‹ Les grands enterrementsChapitre 3 sur 21 · OBSÈQUES DE SARCEY · texte numérisé non relu

OBSÈQUES DE SARCEY

il y crut profondément, de là son action : la force est aux croyants.

Mais cet élément de puissance se fortifiait encore d un optimisme paisible et large qui lui faisait 1 rouver dans le succès une raison suffisante au mérite. Nous autres, qui, dans la vie ou dans les couloirs du théâtre, nous tenons un peu à l'écart, laissant passer devant nous le flot noir et pressé des barbares, les foules ingénues et violentes, nous sommes bien plutôt disposés à trouver blessantes pour notre sensation les sensations de tous. Tout au moins cherchons-nous pour cette sensation un autre point d’appui que le goût de M. Tout-le-Monde.

Loin de connaître cette défiance, Sarcey s’abandonnait avec sécurité aux jugements de la foule: il se contentait de lui expliquer à elle-même les raisons de sa propre préférence. Nul mieux que lui n’excella à débrouiller les motifs secrets de cette psychologie complexe qui est celle d’un public. 11 a donné une conscience à la foule : elle l’a récompensé en lui accordant la popularité.

Nous ne saurions clore cette trop courte élude en disant que Sarcey fut le type même du grand critique, — du grand critique il y a 25 ans...

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