IV. — La politique et le journalisme
I. Sous la Restauration isiô-isso . — La Reslauraliun aAuit l'iabli cil France une ccrlainc liberté politique. Les déliais pai'- Iciuenlaircs, ctoutTés sous rKnipire, prirent une ann)leur et une vivacité inconnues depuis la Révolution. On peut citer à cette époque les noms de : Villèle, Laine, Marliçjnac^du càlc royaliste, — lînifer-Collard, lienjamin (A)nstanl, Manuel, le (jénéral Foj/, du côté des libéraux ; — à part, Chuleaubriaml.
C'est ici qu'il faut placer un des plus liai-dis pamphlétaires de notre temps. Paul-Louis Courier ^1772-1825;, érudiL et Ictlrc, helléniste passionné, mais aussi adversaire irréconciliable du gouvernement de la Restauration. Ses pamphlets sont écrits dans une langue vive, serrée, un peu trop travaillée, mais qui est d'une remaniuable sûreté. — Nous citons de lui deux lettres, l'une politique, l'autre anecdotique.
Un plébiscite impérial (1801).
À Plaisance, le . . mai 1804.
Nous venons de faire un empereur, el, pour ma part, je nvai pas nui. \'oici Thistoire. Ce matin, d'Anthouard * nous assemble, et nous dit de quoi il s'ag'issail, mais bonnement, sans préambule ni péroraison, l'n empereur ou la république, lequel est le plus de votre g^oiit ? comme on dit : rôti ou bouilli, potag'e ou soupe, que voulez-vous? Sa harangue linie, nous voil.'i tous à nous reg'arder, assis en rond. Messieurs, qu'opinez-vous ? Pas le mot ; personne n'ouvre la bouche. Cela dura un quart (rheure ou plus, et devenait embarrassant pour dWn- Ihouard et pour tout le monde, quand Maire, un jeune homme, un lieutenant que tu as pu voir, se lève, et dit : « S'il veut être empereur, qu'il le soit, mais, pour en dire mon a^is, je ne le trouve pas bon du tout. —