‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 410 sur 559 · SIXAIN · texte numérisé non relu

SIXAIN

Tant va le pot à Peau, qu'il brise; Il est loué, qui peu se prise2; Tant vente qu'il pleut à la fin; Qui venge sa honte l'augmente»; Tel souffre assez * qui ne s'en vante, Qui rit au soir, pleure au matin.

!•■ PMIX DU TEMPS

Tu as cent ans et davantage :

Mais calcule de tout ton âge Combien en eut ton créancier, Combien tes folles amourettes, Combien tes affaires secrettes, Combien ton pauvre tenancier 5,

Combien tes procès ordinaires, Combien tes valets mercenaires, Combien ton aller et venir :

1. Comparons Baïf à lui-môme, et détachons ces gracieux ?*» de son Amour vengeur :

La rose est balle, et soudain elle puce ; Le IU est blanc, et dure peu d'espace ; La violette est bien belle an printemps, Hais se flétrit en nn petit de temps; La neige est blanche, et d'une- douce pluie En uïi moment s'écoule évanouie.

Et ta beauté, belle parfaitement, Ne pourra pas te durer longuement.

Un autre contemporain , Olivier de Afagny, disait aussi :

Nous semblons à l'arbre vert Qui demeure un temps couvert De mainte feuille naïve ; Puis, dès que l'hiver arrive, Toutes ses feuilles il perd.

Car ce vieil faucheur, le Temps, Qui dévore ses enfants, Ayant ailé nos années, Les fait Toler empennées Plus tôt que les mesmes vents ( que les [vente même),

h lis dans Sarrasin (1603 1654) la

strophe suivante :

Comme avecque grand bruit le Rhône plein [de rage Soulevé par les vents ou grossi par l'orage, Boule et gronde traînant mille flots courrou- [cés; L'onde flotte après l'onde , et de Vonde est Ainsi passe la vie. [suivie;

Ainsi coulent nos jours l'un par l'autre presfsés»

Bonfflers a dit gentiment :

Nous passons par différents goûts^ En passant par différents âges; Plaisir est le bonheur des fous.

Bonheur est le plaisir'des sages.

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