‹ LES GRANDS HOMMES CESARChapitre 10 sur 19 · CHAPITRE SBPTIÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE SBPTIÈMB

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Le consulat de Pompée et de Crassus expirait.

Annius MiloD, Plautius Hypsœus et Metellus Soipion se présentèrent pour briguer 1« consulat.

Clodîus se présenta , lui , pour briguer la préture.

Nous l'avons dit, la préture était la magistrature que l'on sollicitait quand on était ruiné.

Un homme qui sollicitait la préture, c'était un homme qui disait à ses créanciers : — Décidément, je me range, donnez-moi votre voix et je vous payerai, aux dépens de mes administrés, intérêt et capital.

Oh sàîl l'inimitié qui existait entré Mi- Ion et Clodius.

Clôdius comptea&it une chose : c*ést que sa préture serait nulle si Milon était Côûsùl.

EN ROBE DE CHAMBIlï 15S

Aussi commeoça-t-il de saper la candidature de Miion, et de soutenir celle de Scipion et d'Hypsœus.

Alors les scènes de meurtre et dlnoendie que nous avons racontées se renouvelèrent.

€es &oènes rompaient à chaque instant les oomices, de sorte que Ton arriva au mois <le janvier 9aD& qu'il y aûfc ni consuls m préteura élus.

Les honnêtes gens étaient pour Milon ; le peuple^ remarquez que, dans Tanliquité, on sépare toujours le peuple des honnêtes gens, le peuple était pour Hypsœus et Scipion.

Le sénat, voyant que rien ne finissait, nomma un Interroi.

150 LES GIUNOS HOMMES

Cet interroi était M. Émilius Lepidus.

Qn'était-ce qu'un interroi?

Nous allons vous le dire.

Quand, par Topposition des tribuns ou à cause d'augures défavorables, les comices sont ri^tardées assez longtemps pour que les consulîf ne se trouvent pas élus au commencement de l'année, il y a en ce cas ce que l'on appelle un interrègne, attendu que les consuls quittent leurs fonctions sans avoir de successeurs.

Le sénat alors pourvoit au gouvernement en créant un interroi-

L'interroi est un magistrat dont le pou-

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voir, égal à celui des consuls, ne peut durer que cinq jours.

Il assemble les comices, les préside, et remet le pouvoir aux consuls dès qu'ils sont élus.

Au bout de cinq jours, si les consuls ne

sont pas élus, on nomme un autre interroi.

Voyez Tite-Live, et il vous dira qu'il arriva une fois que le pouvoir consulaire demeura pendant cinquante-cinq jours entre les mains de onze interrois consécutifs.

Or, le lendemain du jour où Émilius Lepidus venait d'être nommé interroi, le xni des calendes de février, 20 janvier du calendrier moderne, Milon, se rendant à La-

iT)É LES GRANDS UQMMES

nuvium, ville municipale dont il était dictateur, afin d'y élire un flamine, rencontra, vers la neuvième heure du jour, c'est-àdire à trois heures de l'après-midi, CIodîus qui revenait d'Aricie, et qui s'était arrêté près du temple de la Bonne Déesse, bAtîi comme nous l'avons dit, pur la vestale Claudia Quinta, pour parler au déourion des Ariciens.

* Qodius était <^ cheval. Trente esclaves le suivaient armés d'épées. A ses côtés étaient un chevalier romain, Cassidius Schola, et deux plébéiens, deux hommes nouveaux, deux manants, P. Pomponius et C. Godius, son neveu.

Milon, lui, voyageait en char. Il avait,

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par tffi chemin de traverse, rejoint la w« Appis!^ ô Tendroit à peu près où s'élève au- Jourd'hui le village de Genzano. 11 avait «uîtî la vh Appiû, et, de cette façon, il se trouvait, un peu au-dessous d'Albano, croisant Clodius.

11 avait ave<*/ lui sa femme Fausta, et Jl» Tufîus, son ami. Sa suite en esclaves était du double au moins de celle de Clodius. Il avait, en outre, une vingtaine de gladiateurs, et parmi eux, deux hommes renommés pour leur force et leur adresse, Eudamus et Birria.

Èudamus et Birria marchaient les derniers, formant Tarrièrfe-garde. Ils engagèrent une rixe avec les esclaves de Clodius.

Godius, entendant du bruit, accourut. On connaît Clodius. Il s'avança, menaçant les deux gladiateurs. L'un des deux lui porta un coup de lance qui lui traversa Tépaule.

Clodius, grièvement blessé, tomba de cheval.

Les deux gladiateurs, ne sachant s'ils avaient bien ou mal fait, se hâtèrent de rejoindre Tescorte de Milon.

Pendant ce temps, les esclaves de Qodius le portaient dans une taverne.

Les deux gladiateurs, se retournant pour s'assurer qu'ils n'étaient pas poursuivis, avaient vu dans quelle taverne on avait porté Clodius.

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Milon s'aperçut d'un certain trouble dans son escorte. On chuchotait, on regardait en arrière. Les uns riaient, les autres semblaient craindre.

Il demanda ce qui se passait.

Le chef des esclaves s'approcha alors du char qui s'était arrêté et raconta à son maître qu'un gladiateur venait de blesser grièvement Glodius, lequel avait été transporté dans une taverne.

Et du doigt il lui montra la taverne.

Milon réfléchit un instant.

— Puisqu'il est blessé, dit-il, autant vaut qu'il meure. Il ne m'en arrivera point pis, au contraire.

