‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 353 sur 559 · ABRAHAM, ISA AC , 1/ ANGE , SATAN · texte numérisé non relu

ABRAHAM, ISA AC , 1/ ANGE , SATAN

ABRAHAM

Voila mon filz Isac qui se pourmeine J, ;

0 povre enfant, ô nous povres humains

Gachans souvent la mort dedans nos seins,

Alors que plus en pensons estre loiog!

Et pour autant, il est très-grand besoing

De vivre ainsi que mourir on désire a.

Or ça, mon filz! (hélas ! que vay-je dire?)

I8AAC.

Plaist-il, mon père0?

Hélas! ce mot me tue, Mais si faut il pourtant que m'esvertue *. Isac, mon filz, hélas! le cœur me tremble.

ISAAC

Vous avez peur, mon père, ce me semble.

ABRAHAM

Ha ! mon ami, je tremble voirement *, Hélas, mon Dieu!

ISAAC

Dites-moi hardiment Que • vous avez, mon père, s'il vous plaist.

ABRAHAM

Ha, mon ami, si vous saviez que c'est. Miséricorde ! ô Dieu ! miséricorde !

Mon filz, mon filz, voyez-vous cèste chorde , Ge bois, ce feu, et ce cousteau-icy ?

1. L'enfant ne se doute de rien. 4. Que je m'arme de courage et de

î. Aussi faut-il se tenir toujours verta*

prêt à bien mourir ; il faut bien vivre. 5. Il est vrai que je tremble

Abraham parie comme un prédicateur. 6, Ce qne vons am. Ici, leg compt.

3. C'est naïf. On est ému. (Le mot raisons avec la scène' à'IpMginie et

Père contient en loi tout le tragique Agammnon sautent aux yeux. de la situation*

Isac, fsac, c'est pour vous tout cecy1.

SATHAN

Ennemi suis de Dieu et de nature, Mais pour certain ceste chose est si dure f Qu'en regardant ceste unique amitié , Bien peu s'en faut que n'en aye pitié 2

ABRAHAM

Hélas! Isact

ISAAG.

Hélas! père très-doux, Je voussupply, mon père, à deux genoux, Avoir au moins pitié de ma jeunesse».

ABRAHAM

0 seul appuy de ma foible vieillesse ! Las ! mon ami, mon ami, je voudrois Mourir pour vous cent millions de fois * ; Mais le Seigneur ne le veut pas ainsi.

ISAAC

Mon père, hélas! je vous crie mercy.

Hélas ! hélas! je n'ai ne bras ne langue Pour me défendre, ou faire ma harangue ; Mais, mais voyez, ô mon père, mes larmes •! Avoir ne puis ni ne veux autres armes Encontre vous, je suis Isao, mon père, Je suis Isac; le seul filz de ma mère:

i. Il brusque le dénoùmeot qu'Agamemnon; car il ne sacrifie pas

2. Satan est ici bon homme tu fond. ■»«■ *» *W* * *« ni*" *'in-

. , .. teret politique, mais à un sentiment

3. Le premier mouvement devait de foi obéissante. Être un cri de la nature. Iphifènie est . , ' . .

pins héroïque ou du moins pins ha* *• J aime bl«n. mJfl« «• mouvement

bile j d un cœur patriarcal , que l'égoîsme

Ceue. è. vu, troobler, m. »*•.,** ^ga^mnon,disantaTeounec4ieu«

Quand vont commanderes, voos sares obéi. Ma Aile, il faut eêder; votre benre est v

lia vie est votre bien; vons vonlei la re- [rivet;

[prendre ; Songes bien dans qnel rang vons Mes élerfe!

Vos ordres sans détoar ponvaient se faire en* Ailes, et qoe les Grecs qui vons vont Imnoler

[tendre. Reconnaissent mon sans; en le voyant conter.

Ota IL.* ««..»,dH»«.r«»l m. g.t, plïldoy,r d,Iphigfaie M pl>(

Qoe j'aceeptafs r*pooi qoe vons «•aves pro- savant, non pas aussi simple; l'éti-

fmis, qoette et les délicatesses de son ret-

H sanrai, sli le fcot, vleUm* obéissante, pejot docile et suppliant nom char-

TertreantedeCslebttnnailieimMMte. ment, sans faire tort ani plaintes

Abraham est bien plus sympathique innocentes du petit Isaae*-

THÉOBORE DE BÈZE 391

Je suis Isac qui tien de voua la vie i : Souffrirez-vous qu'elle me soit ravie ?

Et toutefois si vous faites cela Pour obéir au Seigneur, me voilà f , Me voilà prest, mon père, et à genoux ; Pour souffrir tout , et de Dieu et de vous. Mais qu'ay-je faict, qu'ay-je faict pour mourir? Hô Dieu, hé Dieu, veuille me secourir »!

ABRAHAM

Hélas ! mon fils Isac, Dieu te commande Qu'en cest endroit tu lui serves d'offrande », Laissant à moy, à moy ton povre père , Las ! quel ennuy* I

ISAAC

Hélas ! ma pauvre mère, Combien de morts ma mort vous donnera0! Mais dites-moy au moins qui m'occira.

ABRAHAM

Qui foccira, mon fils? mon Dieu, mon Dieu, Ottroye-moy de mourir en ce lieu7!

ISAAC

Mon père»

1. Fille d'Acaaemnon, c'est mol qui la Pardonnes au effort* qD« j« «««• de Uniet

. , , , M [première, pour prerealr lee pies» que jt lai rais

Ss4gM«r,voue appâtai de ce dooz nom de * * [coûter!

C'en moi qui, si longtemps le plsitir de vos S* II sent bien <loe c'est son seul

[yeux, recours , que son père n'est ici qu'un

Vous ai fait de ce non remertier les dieux! ministre aveugle d'une volonté toute-

Elle pense surtout, en mourant, aux P">88ante. Cette supplication rapide

hommages qui l'environnent. Si on es? d'llQ €ffet Pîu« puissant que ne se-

sent en elle la vierge chrétienne ac» "'*» en celte nenre critique, un long

eeptant le martyre, elle est bien aussi discon«* On aurait vouln voir Sara

îlle du roi des rois. Elle a vécu dans Jouer ici le rt,e de Clytemnestre.

;e voisinage da Versailles. Nous ne 4. Abraham fait moins triste figure

-raisons qu'indiquer ce qui doit être que ce pauvre Agamennon. Il y a

l'impression réfléchie d'un parallèle nue instinctive habileté dans ce t'en -

que nous suggérons, sans l'épuiser, ce phémisme {offrande).

qui nous mènerait loin. 5. Ennui avait alors beaucoup de

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