Mémoires et Journal de l’abbé Le Dieu, III
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
I, 235-236. Cette lettre est du
30 octobre 1704.
Saint
-Simon : Mémoires, III, 53.
Journal et Mémoires de l’abbé Le Dieu
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
Ibid.,
II, 428 et 420.
Ibid.,
II, 468 et 465.
NOTES 419
160. Les Poésies sacrées de Bossuet se trouvent au t. VIII de ses Œuv. complètes, p. 667-694.
161. « Est-il, en effet, un amusement plus doux que celui qui fait les délices du jeune âge? » (Lettres de Pline le Jeune, édit. Garnier frères, p. 44.)
162. Mémoires et Journal de l’abbé Le Dieu, II, 289 et 418, voir aussi I, 213 et III, 20.
163. Le 30 mars 1857, Sainte-Beuve publia un troisième article sur les ouvrages de l’abbé Le Dieu, dont les t. III et IV venaient de paraître. (Voir note 50.) Cet article répète sur quelques points les précédents. Il est d’ailleurs relatif à l’abbé Le Dieu que ses écrits « nous font mieux connaître... en luimême, dans son fonds de nature » plus qu’à Bossuet. Le caractère de l’abbé Le Dieu « est dénué de toute élévation, et le cœur n’y supplée pas : on ne l’appellera plus maintenant le bon abbé Le Dieu. En paraissant attaché à Bossuet, il ne poursuivait que son propre intérêt et celui des siens. » Sainte- Beuve lui reproche^ de trop noter ses propres griefs, de rapporter trop de commérages, et de se trop visiblement venger de l’abbé Bossuet au détriment de son oncle auprès de qui ce neveu desservait l’abbé Le Dieu. L’abbé Le Dieu, écrit Sainte- Beuve « exerce sa mesquine jalousie en notant tout ce qu’il peut attraper de petit et de dénigrant. Ce n’est pas par dessein, mais c’est par nature. Bossuet, malade à Versailles, y est retenu par son neveu, qui espère toujours une démission de l’évêché en sa faveur, et qui croit la présence de l’illustre prélat en Cour utile à ses intérêts. Mme de Maintenon s’étonne de ce séjour obstiné, et elle va jusqu’à dire au médecin Dodart, qui le rapporte à l’abbé Fleury : « Veut-il donc mourir à la Cour? » A la fin, on transporte Bossuet à Paris. Il y a du mieux dans son mal; logé rue Sainte- Anne, il peut faire quelques promenades au jardin des Tuileries après la messe; il y mène son monde : « Vendredi et samedi (19 et 20 octobre 1703) promenade aux Tuileries, et le reste comme ces jours passés; mais, en montant et descendant les terrasses des Tuileries, il nous disait qu’il éprouvait ses forces par les pentes douces, afin de s’accoutumer à monter et à descendre, pour se mettre en état d’aller chez le roi. Ainsi voilà déjà le prélat tout résolu d’aller à Versailles, et même lorsqu’il se sent à peine ferme sur ses jambes. Dieu soit loué de toutes choses, et qu’il lui plaise de donner un bon conseil à un homme si sage 1 » [ Mémoires et Journal, III, 18.]
« Cette idée de Versailles n’est point particulière alors à Bossuet, elle est celle de tçut le siècle. L’escalier de Versailles 1 Racine est mort peut-être de n’avoir plus l’espérance de le monter; Bossuet en garde jusqu’à la fin la vision dorée et la perspective. » (C. L. XIII, 290.)
— (Dans son article sur les Cinq derniers mois de la Vie de Racine, 16 août 1866), Sainte-Beuve a écrit encore : « Au contraire de Boileau, Racine ne put jamais « se décider à quitter Versailles pour n’y plus remettre les pieds;... il se don-
NOTES
nait pour excuse de conscience qu’en restant sur ce terrain glissant il pouvait mieux servir à l’occasion les religieuses de Port-Royal; mais au fond il ne pouvait se résoudre à se sevrer de ces douceurs enchanteresses; il était atteint de la même faiblesse que Bossuet qui, lui aussi, se montra autant qu il put à Versailles et qui, même à la fin et à bout de force, s’y tramait. » (N. L. X, 389.)