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Bt s'adresBant aa chef de ses esotavits

-- Fufitenus, 4Uh1, prends ^ Hiqmn l»

hommes, force la taverne et arr^fe-rtol de façon à ce que Clodius soit achevé dans la mêlée.

Fastenus prit les cinquante esclaves, partit et se mit à la recherche de Clodius.

Celui-ci s'était caché, mais AistMttk chercha si bien qu'il flnU parie 4é€0iM«^.

Dix minutes après, un cadavre gisait sur

la voie Âppiânae te Cftce «owvéd ^^tre terre.

Milon, bien entendu, ne i$'étûit pas arr^ là pour voir l'exécution. U »wii o^xiliwé

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son chemin, s'en rapporlant parfaitamQDt à Fuslenus.

On voit que celui-ci en effet n'avait point trahi ^a confiance.

Un sénateur, Sextus Tsedius, revenait de la campagne à Rome. Il vit un cadavre sur la grande roule, descendit de sa litière, examina le cadayrtf et le reconnut pour celui de Qodius.

Alors il fit mettre le cadavre dans sa litière, et, marchant à pied, le ramena à Rome.

Clodius, exproprié des maisons de Cicéron, avait acheté à Scarus une espèce de palais sur le mont Palatin.

I4i LES 0R4NDS HOMMXS

Ce fut là que Sextus Tœdius. déposa le cadavre.

A la première nouvelle de révénement, Fulvie accourut.

Comme tous les mauvais sujets, Clodius était adoré des femmes, et particulièrement de la sienne.

Fulvie jeta les hauts cris, et parut sur le seuil de la maison, s'arrachant les cheveux, se meurtrissant le visage, et mon* trant le manteau ensanglanté.

En un instant, la maison fut encombrée de gens du peuple. La mort de Clodius avait ravivé sa popularité.

Tout cela se passait le soir même du

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meurtre. Le corps était arrivé au Palatia vers la première heure de la imit, c'estràdire à six heures du soir.

La nuit se passa en lamentations de la part de Fulvie, et en projets de vengeance de la part des clients de Qodius.

Le lendemain, au point du jour, la foule

augmenta. Six ou huit mille hommes du

peuple se pressaient autour de la maison,

et se pressaient si bieo, que trois ou quatre

personnes furent étouffées.

Au milieu de cette foule étaient deax

tribuns /du peuple, Munatius Plancus et Pomponius Rafus. D'après leurs exhortations, la plèbe enleva le cadavre et le porta nu, encore chaussé, dans l'état enfin oii il

ji

éféit ^àftd bti tedéposti Silr -le Kl pWtf

disons-nous, aux i'ôsffes, ira Waficms et Rufus, partisans de Clodius, commencé-

renl d'animer, pçir leurs déclamations, le

peuple contre le meurtrier.

Alors les artisans, le peuple, les esclaves, à qui tant de fois il avait promis la liberté, prirent le corps et le descendirent a la Wie îiostilia, où ils le brûlèrent en improvisant un bûcher avec les bancs et les

tables des tribunaux et du sénat.

Le bûcher fut allumé avec les cahiers des écrivains-libraires.

Il faîsMt du Vèiit, le bûcher iticendia fe curté, de là tîurie lé fêû se comtntittïqaâ à

EN ftOblf Ùt CHAMfiRÉ iiX

cette fofttetiâè btf9ilk|titt' P(yrcitf (faè €aW«

fléfiatië.

Toutes deux furent brûlées.

De Ihf li^aCanatiques coururent assiéger la maison de Milon et celle de Tinterroi;

, Milon élail absent. Cçntre lui c'était un acte pur et sijuple de vengeance.

ÉèilSy dôiïtrë Lépidus, c'était nti èide éé pdlitîqilé. Ôtt Voulait le tatdét' d'cfsséiïiMét les comices et profiter de Tirritatioà qui Sd manifestait contre Milon pour emporter d'assaut la nomination de Scipion et d'Hipsœus.

Mais Lépidus ne se laissa poïnt- intimi-t

^eFi. il fercoa se3.porte$9 rassembla ses esclaViBS^ ses servi^urs^ lagarde qui lui était accordée comme interroi, se mit à leur tète et repoussa les assaillants à coups de flèches.

Une douzaine resta sur le champ de bataille. '

. •■ ' " Ce que voyant les autres, ils revinrent

au Forum, enlevèrent les faisceaux du lit

libitinaire, et les portèrent à la maison de

Scipion et d'Hipsœus ^ qui n'osèrent les

preiidre.

Alors le peuple les porta à Pompée qui, comme toujours, était retiré dans ses jardins, le saluant à grands cris des titres de consul et de dictat^r. ,

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Puis, le peuple sachant que huit ou dix des siens avaient été tués et blessés par Lépidus et ses serviteurs, revint en £aule assiéger la maison de l'interroi, qui fut enfin prise le cinquième jour de l'interrègne.

Les portes enfoncées, les assiégeants se répandirent dans la maison, renversant les images des ancêtres de la famille Mmlia exposées dans l'atrium, brisant le lit et les meubles de Cornelia, femme de Lépidus, et, l'assiégeant lui-même dans la partie la plus reculée de sa maison, où ils l'eussent égorgé si Milon qui, après s'être sauvé de Rome, y rentrait avec une troupe de ses partisans pour demander les comices, n'était accouru à son secours et ne l'avait dégagé.

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