‹ Les grands écrivains français des origines à nos joursChapitre 190 sur 261 · II. — LES PARNASSIENS · texte numérisé non relu

II. — LES PARNASSIENS

1. La transition. — Théophile Gautier (1811-1872). — Il se croit d'abord la vocation de peinire et il ne se trompe que sur remploi des procédés): c'est comme rupin, élève de Rioult, qu'il

2''. Quinze ans (lSOO-1815). — ;{3. Carrière, le mot est pris ici clans son sens propre ; espace fixé que doit parcourir un cheval ou un char. — 4S. Kludier ici le choix des mois et h» coupe des vers.

pixMid pari à « la bataille il7/e;vta;u' », et ([iTil scandalise les « philistins» avec son poui'iioint rouj^e cerise, son pantalon vert (leau, et son pardessus ^ris noisette. Il publie ses premiers vers à la lin de J830, sans y révéler encore autre chose qu'une certaine sûreté dans la lacture. En 18i7 il entre à la Presse pour y faire la critique dramatique; puis, en 18i5, il passe au Moniteur. Il n'en continue pas moins à publier des vers, parallèlement avec des romans : l:\ Comédie de la mort (1838), Émaux et Camées (1852), le Roman de la momie (1856), le Capitaine Fracasse (1863); et des voyages : Tra los mo;i<es(^'^oyage en Espagne (1839), Italia (1^52), Conslaniinople (1854), Voyage en Russie (1866).

Théophile Gautier pratitiue le premier la théorie de Vart pour l'art. Il réagit contre r« hypertrophie du Moi», contre les pcr- [jétuelles^etTusions sentimentales (Lamartine), contre les désespoirs de raniQurdççu (^Musset), contre les prétention g. philosophiques ou politiques du poète (Vigny, Hugo). Selon Gautier", le poète est un homme qui voit le monde extérieur et qui en exprime, eii vers plastiques et colorés, les aspects divers. Ce n'est pas qu'il bannisse toute idée de la poésie ; mais il n'en impose aucune à son lecteur; celui-ci, devant un tableau ou devant une silhouette, éprouvera tel ou tel sentiment comme devant la réalité. Aussi Gautier est-il avant tout un grand artiste, qui peut-être, en plein romantisme, a sauvé notre langue et notre versification d'une sorte de diffusion verbale et rythmique. Son chef-d'œuvre est Émaux et Camées. Nous en extrayons les deux pièces suivantes :

L'art (1852).

Th. Gautier soutient, dans cette pièce célèbre, que l'œuvre d'art a d'autant plus de prix que l'artiste a dû triompher de plus grandes difficultés matérielles. L'effort que fait le poète, le sculpteur, le peintre, pour vaincre un rythme tyrannique ou une matière rebelle, l'oblige à prendre de plus en plus conscience de son idée et de son sentiment. Et, d'ailleurs, c'est à ce prix seulement que l'œuvre dure.

Oui, l'œuvre sort plus belle D'une forme au travail

Rebelle, Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses ! 5

Mais que pour marcher droit

XI X" SIKCLK ^^^'

Tu chausses, Muse, un cothurne étroit.

Fi (lu rvthme commode,

Comme un soulier trop ^n-and, 1<>

Du mode Que tout pied quitte et prend !

Statuaire, repousse L'argile que pétrit

Le pouce 1^

Quand flotte ailleurs l'esprit.

Lutte avec le Carrare, Avec le Paros dur

Et rare, Gardiens du contour pur ;

Emprunte à Syracuse Son bronze où fermement

S'accuse Le trait fier et charmant ;

D'une main délicate 2^

Poursuis dans un filon

D'a{,^ate Le profil d'Apollon.

Peintre, fuis l'aquarelle,

Et fixe la couleur ■^^

Trop frêle Au lourde l'émailleur...

Tout passe. — L'art robuste Seul a l'éternité ;

16. Voilà lobservaUon essentielle. — 18. Carrare. Paros, marbres ainsi nommés des pays d'où on les tire.

Le buste 35

Survit à la cité,

Et la médaille austère Que trouve un laboureur

Sous terre Révèle un empereur. 40

Les dieux eux-mêmes meurent, Mais les vers souverains

Demeurent Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ; 45

Que ton rêve flottant

Se scelle Dans le bloc résistant î

(Emaux et Camées^ Fasquelle, éd.)

Ce que disent les hirondelles (1852).

Chanson d'automne.

Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les g^azons jaunis, Soir et matin la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis î

On voit s'ouvrir les Heurs que garde 5

Le jardin, pour dernier trésor :

Le dahlia met sa cocarde, Et le souci sa toque d'or.

