‹ Les grands écrivains français des origines à nos joursChapitre 177 sur 261 · I. — Chateaubriand · texte numérisé non relu

I. — Chateaubriand

1. Vie. — François-René de Chateaubriand est né à Saint- Malo le 4 septembre 1768, d'une très noble famille de Bretagne. Il fit ses études à Dol et à Rennes ; puis il passa deux années au château de Combourg-, avec son père, sa mère et sa sœur cadette Lucile. Dans cette solitude il sentit se développer ses dispositions à la mélancolie et au romanesque. Après un court séjour à Cambrai, comme sous-lieutenant. Chateaubriand fréquenta, de 1786 à 1791. la haute société parisienne et les médiocres écrivains du temps. Peut-être, si Ion en juge par quelques vers qu'il fit insérer dans VAlmanach des Muses, fùt-il devenu lui-même un élégant pseudo-classique, si son humeur inquiète et curieuse ne l'avait poussé à entreprendre un grand voyage.

Il avait résolu de découvrir un passage au nord de l'Amérique. Parti de Saint-Malo le 8 avril 1791. il débarqua à New-York, visita la région des grands lacs, la chute du Niagara, et descendit dans la Floride. Il était de retour en France le 2 janA'ier 1792, sans avoir accompli son projet scientifique; mais par contre il rapportait, des forêts et des solitudes américaines, les sensations et les couleurs dont il devait enrichir, pour un siècle entier, notre littérature.

A son retour, il se maria ; et il émigra. Blessé au siège de Thion^■ille, il se réfugia à Bruxelles, puis à Londres, où il faillit mourir de faim. Là, cependant, il publia en 1191, VEssai sur les Révolutions, ouvrage inspiré par la philosophie du xviii^ siècle. Une lettre de sa sœur, lui annonçant la mort de sa mère, le ramena aux croyances religieuses de son enfance, et il écrivit le Génie du Christianisme.

Rappelé en France, il donna d'abord un fragment de son grand ouvrage, l'épisode d'Atala (1801} : et, en 1802, le Génie du Chris-

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{lanisme {larut eii entier, au moment même où Bonaparte proclamait le Concordat. D'abord en faveur auprès du premier consul, qui le nomme secrétaire damhassade à Home, Chateaubriand rompt avec lui au uioment de l'exécution du duc d'Enirhien 180» . Il entreprend un voyaj^e en Italie, en (iréce et en Palestine, pour étudier sur place \o décor de l'épopée qu'il prépare, et qu'il publieen 1809, sous le titre des Martyrs. En isil. il donne le récit du voya^^e lui-même, Y Itinéraire de Paris h Jérusalem.

La Restauration fait Chateaubriand pair de France, ambassadeur à Berlin, puis à Londres, ministre des affaires étran^'cres (1824), ambassadeur à Rome. Mais la révolution de juillet le rend à la vie privée.

Il écrit encore, le Voyage en Amérique (lS3lj. les Études /it'sforj'çues (1836,, puis il se consacre presque exclusivement à la rédaction de ses Mémoires d'oulre-tomhe, qui ne devaient être publiés qu'après sa mort. Dans ses dernières années, il fréquentait surtout le salon de M™' Récamier, à l'Abbaye-au.x- Bois. et il y voyait tous les jeunes écrivains l'honorer comme un ancêtre. — Il mourut à Paris le 4 juillet 1848; et, selon son désir, ilXut enseveli dans l'île du Grand-Bé, en face de Saint-Malo.

2. Les œuvres. — a) Sifjnalons seulement le premier ouvragée deChateaubriand. publié à Londres en 1797, VEssaisurles Révolutions. Lejeune émigré s'y proposaitde rechercher les rapports entre les révolutions anciennes et la révolution IVançaise. Persuadé, à cette époque, que la religion chrétienne était arrivée à son déclin, il se demandait, dans son dernier chapitre, quelle serait la religion qui remplacerait le christianisme ? Il allait, nous l'avons dit. revenir à la foi de son enfance, et donner à cette question même une retentissante réponse.

/) Atala. — Mais avant de publier le Génie du christianisme, i\ en détacha un épisode, Atala. Ce petit roman a pour cadre les paysages d'Amérique, fleuves et forets. L'intrigue en est très simple : un jeune sauvage de la tribu des Natche/, Chactas, fait prisonnier par une tribu ennemie, va être exécuté. Il est sauvé par une jeune fille chrétienne de cette tribu, Atala, et il s'enfuit avec elle. Ils parviennent chez un ermite, le Père Aubry ; Chactas veut se faire instruire dans la foi chrétienne, afin d'épouser Atala. Mais celle-ci, que sa mère avait consacrée à Dieu dès son enfance, ne veut pas rcmipre son vœu et s'empoisonne. — Nous citons le Prologue dWtala.

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