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2. Le Cardinal de Retz (16ii-1679). — Paul de Gondi, cardinal do Ut'L/., lU! ou 1014, fui nomniii, en lOi:^, coadjutcur de l'apcliey('-(iue lie Taris, son oncle. 11 joua, pendaul la Fronde, un rôle hrilhinl el avciilurcux. Nommé cardinal, il s'assagit, et vécut dan? une retraite sludieuse, où il écrivit ses Mcnwires, consacrés presque exclusivement h l'histoire de la Fronde. — Il ne faut pas demandera Retz un récitlidèlc des événements; ce sont plutôt des « faits vus à travers un teni})érament ». Ce tempérament excessif, violent, égoïste, est aussi celui d'un éci-ivain vigoureux, qui annonce Saint-Simon pai- sa verve et par ses brusqueries ; qui, comme lui, excelle dans le portrait, mais surtout dans le portrait moral, et qui néglige le costume et lattitudc pour analyser lame, et qui est supérieur à Saint-Simon pour la clarté et le relief harmonieux du récit.
Il faut lire dans' Retz la Journée des Barricades, comme modèle do narration historique, à la fois vivante et profonde. Parmi les porlr^ila, ceux du duc d'Orléans ^Gaston), de M. le Prince tCondé), de MM. de Reaufort, de la Rochefoucauld, de M"""' de Longueville, de Ghevrcusc, de Montbazon, etc. Mais Retz excelle aussi dans le récit d'épieodes pittoresques. La page que nous citons semble tirée d'un roman d'aventures, écrit par un Alex. Dumas qui aurait du style.
Le cardinal de Retz s'évade du château de Nantes (1654.)
Retz, arrêté par ordre d'Anne d'Autriche, le K^ décembre 1652, fut d'abord enfermé au donjon de Vincennes, puis transféré au chdtfeau de Nantes. C'est de là qu'il parvint à s'évader en 1654. Retz retrouve et exprime avec intensité les impressions à la fois physiques et morales qu'il a ressenties en cette occasion.
Je ne m'occupais pourtant pas si fort à ces diversions ' que je ne songeasse avec une extrême application à me sauver. Je fis pour cela deux entreprises, dont Tune me fut sug^g-érée par mon médecin : il prit la pensée de limer la grille qui était à la petite fenêtre qui était dans la chapelle où j'entendais la messe, et d'y attacher une espèce de machine avec laquelle je fusse, à la vérité, descendu assez facilement du troisième élage du donjon ; mais, comme ce n'eût été que la moitié du chemin