‹ Les grands GuignolsChapitre 25 sur 34 · XXI · texte numérisé non relu

XXI

LE TRE NOZ/.K. — LES TROIS ÉLÈVES DE M. DE BÉRIOT. — LES TROIS MESSES DE MM. ADAM, NICOll- CHORON, PANSERON. — NIGOLO ET LA SECTION MUSICALE.

Il a été permis, de tout temps, aux libretti, d’être absurdes, et même d’abuser de la permission. L’auteur des Tre Nozze n'a point voulu déroger à cette louable coutume. Il ne faut pas le chicaner pour si peu. Et d’ailleurs pourquoi se donner la peine d’écrire une pièce en italien? Est-ce qu’on fait attention aux vers de Romani? Il n’y a pas dix personnes dans la salle, y compris les acteurs, capables de saisir la différence qui existe entre une langue et un patois. Ce qui m’étonne un peu, c’est que M. Ber-

rettoni ignore absolument le pays qu’il met en scène, et qu’il ne se soit trouvé personne, parmi les artistes, pour l’avertir des bévues, des anachronismes et des contre-sens où il tombe à chaque instant. Le rideau • se lève sur une vue de Naples: c’est du moins le livret qui le dit. Où sommes-nous ? A Santa-Lucia, au Molo-Piccolo, au Pennino, au Lavinajo, au Mandraechio? Je n’en sais rien. Ce n’est pas Naples, je vous jure. On m’a changé ma ville, et mes places et mes rues. Je vois bien dans le fond la crête d’une montagne qui affecte des airs de Vésuve nullement justifiés, je vois le golfe ou quelque chose d’approchant. Mais à quelle époque, et sous quel régime, la populace napolitaine a-t-elle été si bien vêtue, si bien poudrée, si bien chaussée? Est-ce là des lazzaroni, des frullajoli et des vajasse? J’en appelle à Lablache !

A la droite du spectateur, j’aperçois une baraque où l’on montre l’ours et autres bêtes féroces. Ah!monsieur Berrettoni, si vous aviez jamais été à Naples, vous ne feriez point à notre ours cette injure de le classer parmi les bestie feroci. Notre ours est plus poli, mieux élevé que cela ; il n’attend pas le monde dans sa baraque; il n’a poipt de donaicile; il fïtit

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