DISCOURS DE M. JULES CLARETIE
La première fois que je vis Sarcey, il y a vingt ans — déjà ! — c’était à Viroflay. Il me fut amené un jour par notre ami commun Emile Bergerat.
AL ! qu’on était joyeux alors ! Les lilas étaient en fleurs, la vie, légère, ne pesait pas sur nos épaules, nous la respirions avec confiance dans les émanations exquises de cette atmosphère embaumée. Ap rès le déjeuner, nous fîmes une promenade sur la route de Meudon. Le soleil brillant et clair semblait se faire le complice de notre débauche amicale. Bergerat faisait des moulinets avec sa canne, en lançant des mots d’esprit. Sarcey marchait de ce pas lourd et assuré qui était déjà une promesse, — si bien tenue depuis.
Son précoce bon sens lui avait acquis une si-