‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 365 sur 559 · Traiter chacun en monseigneur et lui faire baise-main · texte numérisé non relu

Traiter chacun en monseigneur et lui faire baise-main

Cacher sa pauvreté d'une brave apparence * :

Voilà de cette cour la plus grande vertu,

Dont souvent, mal monté, mal sain et mal vestu,

Sans barbe et sans argent, on s'en retourne en France*.

Si nostre vie est moins qu'une journée En l'Éternel *, si l'an, qui fait son tour*, Chasse nos jours sans espoir de retour, Si périssable est toute chose née ;

Que songes-tu, mon ame emprisonnée6?

Pourquoy te plaist l'obscur* de nostre jourf Si, pour voler en un plus cher séjour, Tu as au dos l'aile bien empennée 7?

Là est le bien que tout esprit désire, Là le repos où tout le monde aspire, Là est l'amour, là le plaisir encore :

Là, ô mon ame, au plus haut ciel guidée,

Tu y pourras recognoistre l'idée

De la beauté qu'en ce monde j'adore *.

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