VOCATION
Je n'avois pas douze ans1, qu'au profond des vallées Dans les haultes foresta des hommes reculées, Dans les antres secrets, de frayeur* tout couverts, Sans avoir soin de rien je cortiposôis des vers. Echo me répondoit, et les simples Dryades, Faunes, Satyres, Pans, Napées, Oréades,
rante, sans foyer; mais à son tir de fierté royale, il reconnaît les Muses, et, comme il dit , la neuvaine de» doctes fuctUe*. Il demande quel est leur nom : l'une d'elles répond t
Si la as jamais veu
Go Disn qui, lie mo ebar tout refounant de [feu, Brise Pair es grondant, ta m «eu nostre [père :
Or*M èit nostre pays, Mémoire toi nostro [mère* Ai le**» fie h» sserioli eralguèlént les [Déliés»
Ils butinât pour non» et temple* et citées Montagne» et rochers et fontaines et prées. Et frottai et forets nous furent consacrées. Nostre mestler estait d'honorer les grands trois, De rendre vénérable et lé people et tes lois, Faire que In verte du monde fust aimée, Et forcer le trespus pur longue renommée) D'une flamme divine allumer les « tpriU, Avoir d'un cœur hautain le vulgaire à mespris, Ne priser que l'honneur, et la gloire cherchée.
Et toujours dans le ciel avoir 11*6 attachée. Nous ne résistons pis ad plaisir de produire iei deux citations au peu inattendues, bien que par le sentiment elles rappellent les vers de Ronsard.
M Sully Prudhomme, un de nas poètes contemporains, songeait à la muse, quand il disait :
A L'flIRORDBLLÊ.
Toi qui peux monter solitaire Au ciel, sans gravir le* sommets, El dans les vallons de la terre Descendre sans tomber jamais; Toi qui, sans te peneber au fleuve Où nous ue puisons qu'à genoui, Peux aller boire avant qu'il pleuve Au nuage trop haut pour nous.
Toi qui pars au déclin des roses Et reviens au nid prlutanier, fidèle aux deux meilleures chose»; tAadépendin* et le Joye#;
Gomme toi mon âme s'élève
Et tout à coup rase le sol,
Et sait avec l'aile du rêve
Les beaux méandres de ton vol ;
S'il lnl faut aussi des voyages,
tl lui faut son nid chaque jour ;
Elle a tes deux besoins sauvages
Libre vie, Immuable amour.
Théophile Gautier ne disait pas avec moins de charme, sous forme symbolique :,
LBft COLOMBES.
Sur le coteau, là-bas où sont les tombes, Un beau palmier, comme un panache vert. Dresse sa tête, où le soir les colombes Viennent nicher et se mettre è couvert Mais le matin elles quittent les branches : Gomme un collier qui s'égrène, on 1ns voit S'éparpiller dans l'air bleu, toutes blanebes, Bt se peser plus loin Sur quelque toit» Mon âme est l'arbre où tous les soirs, comme [elles, De Mânes essaims de folles visions Tombent des deux en palpitant des ailes, Ponr s'euvoler dès les premiers rayon».
Maie revenons à Ronsard, en terminant par ces beanx vers de Lebrun le Pindariqne. Il y a là comme un cri de poète éperdu d'enthousiasme :
Quelle main m'aplanit ces routes inconnues! J'ai tonquis l'Avenir... j'ai conquis l'univers.. L'éclair InlU.. le Ciel tonne à l'égal de tm Ivers, Où suls-je 1... Dieux ! quel vol ! je me perds [dans les nues.
1. H raconte, en cette pièce adressée à son ami, Pierre Lescot, un des architectes du Louvre, comment dès son enfance il résistait à sou père qui voulait décourager son génie poétique; peut-ètie antidate-tril sa jeune manie pour la mieux peindre.
2. Q rend ici ce que les anciens entendaient pui ftrmiâê (Sorte d'effroi religieui).
OEgipans qui portoient des bornes sur le front, Et qui ballant1 sautoient cérame les chèvres font, Et le gentil troupeau des fantastiques fées Autour de moy dansoient à cottes dégaafëes*.
OBB A CA1AIOPB •
Descends du ciel, Calliôpe, et repousse Tous les ennuis de moy ton nourrison, Soit par ton luth, ou soit par ta voix douce, Et meâ soucis charme de ta chanson \
Par toy J[6 respiré, î>âr toy je désire Plus que je ne puis »
C'est toy, ma princesse', Qui me fais sans cesse Fol comme je suis6*
Heureux celui que la folie affole* Heureux qui peut par tes traces errer t Celuy-là doit, d'une docte parole, Hors du tombeau tout vif se déterrer**
Pôtir t*avoir sei*vie, Tu aé dé ma vie Honoré le train ; Suivant ton escole, Ta douce parole M'eschauffe le sein.
Dieu est en nous, et par nous fait miracles8 : D'accords mêlez s'esgaye l'aûiVers ;
!. De l'italien Hilare, danser. charme mes soucis par ta chanson, ce
t. On sent ici l'emportement, la qui est nu peu lourd,
sainte fureur, tl sait tendre l'aro d'A- . 5. Il vent dire ma souveraine.
p0ll°« ». * , * 1 •• D,»ne folie poétique [furor), dans
S.CaUiopeestlamasedelapoésie ie seû8 d.enihousiasmeî
lyrique. Ce débat rappelle Horace
(liv. tu, ode 4) t 7- *û«« ta foU* *tfa » Ce»asso-
D.scendêcfclMtdle.geiiblà, nauces charmaient te goût d'alors.
Régi»*, longoâ, Calliôpe, i*U». Ronsard hu-même a dit ailleurs,, plui
« Descends dm ciel, Calliôpe; reine Jollmeat :
des mises, die su la Aftte 09 chant Ojwst, ■» donc* folle!
impérissable: t g. &t D$U9 j» w0*^ agitante caUi*