‹ Les grands écrivains français des origines à nos joursChapitre 107 sur 261 · La Fontaine. — 2. Boileau. — ^ n;u-ine · texte numérisé non relu

La Fontaine. — 2. Boileau. — ^ n;u-ine

(iramls écrivains. 10

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mis lie souirrenl pas (jiie Corneille, le grand Corneille, lui soit prérérc ; quelques fiutres, qu'il lui soit ég^alé. Ils en ajipellent à l'autre siècle; ils attendent la lin de quelques vieillards, ({ui, touchés indilïeremment de tout ce qui rappelle leurs premières années, n'aiment peut-être dans Œdipe c{ue le souvenir de leur jeunesse.

Que dirai-je ' de ce personnage qui a fait parler si longtemps une envieuse critique et qui Ta fait taire ; qu'on admire malgré soi, qui accable par le grand nombre et par l'éminence de ses talents : orateur, historien, théologien, philosophe d'une rare érudition, d'une plus rare éloquence, soit dans ses entretiens, soit dans ses écrits, soit dans la chaire; un défenseur de la religion, une lumière de T Église : parlons d'avance le langage de la postérité, un Père de l'Eglise ? Que n'estil point ? Nommez, messieurs, une vertu qui ne soit pas la sienne.

Toucherai-je aussi votre dernier choix "% si digne de vous ? Quelles choses vous furent dites dans la place où je me trouve ! Je m'en souviens: et, après ce que vous avez entendu, comment osé-je parler, comment daignez-vous m'entendre ? Avouons-le : on sent la force et l'ascendant de ce rare esprit, soit qu'il prêche de génie, et sans préparation, soit qu'il prononce un discours étudié et oratoire, soit qu'il explique ses pensées dans la conversation. Toujours maitre de l'oreille et du cœur de ceux qui l'écoutent, il ne leur permet pas d'envier ni tant d'élévation ni tant de facilité, de délicatesse, de politesse; on est assez heureux de l'entendre, de sentir ce qu'il dit, et comme il le dit; on doit être content de soi, si l'on emporte ses réflexions et si Ton en profite. Quelle grande acquisition avezvous faite en cet homme illustre ! à qui m'associezvous ?

[Discours de réception à r Académie française.)

i. IJosiuet. — 0. Fénelon.

w II'" sii.ci.i; l'*.)!

7. Style de La Bruyère. — Si son livre plaît tant et s'il a sur- \écii à beaucoup d'aulres où nous pouriùons trouver é{?alement d'utiles leçons, c'est qu'il est l'œuvre d'un véritable artiste. La Hruyère a su, connue La Uochefoucauld, non pas cependant avec la même concision puissante, formuler des maximes brèves, antithétiques, paradoxales. « Il n'y a rien qui rafraîchisse le sanjç c(jmme d'avoir su éviter de faire une sottise » chap. W). « C'est une grande misère que de n'avoir pas assez desprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire » chap. \' . Et il a des figures, des métaphores, des comparaisons, plus pittoresques que celles de La Uochefoucauld : » Après l'esprit de discernement, ce qu'il y a de plus rare au monde, ce sont les diamants et les perles » (chap. XIII). « Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à (jui l'on vient de donner » chap. I\'). — l'^t dans les portraits, dont nous avons indi- (jué la variété, il use du vocabulaire le plus étendu et de la syntaxe la plus souple. Tous les critiques sont d'accord povu" reconnaître la [)ropriété, l'imprévu, toujours heureux, le pittoresque de sou style; mais tous, aussi, y ont senti quelque etTiu't. La lîruyère est un styliste, en ce sens qu'il n'a pas cherché, comme Bossuet ou M""" de Sévigné, à exprimer simplement ce qu'il sentait, mais qu'il a voulu rehausser le fond par la forme.

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