‹ Les grands écrivains français des origines à nos joursChapitre 84 sur 261 · I.ADISLAS · texte numérisé non relu

I.ADISLAS

Si je ne les produis, J'en ai les sentiments.

VENCESLAS

Enfin d'un j^rand elfort vous sentez-vous capable?

LADLSLAS

Oui, j)uisc[ue je résiste à l'ennui cpii m'accable.

Va qu'un elïort mortel ne peut aller plus loin. 10

VENCESLAS

Armez-vous de vertu, vous en avez besoin.

LADISLAS

S'il est temps de partir, mon âme est toute prête.

VENCESLAS

L'échafaud l'est aussi, portez-y votre tète.

Plus condamné que vous, mon cteur vous y suivra :

Je mourrai plus' que vous du coup qui vous tuera. 15

Mes larmes vous en sont une preuve assez ample :

Mais à ri^tat enfin je dois ce g'rand exemple,

A ma propre vertu ce généreux ellort,

Cette grande victime à votre frère mort.

J'ai craint de prononcer autant que vous denlendre '20

L'arrêt que mon de\oir me comnuindait de rendre.

9. Ennal, sons beaucoup plus fort au xvn* siôclc qu'aujourd'hui. Racine fait dire It Oresle (Andromaque, I, 1 : ... Trainer de mers en mers ma chaîne et mes ennuis. L'étymolog-ie est le lalin in odium). — 10. Mortel, humain (sens latin).

'2(IS (,i:s (IKANDS KCinVAINS IHANÇAIS

Pour ne vous perdre pas j'ai lon^lenips combattu ;

Mais, ou l'art de réjL,'^ner n'est plus une vertu,

I']t c'est une chimère aux rois que la justice,

Ou, rég-nant, à l'i^ilat je dois ce sacrifice. '2Ô

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