Sage nu sens de prudent , urisi
O LES (iRANDS ECKHAINS FRANÇAIS
lier, et l'archevêque Turpin, qui a béni les corps des pairs rangés devant lui par Roland. Enlin cel.ii-ci reste seul. Les païens se sont enfuis. Mais Roland va mourir. On chercherait en vain, dans toutes les épopées anciennes et modernes, une scène aussi saisissante en sa sublime simplicité : un héros se bat depuis le matin contre des milliers d'ennemis ; il survit seul à tous les siens ; il est resté maitre du champ de bataille ; il paye de sa vie cette victoire insensée. Dans le décor romantique de Roncevaux, dont le val s'emplit d'ombre, Roland isolé prend de gigantesques proportions. Mais surtout, nous sommes arrivés au moment où ce n'est plus seulement par ses gestes, ses exploits, ses bravades qu'il se fait connaître ; son rôle est fini ; face à face avec la mort, il va nous révéler le fond dé son âme.
Roland senl que la mort s'approche de lui; ...Il prit Tolifant, atin qu'on ne puisse lui reprocher (de l'avoir laissé aux païens) et son épée Durandal dans l'autre main. A la portée d'un trait d'arbalète, il marche vers l'Espagne, en un guéret; au sommet d'un terlre, sous deux beaux arbres, il y a quatre perrons^ de marbre. Sur l'herbe verle, il tombe à la renverse.,.
(Ici un Sarrasin se glisse vers Roland, et tente de lui enlever son épée. Roland revient à lui, et l'assomme avec son olifant.)
Roland sent qu'il a perdu la vue ; il se dresse sur ses pieds, et s'évertue tant qu'il peut ; son visage a perdu sa couleur. Devant lui, il y a une pierre brune ; il y frappe dix coups, avec douleur et colère : l'acier grince, mais ne se brise ni ne sébrèche.
Et le comte dit : « Sainte Marie, à l'aide 1 Eh I Durandal, brave épée, comme vous êtes malheureuse ! Maintenant que vous ne m'êtes plus utile, je n'en ai pas moins souci de vous. Avec vous j'ai gagné tant de batailles en plaine, et j'ai combattu dans de si vastes pays, que possède Charlemagne à la barbe blanche ! Puisse ne pas vous posséder un homme qui fuit devant un autre ! Un si bon chevalier vous a longtemps tenue ! Jamais il n'y en aura un pareil dans la libre France. »
Roland frappe sur le perron de sardoine - ; l'acier