CHAPITRE IV
DA\S UN TERRIER d'eSQUIMAUX.
Description d'une iglou, — Illamma, — Réception peu hospitalière de Noulloumailok. — Aménité des dames. — Un quiproquo plaisant. — Confort des habitations esquimaudes.
Que d'événemenls singuliers, que de choses bizarres venaient de se passer, dans une quinzaine de jours seulement, pour un Français accouru des bords de la Méditerranée ! Que de sujets d'observations et de remarques pour un ethnographe! Que de matières à réflexions pour un penseur !
Je me trouvais presque subitement transporté en face du peuple le plus reculé et le plus abandonné de la terre, au milieu de la nation la plus voisine du pôle nord, la plus paradoxale, la plus étrangère à nos croyances, à nos coutumes et à nos mœurs.
Sans contredit, j'étais parmi les plus pauvres, les plus méprisés et les plus disgraciés des hommes, et cependant je trouvais beaucoup à amender dans mes jugements à leur encontre. J'avais déjà lu toutes les relations des explorateurs arctiques qui m'avaient précédé, des savants^ des hommes de génie dont les découvertes ont enrichi la géographie et l'ethnologie. Depuis mon enfance j'étais familiarisé avec le peuple esquimau. Je croyais en connaître les coutumes, les aptitudes, le portrait, le genre de vie; et cependant je ne savais rien, par
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