V. - Taine
Klè\e de l'Ecole nuriiinlc, professeur de philosophie, Taine quitta de bonne heure l'Université, où la hardiesse de ses idées lui créait des difliculLés. Il venait de publier sa thèse de doctorat sur La Fontaine (18j."ii, ^ju'il remania pour en faire le charmant et vii;oureu\ ouvraj;e intitulé : Aa Fontaine et ses Fables (1860)]. Il donna ensuite : Fssai sur Tile-Live (1855]: histoire de la tiltèralure anglaise (1863) ; Voyage en Italie (J865) ; De L'Intelligence ,ls70 . De J87t) à 1S90, il publie les Origines de la France contemporaine {b vol.)
La méthode i\c Taine est celle de Sainte-Beuve, mais poussée jusqu'à ses extrêmes conséquences logiques, sous l'influence de la philosophie positiviste. Son système est exposé dans la préface de Vllistoire de la littérature anglaise (1863 . Les ouvrages sont, pour Taine, des manifestations de la façon de penser et de. sentir d'une race, à un certain moment, dans un certain milieu. C'est ainsi qu'il étuilie Shakespeare, Milton, Swift, liyron, types représentatifs du génie anglais aux \vi°, xvii*, xviii» et .\ix' siècles. La même méthode, il l'applique à La Fontaine dans sa thèse de doctorat, ù Racine, à lîalzac, à Stendhal, dans ses Fssais de critique. C'est vraiment, beaucoup plus que chez Sainte-Heuve, « l'histoire naturelle des esprits ». Il procétla de même en critique d'art, dans son Cours à l'École des Beaux- Arts, de 1865 à sa mort.
Trop systématique, trop absolu, Taine a le mérite éminent d'a\oir donné plus de pi'ccision scientifique à la criticfue littéraire, qui a toujours une tendance à s'échapper vers le dilettantisme et la dissertation morale. De plus, il a présente ses idées dans un slyle qui, pour être un peu tendu et volontaire, n'est j)aB moins remarquable par la solidité que par l'éclat.