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famille se ruinant p<»ur ses enfants, niarf,''uillier de sa paroisse à Houen, il est tout roj>posé d'un i)oète romantique. Il est seulement grand par leN/)/'// << qu'il axait sublime », dit La Hruyèi'e.
8. La poétique de Corneille. — On peut ramener à (piehpies traits essenlii'ls le s> slènie di-amatitpie de Corneille :
n Respeel des trois unilès. niais il en coûte parfois cpielque chose à la vraiseinhlunce. Ainsi /.e Cid contient trop d'incidents pour viuf't-quatre heures ; Tunité de/fe», dans Cinna, doit être étendue à tout le palais dAuyuste ; et l'on peut discuter suil'unité cVaction cVHonue.
b Corneille choisit en j^énéral ses sujets dans Vhistoire. parce cjue l'histoire (telle qu'on l'écrivait jadis) n'eni'e{j:isti'e que les uraniles actions et même les actions extraordinaires : il écarte à la fois le merveilleux et le banal, et s'arrête à ces éclatantes et rares manifestations de réneri^ie humaine que l'on pourrait croire invraisemblables si Vhistoire ne nous en assurait la réalité et l'authenticité. — Coi-neille est attiré tout particulièrement par l'histoire romaine Horace. Cinna, Polyeiictp. Pompée Micomède, Sertorius, Sophonisbe., Othon, Tite et Bérénice) ; nulle histoire, en effet, n'est plus héroïque ni plus traçfique.
c) Corneille ne se contente pas de choisir dans l'histoire un sujet extraordinaire, il le renforce, il le complique, pour donner plus de mérite à ses héros. Hors de l'ordre commun, il leur fait des fortunes {Horace.) On i)eut étudier à ce point de vue l'action du Cid, d' Horace, de Nicomède : le personnage piincipal, à peine sorti d'un danger, tombe dans un autre.
d) On a dit (La Bruyère) que Corneille peint les hommes comme ils devraient être. En efl'et, le poète en fait des héros de la volonté. De grands sentiments les animent : le devoir filial
Rodrigue), l'honneur (Don Diègue), le patriotisme (Horace, Nicomède), la clémence (Auguste), l'amour de Dieu (Polyeucte), la fidélité conjugale Pauline, Cornélie),etc... L'anioj/r lui-même qui. chez Racine, trouble le cœur et la raison, laisse aux héi-os de Corneille toute leur clairvoyance ; ils savent le subordonner à des intérêts plus grands, et mettre d'accord leur honneui- et leur passion. Parfois même (dans ses dernières pièces\ Corneille réduit l'amour à n'être plus qu'un ornement, et alors il tombe dans la galanterie précieuse et romanesque.
e) Enfin le théâtre de Corneille est moral: X'oliairc a j)u dire que c'était une « école de grandeur d'âme ». — En efl'et, chaque pièce pose un problème moral ou un cas de conscience ; le héros y est placé entre deux devoirs qui d'abord le sollicitent également; peu à peu la volonté raisonnée fait son choix, et ce choix est toujours n(d>le et désintéresse; enfin, inême frappe dans son amour ou pvctt de perdre la vie, le héros n'a ni remnpdo ni faiblesse ; « il le ferait encor s'il avait <\ le faire. "
20r) IFS CRANOS ECRIVAINS FRANÇAIS
!». Style de Corneille. — II n'est pas de lanj^uc plus solide que celle clo (!ornoil!e; sou vocabulaire est riche el d'une singulière propriété. Son style est celui d'unondenr plut("it que d'un poêle, en ce sens que ses personnages riiisonnçnl sans cesse et se répondent avec autant de méthode que de subtilité. Mais ce style est aussi dramatique, parce que chaque réplique fait avancer rnction en dével(»ppant les motifs des personnages et en provo([unnl des sentiments contraires, l^nlin. même dans ses moins bonnes pièces. Corneille est un admirable versificateur ; rien n'égale la \iguour el la souplesse du vers cornélien.
ÏV. —Les contemporains de Corneille.
Le plus célèbre dos poètes tragiques contemporains de Gorr neille est Rotrou.
Rotrou ]609-ir)j0 uaquit à Dreux; il mourut héro'iquement dans la même ville, où il avait été rejoindre son poste de lieutenant-criminel pendant une épidémie. Enrôlé par Riclielieu dans ses cinq auteurs^ il fut l'ami de Corneille et donna, de 1636 à 16i9, un assez grand nombre de tragédies, tragi-comédies et comédies. Venceslas et Saint-Genest sont ses chefs-d'œuvre.
Venceslas (1645).
Cette pièce est imitée d'un drame espagnol de Francisco de Rojas : On ne peut être père et roi. — "Venceslas est roi de Pologne; il a deux tils, Ladislas et Alexandre. Celui-ci est fiancé secrètement à une princesse nommée Cassandre. Ladislas, qui aime Cassandre, la croit aimée de Frédéric de Courlande, premier ministre, et il en éprouve une jalousie atroce. Une nuit, il poursuit et frappe dans l'ombre un personnage qu'il prend pour Frédéric; c'est sou frère qu'il tue. Arrêté et jugé, il vient, dans la scène que nous citons, demander à son père quel est son tort.
LADISLAS
M"annoncez-vous, mon père, ou ma mort, ou ma grâce ?
VENCKSLAS
l^mbrassez-moi, mon fils.
LADISLAS
Seig^neur, quelle bonté, Quel elTet de tendresse et quelle nouveauté !
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VENGES LAS
Savez-vous de quel san^»^ vous ave/, pris naissance?