— Reprenons au point où notre parenthèse l’a interrompue, la citation du dernier article sur l’abbé Le Dieu : « Bossuet tient à ce qu’on sache en haut lieu qu’il n’est pas si désespéré de santé qu’on l’audit. Dans une visite qu’il fait au Père de La Chaise chez les Jésuites de la rue Saint-Antoine, il demande à voir les principaux et les plus célèbres de la maison; mais les Pères Bourdaloue, de La Rue, Gaillard, sont absents : « Le Père Gravé, confesseur de Mme la duchesse de Bourgogne, s’est trouvé seul, et M. de Meaux l’a vu, et chez le Père de La Chaise, et encore dans la salle où il s’est promené avec lui près d’une demi-heure et sans bâton, donnant cette marque de force et de courage, afin que le Père Gravé en portât la nouvelle à Versailles comme il l’en priait. » [ Op . cit., III, 36.]
« Ce ne sont point de ces détails qui nous déplaisent chez Le Dieu, pas plus que ceux qu’il donne sur la faiblesse tout humaine et plus touchante de Bossuet, sur son désir de guérir ou du moins de continuer de vivre, même avec ses maux. Pour être grand homme, on n’en est pas moins homme. Bossuet donne raison à Mécène et à la fable si connue : Pourvu qu’en somme je vive...
« Ce dimanche 7 octobre 1703, M. de Meaux a paru fort gai, à son réveil, d’avoir bien dormi toute la nuit, et de joie il lui est échappé cette parole : « Je vois bien que Dieu veut me conserver. » Il a ensuite entendu la messe dans sa chapelle et s’est encore recouché jusqu’à son dîner. Je lui ai lu le quinzième chapitre de l’Évangile de saint Jean, où il a pris un grand goût, disant : « Voilà toute ma consolation. » Puis ajoutant : « Il faut bien remercier Dieu de ce qu’il nous a donné une telle consolation dans nos maux, sans laquelle on y succomberait. » Il s’est promené environ une heure, puis on a continué la lecture des voyages, et le soir il y a eu symphonie. » [Op. cit., 111, 16.]
Et, le 18 du même mois : « il y a plaisir à l’entendre parler de sa santé en des termes qui expriment l’amour de la vie, et il est assez étonnant que la méditation continuelle de l’Évangile n’ôte pas ce sentiment. » [Op. cit., III, 17.]
« Malgré les soins plus ou moins intéressés dont sa famille l’entoure, il semble que les derniers jours du grand prélat n’aient pas été convenablement honorés par les siens, Mme Bossuet, sa belle-nièce, est une mondaine, et l’abbé Bossuet est tout à fait aux ordres de sa belle-sœur. (C. L. XIII, 291.)
Suivent sur ces deux personnes quelques commérages de l’abbé Le Dieu que Sainte-Beuve traite ici d’ « espion domestique », dont le Journal prend de plus en plus un caractère « subalterne et bas ». Il est d’ailleurs « exclu de la chambre de Bossuet aux approches de la mort ». 11 n’est pas inscrit sur le testament dont il déclare que « ce testament déshonore
NOTES
M. de Meaux »; Sainte-Beuve continue ainsi : « Cela n’empêche pas qu’à quelques jours de là, et sur la demande de l’abbé Bossuet, il ne compose ce mémoire dont nous avons parlé, et qui était destiné dans le service à servir de matériaux et de notes pour une oraison funèbre; mais il y met avec raison son amourpropre, et, voyant que les premiers cahiers réussissent auprès de ceux à qui il les lit, il redouble de soins et fait un ouvrage plus agréable qu’on n’était en droit de l’attendre de lui. » (Op. cit., 292-293.)
Le reste de l’article est relatif : au travail de l’abbé Le Dieu pour le classement, en vue de leur édition, des manuscrits de Bossuet; aux rapports entre l’abbé Le Dieu, qui n’est plus « qu’un valet de chambre mécontent », et l’abbé Bossuet, de qui, d’ailleurs, il se plaint; à des visites de l’abbé Le Dieu au Cardinal de Noailles et à Fénelon.
164. Le titre exact et complet de cet article est : Bossuet, Œuvres complètes, publiées d’après les imprimés et les manuscrits originaux par M. Lâchât, avec, en note, ce complément : u Librairie de Louis Vivès, rue Delambre, 5. Le tome VIII, qui ouvre la série des Sermons, était alors en vente. »
165. Voltaire : Le siècle de Louis XIV (édition Garnier frères, in-12, p. 542).