CHAPITRE CINQUIEME
Nous avons parlé de l'absence faite par Pompée pour approvisionner Rome.
Il s'était rendu lui-même en Sicile, en Sordaigne et en Afrique, et avait fait des
approvisionnements considérables.
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AU moment où'il allait se mettre en mer pour les conduire à Rome, un vent impétueux s'éleva.
Tout le monde s'opposait à ce que Pompée partît ; mais il monta sur le premier vaisseau, en donnant ordre de mettre à la voile, et en.disant :
— Il est nécessaire que je parte^ et il ne Test pas que je vive.
Pompée est encore dans sa période de èonhJ3liil*{ «tuMi îbj^ttifk^ M flo«vii»rdes mots.qu'ilî4ifc.
signera «etB de <2teir.
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Quelque iempseupara van t^ Pompée avait fait une autre absence.
Après avoir combattu pendant le printemps,rété et l'automne —quand les pluies détrerapaientleschemins, quand les neiges intorceptaitènt tes passages, quaûd les fleuves, charriant les glaçons, Cessaient û'èifé navigables -^ César venait tenir sa <îour à Lucques.
Tenir sa cour, c'était le mot.
On n'entendait parler de lui à Rome que pour citer un nouveau nom de victoire.
Pendant que ses rivaux s'amoindrisfiaieni danà les émeutes des oartefoùrs, lui, pareil à un autre Adamastor, grandissait à l'horizon.
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Tout ce qu'il y avait de plus illustre à Rome et en province venait à Lucques.
C'était Appius, gouverneur de Sardaigne ; c'était Nepos, proconsul d'Espagne.
Pendant l'hiver de 696, il y avait à Luoques cent vingt licteurs portant faisceaux, et plus de deux cents sénateurs.
Crassus et Pompée y étaient venus.
Les liens du triumvirat étaient quelque peu relâchés.
On les resserra dans une entrevue. 1
C'est là qu'il fut décidé quelCésar garderait cinq ans le plus le proconsulat des Gaules.
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Que Pompée et Crassus se feraient nommer consuls.
Et que Crassus et Pompée se feraient donner des gouvernements de province, afin de tenir entre leurs mains toutes les troupes de la République.
Pour arriver à l'élection de Crassus et de Pompée, César écrivait à tous ses amis de Rome.
Il devait donner des congés à un grand nombre de ses soldats, de façon qu'ils fussent libres d'aller donner leurs suffrages dans les comices.
Ces projets étaient arrêtés pour l'an 699 de Rome, cinquante-cinq ans avant Jésus- Christ.
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Or, les événements que nous «vons racontés dans ce dernier chapitre nous mè« nent à l'année 698.
Cette année 698 se passe sans grands événements.
Opdius est complètement maté»
Il enfonce bien, çà et là, encore quelque^ portes, met bien le feu à quelques maisons, brise bien quelques côtes à droite et à gauche.
Mais ilressemble auboule-dogue muselé $e mon ami Jadin, qui est forcé de laisser la levrette et le king-çharle& manger ^fim son plat.
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Gcéron mange si bien dans la plat choisi par Clodiue, que, profîtant de Tabsence de celui-ci, il se rend au Capitole, et Jn'ise le* tables tribunitiennes où étaient inscrits les actes de son tribunat.
Qodius reparut pour crier à Tillégalité 1
On a vu des voleurs qui, au moment d'être arrêtés, criaient à la garde !
Gcéron répondît par un de ses dilemmes habituels.
— Du moment où Clodius était patricien, il ne pouvait être tribun du peuple ; ne pouvant pas être tribun du peuple, les actes de son tribunat non avenus, il est p«npis ^ chacun de les détruire.
Mais, par cette destruction, Cicéron se fit avec Catoû une querelle à laquelle-il ne s'attendait pas.
Sur ces tablettes étaient inscrites les missions de Gaton à Byzance et en Gypre.
Or, Gaton tenait beaucoup à ce que cette trace de son passage au milieu des affaires publiques ne disparût point.
Gomment ce débat finit-il ?
Par malheur, Gcéron n'en parle pas dans ses lettres.
£t Plutarque n'en dit que ce peu de mots :
a Par cela, Cicéron choqua Gaton d'un
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coup qui n'eut point de retentissement, mais qui, cependant, jeta un grand froid sur leur amitié. »
Toute cette année se passa, on ne sait comment, en petites tracasseries.
