Ipuigénie semble avoir un re- sens
gret, un remords de sa faiblesse* Elle 6. Le sentiment est parfait,
s'excuse en disant : i, Agamemnon, dn moins, laissait
Ua aère est dmat tous et veas vejei eee f>ire Gaicbas. Hais il faut qu'Abraham
(larme*, «oit lui-même le sacrificateur.
ABRAHAM
Hélas, ce mot ne m'appartient * ; Hélas, Isac, si est-ce qu'il convient Servir à Dieu.
I8AAG.
Mon père, me voilà.
8ATHAN
Mais, je vous pry, qui eût pensé cela2?
ISAAG.
Or donc, mon père, il faut comme je voy, Il faut mourir. Las, mon Dieu, aide-moy! Mon Dieu, mon Dieu, renforce-moy le cueur! Rend-moy, mon Dieu, sur moymesme vainqueur3; Liez, frappez, brûlez , je suis tout prest D'endurer tout, mon Dieu, puisqu'il te plaist.
ABRAHAM
Ah, ah, ah, ah, qu'est-ce et qu'est-ce cy t Miséricorde, ô Dieu, par ta mercy.
ISAAG.
Seigneur, tu m'as et créé et forgé, Tu m'as, Seigneur, sur la terre logé, Tu m'as donné ta saincte cognoissance ; Mais je ne t'ay porté obéissance Telle, Seigneur, que porter je devois.
Ce que te prie, hélas, à haute voix Me pardonner *. Et à vous, mon Seigneur, Si je n'ay faict tousjours autant d'honneur Que méritoit vostre douceur tant grande , Très-humblement pardon vous en demande.
Quant à ma mère, hélas, elle est absente! Veuille, mon Dieu, par ta faveur présente, La préserver et garder tellement , Qu'elle ne soit troublée aucunement *.
Ioy est bandé Isaae.
1. Très-beau. Le père ici est ton- et filiale. 11 a le cœur d'un martyr,
jours père . tandis que ches Racine il 4. c^t linipiejDent admirable. Cor-
est nu politique. (Lt quel politique!) nei|le ettt.u mieuI d||> #u do moiB,
t. Satan m intéresse. Il Tant mieux rencontré accent plus sublimât
ici que sa réputation. B# Ce MDt u def ^^ sopértol.
t. Il devient héros, le petit Isaac, et res qu'il n'est pis permis d'ignorer ou
cela par piété tout ensemble religieuse de dédaigner.
THÉODORE DE BÊZE '™
Las, je m'en vay en une nuict profonde;
Adieu vous dy, la clarté de ce monde *,
Mais je suis seur que de Dieu la promesse
Me donnera trop * mieux que je ne laisse. '
Je suis tout prest, mon père, me voilà.
SATHAN
Jamais, jamais, enfant mieux ne parla.
Je suis confus, et faut que je m'enfuye*. ;
ABRAHAM
Las 1 mon ami, avant la départie % Et que ma main ce coup inhumain face, Permis me soit de te baiser en face *• Isac, mon filz, le bras qui t'occira, Encore un coup au moins t'accolera.
ISAAG.
Las! grand mercy.
ABRAHAM
0 ciel, qui es l'ouvrage De ce grand Dieu, et qui m'es tesmoignage Très-suffisant de la grande lignée Que le vray Dieu par Isac m'a donnée, Et toy la terre à moy cinq fois promise, Soyez tesmoings que ma main n'est point mise Sur cet enfant par haine ou par vengeance , Mais pour porter entière obéissance A ce grand Dieu, facteur de l'univers, Sauveur des bons, et juge des pervers •• Soyez tesmoings qu'Abraham le fidèle,
I. L'idéal antique n'est pas si pur. 4. Encore an euphémisme. Iphigéuie, chez Euripide, est pins hn- 5 Tandis qn'Agamemnon nous pa«
maine, parce qu'elle est païenne. Elle raît bien ite wng ^ ^ l{
regrette délicieusement la lumière du le patriarche Abraham conter? e sa di.
jour. Mais ne sentex-vous pas ici je ne gnité et n0| sympatnies. tais qnoi de supérieur? Théodore de . . . ,. .
Bèzc eut l'âme Chrétienne. Il a connu, . 6- Je ™ «»»«■ P» de situat.on pins
il a Ta la persécution. Voilà des sour- ^vante, et dont le héros parle plus
ees où la Grèce ne posait puiser. »obl« lan«a«e- Tout 1 odieux d un rôle
r . . (que sauve d'ailleurs son caractère re-
». Bien mieux que—. Ici, il faut ijgieux) s'évanouit ici, même pour ceuu
penser a Polyeucte. Cette scène serait qai M comprendraient pas le sent ad-
Classique, si la langue avait été pins miraWe de wlte legende blbiiqile, sons
mûre, pins sûre d elle-même. laqnelle nous voyons la théorie de l'é-
3. Ou vrai Satin n'a pas conscience preuve démontrée par un mémorable
de l'eue, et se croit un dieu exemple.
