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riroiiter. Sans cloute, la stral<^j;ie v\ la tacti(iue ont li-(t|) ohanj,'c iMUir que les capitaines de nos jours puissent apprendre la lierre dans Monlluc ; mais celte lecture ne leur sera tout de iiit'Mic pas inutile, tant que la bravoure personnelle, l'abnéga- Inmet l'entrain seront des (pialités propies au s(ddat français.
Les femmes de Sienne ^publir en l.i'J:^ .
Iji 1^54, 1a ville de Sienne en It.ilie, soutint un siège de six mois itre les Impériaux. Montluc dirigeait la défense.
Il ne sera jamais *, dames siennoises, que je nimniorlalise votre nom, tant que le livre de Montluc \i\ra;car à la vérité, vous êtes dig^nes d'immortelle il tuante, si jamais femmes le turent. Au commencement de la belle résolution que ce peuple lit de défendre - 1 liberté, toutes les dames de la ville de Sienne se tlt'partirenl - en trois bandes :1a première était conduite p.ir la si^nora Forteguerra, qui était vêtue de violet, et toutes celles qui la suivaient aussi, ayant son accoutiement, en façon d'une nymphe, court et montrant le l)i(^dequin ; la seconde était la signora Piccolomini. velue de satin incarnadin, et sa troupe de même livrée ; l;i troisième était la signora Li.via Fausta, vêtue toute lie blanc, comme aussi était sa suite avec son enseig^nc Manche. Dans leurs enseig"nes elles avaient de belles (h'vises ; je voudrais avoir donné beaucoup et m'en res- -'uveuir. Ces trois escadrons étaient composés de trois mille dames, g^entilles femmes ou bourgeoises ; leurs aimes étaient des pics, des pelles, des hottes et des lancines : et en cet équipage tirent leur montre ^ et allèrent commencer les fortifications. Monsieur de I -rmes, qui m'en a souvent fait le conte, car je n'y 'tais encore arrivé, m'a assuré n'avoir jamais vu de sa \ le chose si belle que celle-là : je vis leurs enseignes '1 'puis. Pelles avaient fait un chant à l'honneur de la
n ne sera jamais, il n'arriv(.Ta jamais. — 2. Se départirent, se par- •rent. — :î. Monstre, montre, p.Trade, revue.
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KiMucc, lorsqnelles allaient à leur forlilication : je voii(ir;iis avoir doimô le meilleur cheval que j'ai, et lavoir -^ pour le mettre ici.
\i[ puisque je suis sur Ihoniieur de ces femmes, je veux que ceux qui viendront après nous admirent et le courage et la verlu d'une jeune Siennoise, laquelle, encore qu'elle soit fille de pauvre lieu, mérite toutefois être mise au rang plus honorable. J'avais fait une ordonnance au temps que je fus créé dictateur, que nul, à peine d'être bien puni, ne faillît d'aller à la garde à son tour. Cette jeune iille, voyant un frère, à qui il touchait ' de faire la garde, ne pouvoir y aller, prend son morion '' qu'elle met en tête, ses chausses ' et un collet de bulle, et avec son hallebarde sur le col, s'en va au corps de garde en cet équipage, passant, lorsqu'on lut le rôle ^, sous le nom de son frère; fit la sentinelle à son tour sans être connue, jusques au matin que le joui* eût point ^. Elle fut ramenée à la maison avec honneur. ( Coinmcnfaires. livre II.)
'2. Agrippa d'Aubigné (1552-1630). — Nous avons vu, au chapitre de la poésie, que d'Aubigné avait laissé une œuvre en vers très remarquable, les Tragiques. Vers la fin de sa vie. retiré à Genève, d'Aubigné voulut servir la cause du protestantisme pour laquelle il avait si vaillamment combattu, en racontant les événements auxquels il avait été mêlé- Il rédigea une Vie à ses enfants (ouvrage appelé parfois ses Mémoires), qui est une sincère et complète autobiographie, curieuse pour la connaissance d'un caractère ardent et généreux jusque dans se!> erreurs. Puis il fit paraître une Histoire universelle, qui est à vrai dire une histoire du parti protestant de 1550 à 1601.
On aura une idée de la manière animée et parfois un peu confuse de dAubigné historien, en lisant l'anecdote que voici.
4. Avoir ce chant. — o. Touchait, tiorit c'était le tour. ^ 6. Morion, casque, sorte de calotte d'acier surmontée d'un cimier. — 7. Chausses, culottes. — 8. Rôle, liste.- - 0. Point, participe passé de poi'ndre.
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Un épisode de l'enfance de d Aubigné (1G25).
'Aubignc a raconto sa l'if à sfs enfant^:, en parlant do lui à la troisième personne. — Il venait de quitter Paris avec son précepteur Bcroaldc et un certain nombre de protestants comme lui, pour échappera la persécution, quand ils furent tous faits prisonniers. — le petit d'Aubignc avait alors dix ans.
Le rhevalicr d.Vchan. (jui ;ivall là cent chevaiilégers, les arrêla prisonniers, et aussitôt les mit entre les mains dim inquisiteur ' nommé Democares. Aubi- ^né ne pleura point pour la prison, mais oui bien quand lui ôta une petite épée bien arp^entée et une ceinture à fers d'argent. L'inquisiteur l'interrogea à part, nnn sans colère de ses réponses : les capitaines qui lui voyaient un habillement de satin blanc, bandé de broderie d'argent, et (juelque façon qui leur plaisait, l'amenèrent en la chambi-e dWchon, où ils lui firent voir que toute sa bande était condamnée au feu, et que il ne serait pas temps de se dédire^ étant au supplice : il répondit que Thorreur de la messe lui 6tait celle du feu. Or y avait-il là des violons ; et, comme ils dansaient ^, Achon demanda une gaillarde ' à son prisonnier, ce que n'ayant point refusé, il se faisait aimer et admirer à la compagnie, quand l'inquisiteur, avec injures à tous, le lit ramener en prison. Par lui Héroalde averti que leur procès était fait, se mit à tâler le pouls •' à toute la compagnie, et les fit résoudre '' à la mort très facilement. Sur le soir, en apportant à manger aux prisonniers, on leur montra le bourreau de Milly qui se préparait pour le lendemain. La porte étant fermée, la compagnie se met en prières, et, deux heures après, vint un gentilhomme de la troupe d'Achon, qui avait été moine, et qui avait lors en garde les prisonniers.
1. Inquisiteur, jugo occ-lt'siastiqm;. — 2. Se dédire, abjurer. — 3. Us, 4'.\chun tU ses ;uni;«. — 4. Gaillarde, ar>cienne dansf française. — 5. Tâter U pools, au (i^nré ; (éprouver les intentions. — n. Les fit résoudre, se résomJrc