Sur Bossuet Fénelon, voir la note
414. Dans un article sur les Mémoires de l’abbé Legendre (15 juin 1863), Sainte-Beuve, disant que l’on est loin, avec cet abbé, « de cetté inspiration que demandait Fenelon à 1 orateur sacré », en prend occasion de citer un passage des Dialogues sur l’Eloquence, de Fénelon, non sans le faire précéder d un commentaire épigrammatique. Il dit donc : « Je ne ser**is pas étonné que ce fût après avoir entendu quelqu un des sermons prêchés par l’abbé Legendre que Fénelon ait écrit : « U 1 serait à souhaiter qu’il n’y eût communément que les pasteurs qui donnassent la pâture aux troupeaux selon leurs besoins, rour cela, il ne faudrait d’ordinaire choisir pour pasteurs que cies prêtres qui eussent le don de la parole. Il arrive, au contrane, deux maux : l’un, que les pasteurs muets ou qui parlent sans
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talent sont peu estimés; l’autre, que la fonction de prédicateur volontaire attire dans cet emploi je ne sais combien d’esprits vains et ambitieux... A quel propos tant de prédicateurs jeunes, sans expérience, sans science, sans sainteté? » (N. L. V, 157.)
415. Dans un article sur les Variétés littéraires, morales et historiques de M. de Sacy (28 juin 1858), Sainte-Beuve, à propos d’un jugement de Sylvestre de Sacy sur Télémaque, écrit :
« Sur le Télémaque, il y a tant de gens qui, après l’avoir lu enfants, l’ont oublié ou qui le rejettent d’un air d’ennui s’ils essayent de le relire, qu’on est surpris d’abord de voir un homme si sage et que de loin on jugerait un peu froid (pour ceux qui le connaissent, il ne Test pas du tout), nous raconter comment il a passé par trois impressions successives au sujet du livre relu, et nous faire l’histoire de ces trois époques, de ces trois âges du Télémaque en lui. C’est de sa part toute une confession, comme il l’appelle. Heureux ceux qui n’en ont pas à faire de plus grave ni de plus contagieuse ! On sourit en commençant à lire ; peu à peu la verve et la sincérité du narrateur nous gagnent, et l’on finit, au milieu de tant de soucis plus pressants, de tant d’intérêts du jour qui nous tirent et nous sollicitent, par se laisser aller de bonne foi, jusqu’à concevoir avec lui des doutes sur la parfaite convenance des deux portraits de Nestor et de Philoctète, placés à travers l’action et venant interrompre ou retarder le combat d’Adraste et de Phalante. Questions à faire envie aux Le Batteux, aux Tournemine, et aux Porée, et qui nous reportent à l’âge d’or des Lettres ! L’opinion définitive de M. de Sacy sur le Télémaque me paraît, à dire vrai, un peu exagérée. Je suis bien de son avis sur la simplicité de Fénelon, laquelle n’est pas une simplicité primitive, mais plutôt celle d’une grâce exquise et peut-être d’une coquetterie accomplie; mais je ne saurais admettre que le Télémaque soit le comble et le chef -d’ œuvre de l’esprit. Oh ! s’il avait lu l’Odyssée, non pas comme tout le monde la lit (« j’ai lu, dit-il, Homère comme tout le monde »), mais comme il lit Cicéron, qu’il eût rabattu de cet éloge ! Je lui sais gré toutefois d’avoir remué ainsi des idées dans un sujet si connu, et d’avoir ïarié avec tant de jeunesse sur un livre d’enfance. » (C. L. XIV,
Dans un article sur Dacier (6 mars 1854) après avoir dit que, pour l’ensemble, Mme Dacier est le « traducteur qui donne le plus l’idée d’Homère » il ajoute : « Je ne veux pas dire un blasphème : certes, Fénelon a bien autrement d’esprit et de talent dans la moindre de ses phrases que Mmo Dacier dans tout son style; son Télémaque est souvent du plus charmant Homère et toutefois, dans l’élégance de Fénelon, dans ceque sa phrase a de plus léger, de plus mince, il y a un certain dé accord fondamental avec l’abondance impétueuse et le plein courant d’Homère. Il en a passé au contraire quelque chose dans l’œuvre d’etude et de prud’homie de Mme Dacier. Je parle surtout de son Iliade. » (C. L. IX, 491.)
Dans son article du 15 septembre 1834 sur Ballanche, Sainte- Bçuve avait dit : « La Harpe avait été fort frappé que, dans le
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livre du Sentiment, l’auteur eût appelé l’Élysée du Télémaque un véritable paradis chrétien ; il lui enviait cette idée : « Moi qui ai fait un éloge de Fénelon, je n’ai pas songé à cela, s’écriait-il, et voilà qu’un jeune homme a mieux trouvé : le Seigneur est avec ceux qui font le bien ! » La Harpe, devenu dévot, aimait à citer les Psaumes. » (P. C. I, 14.)
Dans un compte-rendu de l’ouvrage : Dangers de la situation actuelle en France par M. Maurize, Sainte-Beuve a écrit : « Ce qui m’a le plus scandalisé, je l’avoue, ce sont ces phrases blasphématoires sur les maximes libérales de Fénelon : « Je viens d’appuyer la thèse par un aperçu des sottises dogmatiques du Télémaque ; le bonhomme Fénelon ne se doutait pas des résultats qu’aurait, en 1789, sa doctrine essayée en France. » ( Chronique littéraire : 15 février 1833 ; P. L. II, 168).
416. Les Natchez à la suite d ’Atala (Édit. Garnier frères, p. 238).
417. Dans Chateaubriand et son groupe littéraire, à propos du reproche d’invraisemblance qu’il fait à cet auteur, Sainte- Beuve cite, entre autres exemples, celui-ci. Il écrit : « Quand il nous donne à entendre que le sauvage Chactus a été l’hôte familier de Fénelon, et a goûté comme familières les beautés de Bossuet ou de Racine, il passe toutes les bornes dans le fictif et le composite. Même dans le poème, j’aimerais plus de vérité. » (I, 207.)
418. Discours de réception, à la suite des Caractères (édit. Garnier frères, p. 407).
419. Voir article du 3 octobre 1853 sur Massillon : Massillon continuateur de Fénelon (p. 348).
420. Discours de réception à l’Académie française où Fénelon succédait à Pellisson (dans le volume. De l’existence de Dieu, p. 367).