‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 408 sur 559 · Comparez cette épitaphe «le Rantzau · texte numérisé non relu

Comparez cette épitaphe «le Rantzau

Du corps do grand Rantsan ta n'as qu'une [Je3 parts ; L'autre moitié resta dans les plaines de Mars. Il dispersa partout ses membres et sa gloire. Tuui abattu qu'il fût, il demeura vainqueur; Son sang fut en cent lieux ie prix de la victoire.

Et Mars ne lui laissa rien d'entier que le [eœur.

L'épitaphe se prête à la satire comme a l'éloge. Citons-en quelques-unes dignes de curiosité :

Sur un paresseux :

Ci-gîl le roi des paresseux, Lequel, & son heure dernière, S'écria : Que je suis heureux !

Je vais n'avoir plus rien à faire 1 Sur Vinventeur de la poudre d canon ; Ici git qui des cieux, eu imitant la foudre, N'eût que trop mérité d'être aussi mis en [pondre.

Sur un parvenu : »

Cl -gH qui sut monter, à force de finance. Aux charges du plus haut degré;

U n'a Jamais rendu d» service à la Franc* Que le jour qn'il fat enterré.

(Baisser).

Sur un avare :

Cl-glt Orgon, on vitein cancre, Sur sa lésine ii n'est au'uu cri ; Et lorsqu'il écrivait, pour épargner son encre, Il ne mettait pas de points sur les i. Sur un antiquaire :

Cl-gU un antiquaire, acariâtre et brusque; Ah! qu'il est bien logé dans cette cruche [étrusque !

(Diderot.) Sur un rimeur :

Ri meurs, cl-glt Damis O disgrâce! ô revers!

Ci -gisent avec lui dix fols dix mille vers !

Mais revenons aux classiques, et mentionnons ces vers que Régnier destinait à son tombeau :

J 'ai vécu sans nul pensement, Me laissant aller doucement A la bonne Soi naturelle; £l je m'étonne fort pourquoi La mort daigna songer à moi Qui ne m'occupât jamais d'elle.

Corneille consacra ne quatrain à Ri chelieu :

Qu'on parle blet on mal du fameux carlks , Ma prose ni mes «ers u'ea diront jamais ritn. Il m'a fuit trop rie bien pour en dire du mai, II m'a fait trop de mal pour en dire du tien,

Malherbe enterra ainsi le duc de Ltiynes ;

Cet absynlhe, au nez de bjrbet.

En ce tombeau fait sa demeure :

Chacun en rit, ei moi j'en pleure; Je voulais le vorr au gibet.

ANTOINE DE BAIF 455

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Un loup, ayant fait une queste * De toutes parts, enfin s'arreste A l'huis2 d'une cabane aux champs, Au cri d*un enfant que sa mère Menaçoit, pour le faire taire, De jetter aux loups ravissans.

Le loup, qui l'ouït *, en eut joye; Espérant d'y trouver sa proye.

Et le jour entier il attend Que la mère son enfant jette; Mais le soir venu, comme il guette, Un au tri langage il entend.

Car la mère qui, d'amour tendre, En ses bras son fils alla prendre, Le baisant 4 amoureusement, Avecques lui la paix va faire », Et le dorlotant 5 pour Tattraire, Lui parle ainsi Ûatteusement :

Nenni, nenni, non, non, ne pleure fl;

Si le loup vient, il faut qu'il meure j

Nous tuons le loup s'il y vient.

Quand ce propos il ouït dire,

Le loup grommelant 7 se retire 8 :

« Céans9 Ton dit l'un, l'autre on tient l0. »

1. Une battue, pour trouver «ne parer [of, dorer); pourtant, il est pins proie. probable qu'il dérive du celtique dor*

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