‹ Les grands écrivains français des origines à nos joursChapitre 213 sur 261 · O LES GRANDS ECRIVAINS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

O LES GRANDS ECRIVAINS FRANÇAIS

félicité qu'il y cherchait ? L'humanité abreuvée de passions est-elle contente (relle-niênie, et le Dieu qui la legarde du haut d'une croix lui donne-t-il un spectacle de misère qui lui soit inconnu, ou bien est-ce la représentation fidèle de ses maux qu'il a prise sur lui-même pour l'instruire et la rappeler ?

Voyons donc le monde et pesons son bonheur. Voilà des siècles qu'il y travaille. La nature, à la long-ue, n'a rien pu lui dérober de ses secrets ; il les a tous pénétrés, expliqués tous à son profit, et, quant aux passions, il est manifeste que, malg^ré la différence des temps et des mœurs, aucune ne lui a manqué jamais. Le monde est à Tâge d'homme ; on peut lui promettre des siècles plus fortunés que ceux dont il a joui, mais non pas une autre âme. un autre corps, une autre terre ni un autre ciel ; et par conséquent le sort que lui ont fait tous ces éléments de sa vie entre les mains de ses passions ne saurait différer essentiellement du sort qu'ils lui feront dans l'avenir. J'écoute donc le bruit du monde. Comme un pâtre errant, dans une forêt profonde et silencieuse entend quelquefois, sous l'effort du vent qui se lève, un gémissement se produire, ainsi le monde a des voix qui sortent de ses générations, et chacun de nous, enfants perdus de la foule, peut écouter dans sa pensée le bruit de ses pères et de ses contemporains. Quel est-il ? Estce une plainte ? Est-ce un cantique? Dites-le-moi vousmêmes, vous, partie de ce monde, dites-moi le son que rend la vie dans le secret de votre conscience. Mais peut-être en êtes-vous les heureux, et, si vaste que soit cette assemblée, peut-être à cause du rang et de la fortune, n'a-t-elle pas le sens des maux de l'humanité, parce qu'elle n'en a pas le poids. Sortons d'ici, non pour voir l'homme, mais pour le voir dans tout le naturel de sa destinée. Le voilà ! ah ! oui, le voilà ; c'est bien celui que le proconsul romain montrait au peuple, il y a dixhuit siècles, les épaules couvertes de sang et de pourpre,

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les mains liées sur un sceptre de roseau, la lête ornée d'épines tressées en couronne ; je le reconnais. Les siècles ne t'ont pas changé, mon fils ; tu portes le même manteau, le même sceptre, la même couronne, et si la croix ne t'attend plus, c'est que tu n'as pas cessé d'y être attaché.

[Conférences de Toulouse, 1851,

Poussielgue frères, éd.)

2. Autres prédicateurs. — On peut sig^naler encore au xix' siècle : le Père de linviçfnan. jésuite, plutôt discifile de Hourdaloue que de Bossuet: — Sltjr Dnpunloup, cvèque d'Oi'léans, d(jnt les ouvraj^es péda^^'-o^^iques jouissent encore d'une lé^'itinie autorité : — le Père Monsiibrè, doniiuii-riiu ; — le Père Didun, du même ordre.

L'Ej^lise protestante s'honoie éf;alenieut d'un grand nombre d'orfellents pi-édicateurs. parmi lesquels on peut citer: Athanase Coquerel qui prèclia d'abord à Amsterdam, puis, de 1S32 jusqu'à sa mort, à Paris. Ses sermons sont remarqualdes par leur élévation morale et leur onction. — Adolphe Monod est plus véhément. Il unit à la lo^'iquedu raisonnement une imag-ination toute biblicjue,

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