‹ Les grands GuignolsChapitre 20 sur 34 · REPRISE DE LA JUIVE S · texte numérisé non relu

REPRISE DE LA JUIVE S

royaume qui lui appartient. Je n'ai donc pas à la rassurer ni à lui donner courage : elle en a plus qu’il n’en faut. Je dois plutôt la mettre en garde contre sa trop grande assurance. Ses intonations sont souvent douteuses, et ce qu’il y a de plus frappant dans ce défaut

qu’on a l’habitude d’excuser par Y émotion inséparable

d’un premier début , c’est que M lle Poinsot ne le doit pas au trouble qu’elle éprouve, mais à son excès de confiance. Elle fausse, parce qu’elle veut fausser, parce qu’il lui plaît, pour faire acte de supériorité et d’indépendance, de forcer sa voix, qui est assez puissante pour se passer de toute exagération. A cela près, M lle Poinsot réunit des qualités que depuis longtemps on n’avait pas rencontrées chez une débutante.

Elle a de l’intelligence, de Pâme, de la chaleur, de la passion. Elle a bien dit, et mieux encore joué son air: Il va venir 1 Elle a été fort souvent et fort justement applaudie.

Notre bon Levasseur a bien voulu reprendre, pour la circonstance, le rôle du cardinal, et M“<> Nau, toujours gracieuse et distinguée, a été vivement goûtée dans celui d’Eudoxie.

— La semaine a commencé par une matinée litté-

raire et musicale donnée au profit de \ Œuvre d c Saint-Pierre, et s’est terminée par une matinée musicale et littéraire donnée ,au profit de l’Œuvre des

Saints- Anges. Dans la première de ces matinées, M. Delaunay de la Comédie-Française, M me Lambquin du Vaudeville, et M lle Luther du Gymnase, ont joué un charmant proverbe de M me Berton; dans la seconde, Mile Rachel a bien voulu dire un acte de Polyeucte et un acte de Phèdre, avec cette puissance d’expression qui n’a pas .besoin du prestige de la scène et du costume pour émouvoir et

charmer les spectateurs.

Qu’il me soit permis d’expliquer, en quelques mots, quel est le but de l’Œuvre des Saints-Anges. Parmi les établissements sans nombre consacrés, par la charité parisienne, aux enfants malheureux, il manquait une maison qui pût accueillir et protéger de pauvres petites filles privées de père ou de mère, à l’âge où la crèche ne peut plus les recevoir-.

Cette lacune a été comblée, il y a cinq ans, par M me Manuel. L’Œuvre des Saints- Anges , dont jfme p au i Dubois est aujourd’hui présidente, reçoit les jeunes orphelines de deux à huit ans, et les garde

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