La pluie aux bassins fait des bulles; Les hirondelles sur le toit 10

Tiennent des conciliabules : ,

Voici l'hiver, voici le froid !

Elles s'assemblent par centaines, Se concertant pour le départ.

L'une dit : « Oh I que clans Athènes 15

Il l'ait bon sur le vieux rempart !

Tous les ans, j'y vais et je niche

Aux métopes du Parthénon,

Mon nid bouche dans la corniche

Le trou dun boulet de canon, » 20

L'autre : « J'ai ma petite chambre

A Smyrne, au plafond d'un café.

Les Hadjis comptent leurs grains d'ambre

Sur le seuil, d'un rayon chaufTé.

J'entre et je sors, accoutumée 25

Aux blondes \apeurs des chibouks, Kt parmi des Ilots de fumée, Je rase turbans et turbouchs. »

Celle-ci : « J'habite un triglyphe.

Au fronton d'un temple à Balbeck. 30

Je m'y suspends avec ma gritTe,

Sur mes petits au large bec. »

Celle-là : « Voici mon adresse :

Rhodes, palais des che\aliers;

Chaque hiver, ma tente s'y dresse 35

Au chapiteau des noirs piliers. »

18. Métope, intervalle qui sépare les triglyphes ; ceux-ci sont des cannelures verticales régulièrement espacées, au-dessus de l'architrave ou de la frise, et figurant l'extrémité des solives. Les métopes du Parthénon représentent des épisodes du combat des Centaures et des Lapilhes. — Parthénon, temple de Minerve à Athènes, construit au V siècle avant Jésus-Christ. — 20. En 1687, le Parthénon, encore très bien conservé, fut bombardé par les 'Vénitiens et par les Anglais. — 23. Hadji, nom que prend tout musulman qui a fait le pèlerinage de La Mecque. — 26. Chibouk, pipe turque. — 28. Turbouch, sorte de fez, rouge, orné d'un long gland de laine bleue. — 30. Balbeck ou Baalheck, bourgade de Turquie d'Asie ; ville autrefois très consid<'rable, qui prit, après la conquête d'Alexandre, le nomd'Héliopolis (ville du soleil, traduction grecque de Baalbeck). Les ruines en sont magnifiques ; elles ont été décrites par Lamartine dans son Voyage en One/i/ (1835), et par Renan dans sa Mission de Phënicie (1864).

()U() m:s grands échivains français

La cinquième : « Je ferai halte,

Car l'àye m'alourdit un peu,

Aux blanches terrasses de Malte,

lùUre l'eau bleue et le ciel bleu. » 40

La sixième : « Qu'on est à l'aise Au Caire, en haut des minarets !

J'empâte un ornement de glaise, Et mes quartiers d'hiver sont prêts. »

« A la seconde cataracte, 45

Fait la dernière, j'ai mon nid;

J'en ai noté la place exacte,

Dans le pschent d'un roi de g-ranit. »

Toutes : « Demain, combien de lieues Auront filé sous notre essaim, 50

Plaines brunes, pics blancs, mers bleues. Brodant d'écume leur bassin ! »

Avec cris et battements d'ailes,

Sur la moulure aux bords étroits.

Ainsi jasent les hirondelles, 55

Vovant venir la rouille au bois.

Je comprends tout ce qu'elles disent ;

Car le poète est un oiseau ;

Mais captif, ses élans se brisent

Contre un invisible réseau 1 60

Des ailes ! des ailes I des ailes !

Comme dans le chant de Ruckert, Pour voler là-bas avec elles, Au soleil d'or, au printemps vert.

{Emaux et Camées, Fasquelle, éd.)

43. La seconde cataracte du Nil. — 48. Pschent. mitre pointue portée en Egypte par les rois et par les statues des dieux. — 62. Ruckert (1789- 1806), poète et orientaliste allemand, célèbre surtout par ses chants patriotiques.

1. Baudelaire ;1S21-1867). — Haudelaiiv peut être réclaméà la lois pai- les Parnassiens et par les Symbolistes. Esprit étrange, fusibilité n\aladive, goût du raie et du faux, mépris du simple it du vrai, culte de la forme et ilu i-yHune, tout ce qui se développeiM, qualités et défauts, dans les deux éci>Ies. apparaît chez lui. Un seul recueil, les Fleura iln mal (ISô?) (il sa réputation, Ou y trouve une mélancolie malsaine, un réalisme choquant, des éléj^ances parfois e.vquises. lieauilelaire a laissé une excellente traduction des teuvres d"Edj;ar Poe.

