‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 457 sur 559 · DESPORTES 49S · texte numérisé non relu

DESPORTES 49S

Je vous rends grâce, ô déitez sacrées Des monts, des eaux, des forests et des précs. Qui me privez dépensera soucieux *, Et qui rendez ma volonté contente ; Chassant bien loin la misérable attente Et les désirs des cœurs ambitieux.

Si je ne loge en ces maisons dorées, Au front superbe, aux voûtes peinturées D'azur, d'esmail 2, et de mille couleurs, Mon œil se paist des trésors de la plaine, Riche d'oeillets 3, de lis, de marjolaine 4 Et du beau teint des printannières fleurs.

Ainsi vivant, rien n'est qui ne m'agrée : J'oy des oiseaux la musique sacrée, Quand au matin ils bénissent les cieux, Et le doux son des bruyantes fontaines Qui vont coulant de ces roches hautaines Pour arrouser 8 nos prez délicieux.

Douces brebis •, mes fidellôs compagnes, Hayes, buissons, forests, prez et montagnes, Soyez témoins de mon contentement; Et vous, ô dieux! faites, je vous supplie, Que cependant que durera ma vie, Je ne connoisse un autre changement.

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