‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 391 sur 559 · De obsequiœ, obsequi (suivre le convoi d'un mort · texte numérisé non relu

De obsequiœ, obsequi (suivre le convoi d'un mort

6. Il y a quelque afféterie dans ce vers. Je lis dans un contemporain, Jean de la Taille, cette jolie strophe sur une jeune fille :

Elle est comme la rose franche Qu'un jeune pastenr par oubli Laisse flétrir dessus la branche, Sans se parer d'elle au dimanche.

Sans fleurer le bouton cueilli.

Nous ne résistons pas an plaisir de citer encore ce» vers que nous empruntons à madame Desbordes- Val more :

J'ai voulu ce matin ta rapporter des roses; Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures ' [closes, Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté : les roses envolées Dans le vent à la mer s'en sont toutes allées; Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir. La vague en a paru rouge et comme en* [flammée...

Ce soir, ma robe encor en est tout embanmée... Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Un talent dont s'honore l'université, M. Manuel , dans ses Pages intimes, a fait un délicieux sonnet sur Ja mort d'un enfant. Le voici :

0 toy, quiconque soys, qui passes , Sur la fosse répands des tasses2, Répands du vin et des jambons ; Des cervelas et des flacons; Car sy encor dessoubs la lame • Quelque sentiment a son âme Il les ayme mieulx que des lya Tant soient ilz fraischement cucillys.

L'BTBIMtlTB

Immense Éternité, la première des dieux ,. Seconde de mes vers l'essor audacieux , Et fais que mes chansons, pour toi seule entonnées, Triomphent, comme toi, des jours et des années4.

0 grande éternité,

Tu maintiens l'univers en tranquille unité! De chaisnons enlacés les siècles tu attaches, Et couvé sous ton sein, tout le monde tu caches, Il te doit vie et force : autrement il n'auroit Membres, Ame ni vie, et sans forme il mourroit ••

u bbmbajJ, *• Ronsard lui en voulait des traits

Quel temple pour son fil» elle a rêré neuf qu'il avait laneéa contre jet adorateurs

[moisi superstitieux de l'antiquité.

Comme elle fêtera l'enfant dont Dieu dis- piejneg de y[n

[pose:

Il lai faut un bereeau tel que les fils des rois 3. Le marbre du tombeau*

fl'en ont point de pareils, si beaux qu'on les ^ Q& vœu ^ m ^^ p011r.

[suppose u prièw egt éloqnenlet

Fi de l'osier fl«ibte,ou bien du simple boisl rainrcltant ce oassaee de

L'artiste a dessiné la forme qu'elle impose : »• C« vers rappellent M l pMHge de

Elle y wol incruster la nacre au bois de rose; Bossuet : « M«iS ce grand Dieu, ce

if serait d'or massif, s'il était à son choix l grand roi des siècles, dont nous révé«

Hien ne semble trop eber, dentelle ni gnl- rons ici les promesses, étant étemel,

[pure, immuable, seul arbitre de tous les

Pour encadrer de blano cette tète si pure, temps, il les a toujours présents i ses

Paw'U M qu'en apprête à son calme som- yeux^ et iui g^i en a marqué le

'"Ml1, cours. Comme donc le temps à Tenir

11 est venu le file dont etle était si fiere l n*est pas moing ^ inx qil, fo présent,

Il est fait le berceau, -le berc.au «unV a s,ensuH que ce uu'tl promet n'est

Il «et de ebtoe, bêlas I et ce n'est q«" ne *as moins certain que ce qu'adonna.»

[bière. Panégyrique de sainte Tnèriu.)

RONSARB 43U

Quand tes loix, au conseil, Testât du monde ordonnent.

Et parlent à ces dieux qui ton trogne environnent ,

Trosne qui de régner jamais ne cessera

Ta bouche ne dit point, il fut ou t7 sera :

C'est un langage humain pour remarquer la choso :

Le temps présent tout seul à tes pieds se repose ,

Sans avoir compagnon ; car tout le temps passé,

Et celui dont le pas n'est encore avancé ,

Est visible à ton œil qui d'un seul clin1 regarde

Le passé, le présent, voire3 celui qui tarde,

Qui tarde quant à nous, et non pas quant à toî;

Car ton œil voit tousjours tous les temps devant soi8.'

Escoute, bûcheron », arreste un peu le bras : Ce ne sont pas des bois que tu jettes h bas ; Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoûte à force • Des nymphes qui vivaient dessous la dure esoorcc ? Sacrilège meurtrier T, si l'on pend un voleur

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