Par la bonté de Dieu, a la foy telle, Que, nonobstant toute raison humaine, , Jamais de Dieu la parole n'est vaine ■• | Or est-il temps, ma main, que t'esvertues Et qu'en frappant mon seul lilz tu me tues»
I07 le couteau luy tombe des mains1.
ISAAC
Qu'est-ce que J'oy, mon r ère? hélas I mon père.
AWUflAM.
Ah, ah, ah, ah*
ISAAC
Las 1 je vous obtempère *.
Snis-je pas bien?
ABRABAM.
Fut-il jamais pitié?
Put-il jamais une telle amitié?
Fut-il jamais pitié? ah, ah, je meurs, Je meurs, mon fili.
ISAAC
Ostez toutes ces pleurs, Je vous supply ; m'empeseherez»»vous doncques D'aller à Dieu*.
ABRAHAM
Hélas, las! qui vit oncques En petit corps un esprit autant fort8?
Hélas! mon filz, pardonne-moy ta mort.
Icy le cuide frapper* l'ange*.
Abraham, Abraham !
Mon Dieu.
|. £0 foi gnérit la blessure qu'elle 4. J'oublie Racine, devant ce s»
S faite. £Ue est sœur de Vesptrmice, bllme simple qui a l'air de s'ignorer,
£a s' abritant sous la parole divine t , „ . . .
Abraham purifie l'aote sanrianti il *' Ceoi wt m0ln bwa» à «■■
S^re glorifié! Vir*ile * 4it* en ^UttX *• abeilles:
t. U nature n'a pu un instant perdu **§*** ***** tmçm$to in pefo» w-
ses droit*. {mu.
I. Je vous obéis. S*t$-jëp*$ Hè* est «. f[ est temps. tWe «bit *
adorable. Unfa r °
THÉODORE Dl BtSB 398
i/ànûe.
Remets ton Cousteau en son lieu1 :
Garde bien de ta main estendre Dessus l'enfant, ny d'entreprendre De l'outrager aucunement.
Or peux-je veoir tout clairement Quel amour tu as au Seigneur, Puisque tu lui portes honneur De vouloir pour le contenter, Ton fllz à la mort présenter.
ABRAHAM
O Dieu !
ISAAG.
O Dieul
ABRAHAM
Seigneur, voilà que c'est De t'obéir.
Ioy prend 1» mouton* Voicy mon cas tout prest*.
Prendre le veux.
l'angb.
Abraham |
ABRAHAM
Me voicy.
Seigneur, Seigneur*
l'angb.
Le Seigneur dit ainsi :
« Je te promets par ma grand' majesté, Par la vertu de ma divinité, Puisque tu as voulu faire cela9, Puisque tu m'as obéy jusques là, De n'espargner de ton seul fils la vie : Maugré4 Sathan et toute son envie, Bénir te veux avec toute ta race, Veois-tu du ciel la reluisante face?
4. ffeat dn comique inconscient La parodie ! ehnte commence. 3. ^ mot ,ertjt pj^ ^ dtns cêM,
!. Quoi dommage que cette scène circonstance, il n'a* ait ta aujetaf amble loir (do mois» poor noua) en 4. ftfalgri.
Veoîs-tu les grains de l'arène au rivage »ï Groistre feray tellement ton lignage, Qu'il n'y a point tant oVestoiles aux cieux, Tant de sablon par les bords spatieux De l'Océan, qui la terre environne, Qu'il descendra d'enfans de ta personne1.
Ils dompteront quiconque les haira.
Et par celuy qui de toy sortira9, Sur toutes gens et toutes nations Je desploiray mes bénédictions Et grands thrésors de divine puissance, Puisque tu m'as porté obéissance4.»
Quoy que* soit cest univers Tant spatieux6 et divers, Il n'y a rien qui soit ferme, Bien n'y a qui n'ait son terme.
I. On tent sous cet métaphores d'abord été écrite en latin. Tout y an-
l'imitation biblique. nonce une œuvre inspirée par tin zèle
t. Le style ici se relève, et a ton allst6re» ■■*■ ■«** P*r «* «P«t^
lyrisme. Mcte* «ni *• P,u* à heurter, à défier
« f* ri.-*.* lel *«&timenta humains , à soulever,