‹ Les grands écrivains français des origines à nos joursChapitre 204 sur 261 · LUCRÈCE · texte numérisé non relu

LUCRÈCE

Tu me presses en vain ; je veux rester fidèle,

Par mon aïeule instruite, aux mœurs que je tiens crdle.

Les femmes de son temps mettaient loul leur souci

A surveiller ^ou^■ragc, à mériter ainsi

(Jn'on lût sur leur tondjeau, diurne dune lloniaine : '^'^

' l'allé vécut chez elle, et tila de la laine. '

Les doigts laborieux rendent l'esprit plus fort,

Tandis que la vertu dans les loisirs s'endort.

.\ussi, celle qui prend raii;uille de .\Lnerve,

Minerve, applaudissant, l'appuie et la préserve. 00

Le travail, il est vrai, peut ternir ma beauté ;

Mais rien ne ternira mon honneur respecté;

]']t, si je dois choisir injure pour injure,

La ride au front sied mieux qu'au nom la flétrissure.

— C'est assez : le temps passe à tenir ce propos; 05

Quand la lang'ue se meut, la main reste en repos.

Poursuivons notre tâche. — Allons !

[Lucrèce, acte 1, se. i, Calmann-Lévy, éditeur.)

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