VAUQUELIN DE LA FRESNÀYB
On a toujours permis *, toujours permis sera Paire naistre un beau mot, qui représentera Une chose à propos, pourveu que sans contrainte Au coin2 du temps présent la marque y soit empreinte. Comme on void tous les ans les feuilles s'en aller, Au bois naistre et mourir, et puis renouveler » : Ainsi le vieulx langage et les vieulx mots périssent, Et comme jeunes gens 4 les nouveaux refleurissent.
Tout ce que nous ferons est sujet à la mort : Ce qui fut terre ferme à cette heure est un port, OEuvre haute et royalle : et maintenant la Seine • Pour enceindre la ville abandonne la plaine, Gomme ore en mainte part Loire a changé son cours, Et sans plus nuire aux bleds, des prés est le secours. Ainsi périront donc toutes choses mortelles; Aussi sera l'honneur des paroles plus belles : Car si l'usage veut, plusieurs mots reviendront Après un long exil, et les autres perdront Leur honneur et leur prix, sortant hors de l'usage Soubs le plaisir duquel se règle tout langage6.
Et essayé deux ou trois fols avoir, Il commandait effacer I la plume Xer» mal tournes et remettre à l'enclume. Si mieulx ai mois défendre ton erreur, Que l'amender et changer en meilleur, Plus pas on mot; pins il ne prenoit peint. Peine perdue, et diligence raine; Mais permettoit que sans envie on rage Amassas seul et toj et ton ouvrage.
M. Viollet-Leduc donne la contrepartie piquante dn conseil d'Horace :
Choisisses des amis dont la douée indnlgence Goûte de vos écrits l'heureuse négligence ; :>onnez-leur, un beau jour, pour vous encoo- [rager, Avec nn lin dîner, tons vos vers 1 juger.