LA RENAISSANCE. - SES CAUSES. - DIVISIONS
1. Définitions. — Dans Ihistoiie do la société française, ou (Ittnne le nom de lienuissance à la période qui s'étend. api)roximativement, de ravèuement de François I" 1^1515), à la luort de Henri IV (1610). — Ce mot de renaissance exprime, par une simple et poétique métaphore, le réveil des lettres et des arts au début du xvr siècle. Ce réveil était nécessaire. Le moyeu iv^c avait eu sa période de jjrand éclat littéraire, philosophique, artistique, aux xii' et xiii' siècles 'seul le //je<i/re se développe plus tard, au xv* siècle). Mais pendant les xiv"^ et xv siècles, tout s'était engourdi et presque flétri. Avec le xvi" siècle, tout se renouvelle. — • (Quelles onl été les causes de ce mouvement ?
2. Causes de la Renaissance française. — On assigne en {général trois causes au mou\xMnenl de la Renaissance française : — les guerres (l'Italie, sous Charles \'1II, Louis XII et François I" : — l'imprimerie ; — la Réforme protestante .
a L'Italie. — Quand les Français enh'eprirent des expéditions en Italie, à la lin du xv" et au début du xvi'' siècle, la Renaissance avait déjà, depuis deux siècles, transformé la patrie de la vieille culture classicjue. Le xiv* siècle avait eu Dante (-J* 1321 , Pétrarque {f 137 l), Boccace [f 1375). Le peintre Criotto i^-j- 1334) avait émancipé l'art italien en le dcgafceaut de l'imitation byzantine. Tous les princes de l'Italie luttaient entre eux de maj^nificence, et faisaient embellir leur cité : ils appelaient à leur cour les grands artistes et les grandît poètes. D'autre part, renseignement des langues classiques anciennes, le grec et le latin, s'y était développe d'une façon à la fois critique et
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littéraii'c : t»n voyait on Italie des /i;/;/iaHt.s<e.s, c'est-à-dire des letti'és qui étiidiaienl l'antieiuité pour clle-in^'me, avec le désir de la comprendre et de la coûter. Les bibliothèques étaient nombreuses et riches. Enfin la vie civile, politique, religieuse de l'Italie était toute pénétrée d'art et de beauté. Les ch3valiers français rapportèrent donc de leurs expéditions le désir d'imiter l'Italie.
]) L'imprimerie. — L'invention de l'imprimerie, attriliuée à Gutenbery. qui lit imprimer à Mayence la première Bible en 1450, ne fut pas seulement un progrès industriel. Les conséquences de cette découverte furent : la fixation des textes, jusqu'alors soumis aux maladresses et aux négligences des copistes : et la diffusion de ces mêmes textes, de^■enus à la fois d'un prix aboidable et indéfiniment nombreux. Chacun put dès lors posséder un exemplaire à lui, conforme à l'exemplaire du voisin; de là une grande facilité pour les étudiants et pour les maîtres.
Cl La Réforme protestante. — Sous certains rapports, la Réforme, nxcc Luther puis avec Calvin, s'oppose plutôt au développement des arts et des lettres. Mais en soutenant le libre exâmen, c'est-à-dire la prédominance du sens individuel sur Vautorité et sur la tradition, la Réforme encourage les esprits les plus hardis à user de la critique et à se détacher du moyen âge.
3. Divisions. — On peut diviser le xvr siècle en deux grandes périodes : a) la première comprend, en poésie, la transition (Marot) et les débuts de la Pléiade jusque vers 1560; en prose. Rabelais caractérise l'ardeur intempérante qui anime les novateurs. C'est le moment où l'on se jette avec une curiosité excessive dans l'étude de l'antiquité ; — /)j La seconde période est plus calme : Ronsard cesse de pindariser : en prose, Montaigne personnifie lapaisement et le choix.
Mais, pour ne point séparer les auteurs et les genres, nous étudierons d'abord la poésie: Marot. d'une part; de l'autre, Ronsard et la Pléiade ; — puis Piabelais, Montaigne, les historiens et les érudits : enfin, le théâtre.