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Majesté , à Londres. Une société d’amateurs avait fait les fonds de cette grande affaire. Balfe dirigeait l’orchestre. On s’était assuré le concours des mucisiens les plus illustres, des chanteurs les plus célèbres, des compositeurs les plus renommés. Sans négliger la musique moderne et populaire, on exécutait les plus beaux chefs-d’œuvre de Mozart, de Haydn, de Beethoven. Jamais le public anglais n’avait été convié à pareille fête.
Tout à coupM. Jullien annonce qu’il va, lui aussi, donner des concerts nationaux dans la salie de Drury- Lane, et qu’il vient d’engager à cet effet quarante tambours, choisis parmi les douze légions de la garde nationale de Paris, lesquels artistes exécuteront sur leur instrument la Marseillaise et le God save the Queen, avec un remarquable ensemble, et sous la direction du plus grand tambour-major de la grande armée de Napoléon le Grand !
Il n’en fallut pas davantage pour que la foule désertât sur-le-champ Beethoven et Mozart, M. Balfe et ses chanteurs, pour les quarante tambours de Jullien. La salle deDrury-Lane s’est trouvée trop étroite, et l’on ne voit sur les murs de Londres que le portrait du tambour-major du grand Napoléon .