand Mellin mourut, la Pléiade lui fit d'honnêtes funérailles, dit M. Lenient, espérant bien enterrer aveo lui le dernier héritier de Marot. »
1. On pourrait appliquer à .Mellin taisie intitulée Épitaphe du Caprice.
-do Saint-Gelais ces vers sur un poëte à SoM ce tombeM ^ le Caprfee
U mode : Enranl débjle> êtr6 fact}ee .
Sur sur sa porte on lit : Que veux- tu? Il eut un faux air de l'Amour.
Car tout est de sa compétence : Les femmes aimaient sa figura.
Énigme, chanson, sonnet, s tance, Né d'an rien, il vécut un jour;
Des bouquets pour vice ou vertu, Il est mort... d'one égralignnre.
Ou des madrigaux pour constance ; n , ' ... .. ^ ., .
One épigramme. une romance, Ronsard a dit, en faisant allusion
Un sujet neuf ou rebattu, su nom de ce poëte :
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U nons faat penser aussi à une tan- L'tbeill. te rep.,,1 cl. u,,.» M * l™"m
1IELLIN DE SA'INT-QELAIS
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J*ay eu si peu mon esprit agité
D'ambition et de curiosité,
Qu'on ne m'a veu ne guère * tracasser,
Ne guère entendre » à rentes amasser.
Mais je me suys d'un chemin contenté
Plain * et non haut, et bien peu fréquenté ;
Laissant monter aulcuns ■ quy de mon temps
A • plus de biens se trouvent mécontents.
Ces biens icy, où tous sont sy taschans7,
Viennent sans règle aulx bons et aulx meschans.
Un sot en peult, et un saige homme avoir;
Un ignorant, et un de bon sçavoir,
Ainsy qu'il plaist au sort les départir!
Et je vouldrois pour heureux me sentir
Qu'il plust à Dieu, d'où les vrays biens procèdent,
M'en octroyer de ceulx que ne possèdent
Nulz vicieux, ny« ne sont dispensés
A cœurs malins 9 ny cerveaux insensés *°.
0 bienheureux qui a passé son âge Dedans le clos de son propre héritage,
I . Ces vers, adressés à sa nièce, sont 9. Méchant* (ce mot a tonte sa force) d'an ton anjnel Marot ne se serait ,0 Saint-Gelais n'avait pris aoo.n
T«pnt, dit M. Nieard, est déjà dte Ja reOTeil ne t , è > JB . hante poésie ; la Renaissance et la Ré- avec cetl0 p^ace Vfit £ ™ • forme ont passe par la.. C'est la pre- édition posthume : mière fois qne la philosophie chrétienne, qni bégaye dansles poésies de ~l y*a**„0*6 ?*n**r W* •• i«»P»-«i
Margnerite de Valois, s'eiprime dans * ™ **Z? *T e"Wrci '
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un langage clair, aisé et durable. Le, tri.ie. plaint» de Pamouren, L„
t. Non guère ; guère (do haat ail. Que je faisois pour implorer merey
iceigaro) signifiait beaucoup dans la De eelleIa donl j« n'eut que martyre,
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