S.Théodore de Banville 1823-1891) se rattache plus étroitement à Théophile Gautier et aux Parnassiens. Hanville pousse à l'excès la doctrine de inrtpour Varl, et semble satlacher exclusivement à la richesse de la rime. U a exposé ses théories dans son Pelil Irailé de versification française (1872). Ses principaux recueils sont: les Cariatides (ls42), les Stalactites (I8i6), /es Odelettes (1857;, les Odes fiinanihiilesques (1857). Sans doute, Banville cherche surtout les elîets de rythme et de rime, et la plupart de ses petites pièces ne valent que par la forme ; mais il a mis une fausse coquetterie à se railler de la pensée et du sentiment, car il est plus d'une fois heureusement inspiré, et M>n talent de ciseleur n'exclut ni la finesse ni l'émotion.

1. Le Parnasse. — Après 1860, se forme un j^roupc de poètes (jui publient leurs vers dans un recueil intitulé le P^-irnasse. Ces l'oètes, qui devaient bientôt suivre chacun leur voie, sont unis momentanément par le besoin de réag:ir contre les excès du romantisme. Ils commencent par adopter la théorie de Varl })Our iarf. énoncée par Th. Gautier et par alTecler une sorte d'indifférence morale. Us y juigiient la recherche .de la iicaii^é ldasli(jiie\ ils peignent le monde extérieur, archaïque et exotique.

Enfin ils protestent contre Vindividualisnie à ^uTrâhcc du romantisme.

5. Le chef de 1 école parnassienne, celui qui est resté jusqu'au bout le i)lus conséquent avec sa doctrine, est Leconte de Lisle (1818-189*). — Des voyages en Grèce et en Orient l'avaient mis eu contact avec un monde nouveau. Très érudit, il connaissait les poèmes sacrés de l'Inde et il avait traduit Homèi*e et les tragiques grecs. Aux Poèmes antiques publiés en 1852, avec une Préface (jui est un véritable manifeste, appartiennent les pièces inspirées de ITnde et de la Grèce : dans Si uv.v, hymne védiquey Leconte de Liste retrouve les images hardies et colorées de la poésie orientale :

69'2 . LIÎS GRANDS KCRMAINS IKANÇAtS

Dans Tair Uambant, immense, oh ! que ta route est belle

Pour arriver au seuil de la nuit éternelle !

Quand ton char tombe et roule au bas du firmament.

Que Thorizon sublime ondule largement !

0 Sûryâ ! Ton cœur lumineux, vers Teau noire 5

S'incline, revêtu d'une robe de gloire ;

L'abîme te salue et s'ouvre devant toi :

Descends sur le profond rivage et dors, ô Roi !

Dans VEnf'ance d'Héraklès, nous avons plutôt un pastiche dAndré Chénier ; mais ce serait un Ghénier plus robuste et qui aurait subi, fût-ce malgré lui, Tinfluence romantique. Si Leconte de Lisle traduit ici Théocrite, il le fait avec une puissance plastique comj^arable à celle de Victor Hugo dans la Légende des siècles. Voici comment il peint le petit Hercule étouffant les serpents monstrueux qni ont renversé le berceau où il dormait avec son frère Iphiclès :

Mais Héraklès, debout, dans ses langes se dresse.

S'attache aux deux serpents, rive à leurs cous visqueux

Ses doigts divins, et fait, en jouant avec eux.

Leurs globes élargis dans l'étreinte subite

Jaillir comme une braise au delà de l'orbite. 5

Ils fouettent en vain l'air, musculeux et gonflés,

L'enfant sacré les tient, les secoue étranglés,

Et rit en les voyant pleins de rage et de bave.

Se tordre tout autour du bouclier concave.

Puis il les jette morts le long des marbres blancs, 10

Et croise pour dormir, ses petits bras sanglants.

Mais aussi, dans ces Poèmes antiques, c'est à la nature immortelle que s'adresse, en panthéiste, Leconte de Lisle.

Midi est une admirable impression dhomme fatigué par la vie, et qui vient chercher un refuge au sein de la vie mystérieuse des choses. Après une description célèbre de cette lumière qui tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu, le poète s'adresse à Ihomme, et lui parle ainsi, moins en parnassien qu'en disciple de Chateaubriand et de Lamartine :

Homme, si, le cœur plein de joie ou d'amertume. Tu passais vers midi dans les champs radieux, Fuis 1 La nature est vide et le soleil consume : Rien n'est vivant ici, rien n'est triste ou joyeux.

iO

Mais si, désabusé des larmes et du rire, ^

Altéré de Toubli de ce moude agité, Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire. Goûter une suprême et morne volupté.

Viens 1 le soleil te parle en paroles sublimes; Dans sa tlamme implacable absorbe-toi sans lin ; Et retourne à pas lents vers les cités inlimes. Le cœur trempé sept fois dans le néant divni.

