LIVRE PREMIER
feuille de la marine, refusa de faire partie du cabinet dont le général de Bourmont était membre. On dut appeler pour le remplacer le baron d'Haussez, préfet de la Gironde. Il fallut les supplications du roi, presqu'un ordre pour obliger M. de Chabrol à accepter les finances. Enfin, M. de Chateaubriand, ambassadeur de France à Rome, donna sa démission et nulle instance ne put le décider à la retirer. Le préfet de police, des membres du conseil d'état, d'autres fonctionnaires, l'imitèrent. C'est sous ces tristes auspices que le ministère Polignac prit possession du pouvoir. A dater de ce jour, les périls éclatèrent pressés et menaçans. Les hommes les plus modérés, M. Royer- Collard en tête, passèrent à l'opposition et ceux qui s'étaient, dans le ministère précédent, rapprochés du gouvernement, à l'exemple de M. Casimir Perier1, s'en éloignèrent, irrités et déçus.
L'Empire le fit administrateur du trésor et conseiller d'état, la Restauration, ministre des finances. En 1832, en quittant ce ministère qu'il occupait pour la troisième fois, il fut nommé pair de France. Il était d'allures peu engageantes et d'une franchise qui allait à la brutalité. C'est lui qui répondait à des solliciteurs : « Que me voulez-vous? Vos conseils? je n'en ai que faire; des dénonciations? je ue les écoute pas; des places? je n'en ai qu'une à votre service, c'est la mienne; prenez-la si vous la voulez. » C'est également lui qui disait souvent ces mots célèbres depuis : « Faites-moi de la bonne politique, je vous ferai de bonnes finances. »