‹ les grands ecrivains francais rutebeufChapitre 25 sur 57 · L. CLÉDAT. — Rutebæuf. Fi · texte numérisé non relu

L. CLÉDAT. — Rutebæuf. Fi

entreprise en 1285 par Philippe le Hardi pour appuyer les droits que son fils Charles tenait d’une donation pontificale. L'année précédente en effet, le pape Martin IV (Simon de Brie) avait répondu aux Vêpres siciliennes en donnant l'Aragon à Charles de Valois. Il avait à cette occasion imposé une dîme au clergé de France, dont Rutebeuf soutient les intérêts en attaquant l’avarice de la cour de Rome, ce qui ne l'empêche pas de prodiguer ses sarcasmes habituels à ceux dont il prend la défense et de les accuser aussi de convoitise. Les chevaliers ne sont pas oubliés. Dans la Chanson de geste d’Aspremont on voit Charlemagne triompher d’'Agolant, roi païien : d’Aspremont, et de son fils Eaumont : « Les Eaumont et les Agolant, dit Rutebeuf, ne trouvent plus de Charles pour les vaincre ». fei la satire atteint le roi lui-même.

La pièce débute par une courte introduction.

Un matin de mai, dans un jardin, sous une aubépine, Rutebeuf trouve un petit livre en parchemin,

d'auteur inconnu, auquel il donne ce titre : /a Vie du monde.

S'il vous plait, écoutez, et je le vous lirai.

Après ce préambule commence le poème annoncé, divisé en strophes de quatre alexandrins :

Sainte Eglise se plaint, et ce n’est point merveille, Chacun à guerroyer contre elle se prépare;

Ses fils sont endormis, pour elle nul ne veille : Elle est en grand péril si Dieu ne la conseille,

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