La pièce intitulée Nox donne une impression plus lamarlinienne encore :

Aux contours des ravins, sur les hauteurs sauvages, Une molle vapeur eirace les chemins ; La lune tristement baigne les noirs feuillages, L'oreille n'entend plus les murmures humains.

Montez, saintes rumeurs, paroles surhumaines, 5

Entretien lent et doux de la terre et du ciel. Montez et demandez aux étoiles sereines S'il est pour les atteindre un chemin éternel.

0 mers, ô bois songeurs, voix pieuses du monde, Vous m'avez répondu durant mes jours mauvais, 10 Vous avez apaisé ma tristesse inféconde, Et dans mon cœur aussi vous chantez à jamais.

Dans les Poèmes barbares, la couleur locale a quelque chose d'âpre et de farouche. Qui ne connaît les Eléphants/

Tel Tespace enflammé brûle sous les cieux clairs. Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes, Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes. Vont au pays natal à travers les déserts.

D'un point de l'horizon, comme des masses brunes, 5 Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,

(394 LES GRANDS ÉCRIN VINS I RANt.AlS

Pour lie point dévier du chemin le plus droit,

Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.

I/oreille en éventail, la trompe entre les dents, Ils cheminent, l'œil clos. Leur ventre bat et fume, )0 Et leur sueur dans Fair embi'asé monte en brume ; Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu'importent la soif et la mouche vorace,

Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé?

Ils rêvent, en marchant, du pays délaissé, 15

Des forêts de figuiers où s'abrita leur race.

Aussi, pleins de courag'e et de lenteur, ils passent

Comme une ligne noire, au sable illimité ;

Et le désert reprend son immobilité

Quand les lourds voyageurs à Fhorizon s'effacent. 20

Enfin, quelle saisissante in7age que celle du Condor qui dort dans l'air glacé les ailes toutes grandes ?

Souvent, à propos des animaux et des forêts, Leconte de Lisle, malgré son impassibilité apparente^ laisse percer ses sentiments personnels : hautaine sérénité de Vàrae, inquiétude mystérieuse de rau-delà, regrets inconsolables du passé. Ainsi dans les Hurleurs, il nous montre, sur la côte africaine, de maigres chiens épars, allongeant leurs museaux, qui aboient lug-ubi^ement ; et il termine ainsi :

Devant la lune errante aux livides clartés, Quelle angoisse inconnue, au bord des noires ondes, Plaisait pleurer une âme en vos formes immondes? Pourquoi gémissiez-vous, spectres épouvantés?

Je ne sais ; mais, ô chiens qui hurliez sur les plages, 5 Après tant de soleils qui ne reviendront plus, J'entends toujours, du fond de mon passé confus, Le cri désespéré de vos douleurs sauvages.

6. C'est un véritable disciple de Leconte de Lisle que J.-M. de Hérédia 18i2-1905), et qui, plus encore que son maître, poussa juscprà la perfection le souci de la heauU'' plastique. Alin de se prémunir contre le défaut essentiel des romantiques, la diil'usion et l ivresse verbale, Hérédia s'est imposé la forme tyrannique du sonnet. Il publia un à un, dans les Revues, et ne réunit qu'en 1893, sous ce titre: les Trophées, ces admir;ii)les petits poèmes, dont chacun est k la fois un tableau, une impression et une pensée.

Comme Cliénier, il s'inspire heureusement de l'antiquité grecque, quand il fait, par exemple, VKpiyraninie finlérnire d'une sauterelle ; en voici la seconde partie :

Ah ! passe vite, ami, ne pèse point sur elle. C'est là. Blanche, au milieu d'une loufTede thym, Sa pierre funéraire est fraîchement posée. Que d'hommes n'ont pas eu ce suprême destin !

Des larmes d'un enfant sa tombe est arrosée, 5

Et l'aurore pieuse y fait chaque matin Une libation de gouttes de rosée.

La Grèce lui inspire encore A'^eniee, c'est-à-dire le combat d'Hercule contre le lion redoutable qui habitait la forêt de Némée.

Depuis que le Dompteur entra dans la forêt En suivant sur le sol la formidable empreinte, Seul, un rugissement a trahi leur étreinte. Tout s'est tu. Le soleil s'abîme et disparaît.

A travers le hallier, la ronce et le guéret, 5

Le pâtre épouvanté qui s'enfuit vers Tyrinthe Se tourne, et voit d'un (jeil élargi par la crainte Surgir au bord des bois le grand fauve en arrêt.

L'histoire romaine est représentée, dans les Trophées, par plusieurs sonnets admirables, par exemple : Soir de hnlaille. Les soldats, harassés par une lutte terrible, sont ralliés par leiu'S tribuns ; ils hument la chaleur du carnage et ses acres j)arf'uins...

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