I.e commandeur voulait la scène plus exacte
Le vicomte indij^né sortait au second acte.
L'un, défenseur zélé des big"ots mis en jeu.
•). La Champmesié. ct'lèbre actrice (1G44-Ir)!t8). Elle s'appelait Marie Desmares, et avait épousé Champmesié, acteur du théâtre de Rouen. Elle créa, parmi les p:rands rùles de Racine: Hcrmione, Bén'-nice, Roxane, Monime. Iphigénie et Phèdre. — il. Cabale^ coterie. Cabale vient de l'hébreu Kabitla, tradition reçue sur certaines interprétations mystiques de la Bible ; de là. réunion de personnes qui se cach(?nt pour conspirer. — 20 .Mlusion aux incidents qui se j)roduisirent à la mort de Molière (17 février ^G7:V). Comme tous les comédiens à cette époque, Molière était excommunié ; et il fallut lintervention de Louis XIV pour lui faire donner la sépulture n-lifrieuse. — 24. Cf., dans la Crilii/iit^ de l'Erob' de ffmniPft, les types du marquis et de Climène. — 27. Le commandeur, -M. de Souvré (cf. satire III, 23y. — 28. Le vicomte, du Broussin,
\iS'2 LKS GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS
Pouv j)iiv (le ses bons mnts le (*«iiHlanin;iit an l'eu ; M)
L'autre, foug"ueux marquis, lui déclarant la guerre,
V^oulait veng^er la cour immolée au parterre.
Mais, sitôt que d'un trait de ses fatales mains
La Parque 1 eut rayé du nombre des humains,
On reconnut le prix de sa muse éclipsée. 35
L'aimable comédie, avec lui terrassée,
En vain d'un coup si rude espéra revenir,
Kt sur ses brodequins ne put plus se tenir.
Tel fut chez nous le sort du théâtre comique.
Toi donc qui, télevant sur la scène tragique, 40
Suis les pas de Sophocle, et, seul de tant d'esprits,
De Corneille vieilli sais consoler Paris,
Gesse de t'étonner si lenvie animée,
Attachante ton nom sa rouille envenimée,
La calomnie en main quelquefois te poursuit, 45
En cela, comme en tout, le ciel qui nous conduit,
Racine, fait briller sa profonde sagesse.
Le mérite en repos s'endort dans la paresse ;
Mais par les envieux un génie excité
Au comble de son art est mille fois monté. 50
Plus on veut l'afTaiblir, plus il croît et s'élance :
Au Cid persécuté Cinna doit sa naissance ;
Et peut-être ta plume aux censeurs de Pyrrhus
Doit les plus nobles traits dont tu peignis Burrhus.
:iO. Allusion aux pampliiels que fit éclore ]e Tartuffe : et en particulier au Roi glorieux, où Roullé. curé de Saint- Barthélémy, à Paris, demandait au roi que Molière lut condamné au bûcher. — 32. Dans la Critique, de l'Ecole de femmes. Molière oppose la cour et le parterre ; il décrit l'attitude dun marquis ridicule qiii, de la scène où il est assis, montre le poing aux spectateurs debout, et crie : •< Ris donc, parterre, ris donc : » Il affirme d ailleurs que les honnêtes gens de la cour sont d'accord avec les bourgeois. — 38. Chez les anciens, les acteurs tragiques se chaussaient du co//îurne, et les acteurs comiques du brodequin. — 41. Sophocle, tragique grec du v« siècle av. J.-C. Racine a imité les tragédies d'Euripide, mais sa perfection le rapproche plutôt de Sophocle. — 42. Corneille vieilli. Depuis trois ans (1674/ Corneille s'était retiré du théâtre. — o2. Gimia. Lf Cid (lOSnj fut suivi d'Horace (1640) Cinnu ne vint qu'ensuite, probablement la mê/ue année. — 53. Pyrrhus
xvii" siÈcr.K 383
Moi-même, dont la g"loire ici moins répandue, 55
Des pâles envieux ne blesse point la vue,
Mais qu'une humeur trop libre, un esprit peu soumis,
De bonne heure a pourvu d'utiles ennemis,
Je- dois plus à leur haine, il faut que' je l'avoue.
Qu'au faible et vain talent dont la France me loue. 60
Leur venin, qui sur moi brûle de s'épancher.
Tous les jours en marchant m'empêche de broncher.
Je son«;e, à chaque trait que ma plume hasarde,
Que d'un œil danj^ereux leur troupe me regarde.
Je sais sur leurs avis corriger mes erreurs, 65
Kl je mets à profit leurs malignes fureurs.
.^itot que sur un vice ils pensent me confondre,
C'est en me g^uérissant que je sais leur répondre :
Et plus en criminel ils pensent m'érig"er,
Plus, croissant en vertu, je song^e à me venger. 70
Imite mon exemple, et lorsqu'une cabale,
Un flot de vains auteurs follement te ravale,
Profite de leur haine et de leur mauvais sens,
Ris du bruit passag^er de leurs cris impuissants.
Que peut contre tes vers une ignorance vaine? 75
Le Parnasse français, ennobli par ta veine,
Contre tous ces complots saura te maintenir,
Et soulever pour toi l'équitable avenir.
Et qui, voyant un jour la douleur vertueuse
De Phèdre, malgré soi, perfide, incestueuse, 80
IVun si noble travail justement étonné,
\e bénira d'abord le siècle fortuné
<>)ui, rendu plus fameux i)ar tes illustres veilles,
\'it naître sous ta main ces pompeuses merveilles ?
(Cependant laisse ici g^ronder quelques censeurs 85
Qu'aigrissent de tes vers les charmantes douceurs.
dans la tragédie d'Aiidromaquf et Bufrhus, dans la tragédie de Dritun. nicus. — 72. Cf. p. .'$73, note 4. — 7S. Ces vers sont assurément les plus heaux (|u'ait écrits Boileau. Il.s sont à la fois éloquents et simples, et d'une rare fcrmi'U- de facture. — '^i. Dabord donne ii la phrase le sens ; Se comiiwnceru par...