PLUSIEURS ESCLAVES CHRETIENS LUSIGNAN
Du séjour du trépas quelle voix me rappelle ?
Suis-je avec des chrétiens "?. . . Guidez mes pas tremblants.
Mes maux m"oiit affaibli plus encor que mes ans.
{En s' asseyant.)
Suis-je libre en effet ?
wiir' sitcLi: 515
ZAÏRE
Oui, seigneur, oui, vous l'êtes.
CUATILLUN
Tous vivez, VOUS calmez nos douleurs inquiètes. 5
'ous nos tristes chrétiens...
LUSIGNAN
0 jour ! ô douce voix!
Ghàtillon, c'est donc vous ? c'est vous que je revois ! Martyr, ainsi que moi, de la foi de nos pères. Le Dieu que nous servons finit-il nos misères ? En quels lieux sommes-nous? Aidez mes faibles yeu.v. 10
CHATILI.ON
C'est ici le palais qu'ont bâti vos aïeux : Du fils de Xoradin c'est le séjour profane.
ZAÏRE
Le maitre de ces lieux, le puissant Orosniane, Sait connaître, seigneur, et chérir la vertu.
{En montrant Xcresfan.)
Ce généreux F'rançais, qui vous est inconnu, 15
Par la gloire amené des rives de la France, Venait de dix chrétiens payer la délivrance : Le Soudan, comme lui gouverné par l'honneur, Croit, en vous délivrant, égaler son grand crcur.
LUSIGNAN
Des chevaliers français tel est le caractère : '20
Leur noblesse en tout temps me fut utile et chère. Trop digne chevalier, quoi ! vous passez les mers Pour soulager nos maux et pour briser nos fers ? Ah ! parlez, à qui dois-je un service si rare ?