Le Ramayana, poème sacré de l'Inde
êtres à plaindre, à chérir et à consoler. Il en créera s'il en manque. 11 n'v en a pas assez dans la nature ; il en cherche dans le passé, dans la cendre des tond)es, dans la poudre des archives. Ces livres, ces papiers, ces pièces historiques qu'il a tant maniés, s'il les a aimés, c'est que pour lui il en sortait des voix et des plaintes -. Ne vous y trompez pas, c'étaient des âmes, et des âmes malheureuses, qui du Tond- du passé lui disaient : « Nous avons |)einé, pâli ; nous avons été mourants, corvéables, serfs, brûlés comme sorciers, pendus comme misérables ; fais-nous revivre. » Et il en a été touché, et l'histoire a été pour lui « une résurrection ».
Son haut spiritualisme, invincible, vient de là. Pour qui aime, la mort n'existe pas. L'idée de Timmortalité est née sur une tombe. Elle n'est autre chose que l'amour par delà la mort. Michelet croit à l'âme plus qu'à Dieu, encore que profondément déiste. Les théories philosophiques modernes lui étaient pénibles. Quand on lui parlait de Darwin, il disait : « Ah! qu'on me rende mon moi ! >^ qu'on me rende mon âme, et l'âme aussi des autres, tous les cœurs du présent, du passé, de l'avenir que j'aime, que je veux pouvoir aimer. Il ne veut pas qu'on croie que l'histoire est le jeu naturel et fatal de forces aveug^les. Comme il croit à l'âme, il croit à la volonté. Une force libre, homme, héros, femme inspirée, homme de génie, se dresse tout à coup, pense, parle : le cours des temps est chang^é, l'histoire dévie : « Une âme pèse infiniment plus qu'un royaume, un empire, parfois plus que le genre humain. »
Mais surtout c'est aux âmes humbles qu'il croit, comme un homme chez qui la foi se fonde sur l'amour,
2. « Me voilà bientôt vieux, écrivait Michelet: j'ai pardessus mon àgc deux ou trois mille ans. »
H'Iii ij:s grands kcrivains français
et rninoiir sur la pilié. Les soufTraiiU et les frêles non seulement (^lit sa pllic, mais sa confiance et Tabandon (le son cceur ; d'un transport de joie il communie avec eux : « Au tome troisième (de son Jfisioire) je n'étais pas en garde, quand la figure de Jacques dressé sur son sillon me barra le chemin, ligure monstrueuse et terrible... Grand Dieu! cesl là mon père, l'homme du moyen âge ? Oui, voilà mille ans de douleurs ! Ces douleurs, à lin.stant je les sentis qui remontaient en moi du fond des temps... C'était lui, c était moi qui avions soulfert tout cela... » Voilà ceux qu'il aime particulièrement, au milieu de son amour universel; et parce qu'il les aime, voilà ceux qui sont vraiment grands, bons, justes, et qui ont raison, toujours raison.
\ oilà ceux dont il écrit le poème avec amour, dont il décrit la vie comme une pure et charmante idylle (le ménage d'ouvriers au xix*^ siècle dans le Peuple) ; voilà ceux qu'il croit plus clairvoyants et intelligents que les habiles, faisant de la simplicité ']e ne sais quelle surnaturelle lumière et seconde vue.
Enfant malheureux et triste, jeune homme laborieux et concentré, solitaire toujours, du fond de son cabinet et de sa bibliothèque, son âme aimante et naïve, aussi peu avertie et prévenue que possible, débordait sur ce monde qu'elle ignorait, l'aimait de toute la bonté qui était en elle, et, pour faimer mieux, le faisait bon. Nous aimons les êtres et même les choses pour toutes les qualités que nous leur prêtons.
(Etudes littéraires sur le XIX^ siècle, Michelet, Société française d'imprimerie et de librairie.)
A la suite de ces principaux critiques, nous devons citer : Gaston Boissier (1823-1906), professeur au Collège de France, auteur de Cicéron et ses amis, la Religion romaine, les Promenades archéologiques, de... : Octave Gréard (1828-1907), recteur de l'Université de Paris, a étudié de préférence les questions pédagogiques, dans M"'" de Maintenoti, l'Éducation des femmes
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par les femmes, etc.; — Gaston Paris '1830-1005^ fui le maître dos études romanes, par sou reiiiarciuahle ensei^^nement au Gollène de France et par ses ouvrages.
Parmi les critiques vivants; MM, Uenc Douinii", Gustave Lanson, F. StroAvski. etc.