Pompée charge Gabinius de rétablir Ptolémée dans ses États, et Gabinius revient, pliant sous les millions, ce qui donne à Grassus le désir plus grand d'aller en Syrie,
Mais, pour cela, nous l'avons dit, il faut* d'abord que Grassus et Pompée soient consuls.
On entre dans l'année 699 de Rome.
Partout le bruit courait qu'à la suite
d'une conférence avec César, le monde avait été partagé entre ces trois hommes.
Lorsqu'on sut que Pompée etCrassus se présentaient ensemble au consulat, on n'en fit plus de doute.
— Brigueras-tu le consulat? detttatidèrent ensemble Marcellinus et Domitius à Pompée.
— Peut-être oui, peut-être non, répoû*dit celui-ci.
— Mais enfin, à une demande positive^ fais une réponse positive.
— Eh bien^ ,dit Pompée, je le briguerai dans l'intérêt des bons et contre les méfchants.
Une pareille alliance n'était pas rassurante pour tout ce qui tenait encore quelque peu, nous ne dirons pas à la République, mais au nom de la Uépublique. On s'adressa à Oassus, Sa réponse fut un peu plus modeste.
— Je briguerai cette magistrature, ditil^ si je crpis pouvoir être utile à l'État, sinon, je m'abstiendrai.
Cette réponse orgueilleuse de Pompée, cette réponse ambiguë de Crassus, fit que quelques compétiteurs osèrent se mettre sur les rangs.
Mais lorsque la situation se fut dessinée ûeltetûent, lorsque l'on vit Crassus et Pom-
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pée se présenter officiellement, tous ces candidats se retirèrent, à rexception de Domitius.
C'était encore Caton qui le soutenait, comme il avait soutenu Bibulus contre i^ei^r*
Caton, on le sait, ne se gênait pas.
Il allait par les places publiques, disant que ce n'était pas en éralité le consulat que demandaient Pompée et Crassus, mais la tyrannie ; que leur but n'était pas une magistrature à Rome, mais la possession de provinces importantes et de forts gouvernements militaires.
Et en répétant ces paroles, en soutenant ces allégations, il poussait Domitius, lui di-
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sant de nepas perd re l'espoir.et lui répétant qu'il combattait pour la liberté commune.
Et tout autour d'eux on répétait :
— En efifet, Caton a raison, pourquoi donc ces hommes, qui ont déjà été consuls ensemble, prétendent-ils ensemble à un second consulat? Pourquoi ensemble et ' non pas Tun d'eux seulement? Rome manque-t-elle donc de citoyens qui soient dignes d'être les collègues de Crassus ou de Pompée?
Pompée s'effraya.
Dans ces sortes de luttes. Pompée, s'ef-p frayait facilement; alors, en véritable sol-» dat, il avait recours à la force.
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Une embuscade fut dressée à Domitius ; et, feommé celui-ci se rendait au Forute avant le jour, avec quelques-uns de ses • amis, parmi lesquels était Caton, les hommes de Pompée se jetèrent sur la petite troupe, ni plus ni moins que s'ils étaient des honames de Clodius, tuèrent les serviteurs qui portaient la torche et blessèrent Caton.
Gomme on était encore assez près de U maison de Domitius, celui-ci et les quel^ ques amis qui lui restaient s'y réfugièrent.
Les hommes de Pompée établirent alors lô blocus ÛÈ la maison, et, eu l'àbêéûce de lèuf rhal, Pompéô et Oassu* se firent tranquillement nommer consuls.
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Mais tin danger les menaçait.
Caton sollicitait la préture.
Caton, dont ils venaient de se faire un efintmi mortel^ et qui était è peine gtiéri de la blessure qu'il avait reçue en condui* sant Domitius au Forum,
Aussi ne fut-ce point par la 'Vlolenfté que Ton résolut d'écarter Caton.
Caton avait la voix haute, à tout pren*- ^re, et quand die criait, cette voix était sinon écoutée, du moins entendue dans Rome.
Crassus et Pompée étaient riches.
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On sema quelques millions parmi les tribus.
Caton échoua.
Antias et Vatinius furent nommés préteurs.
C'étaient les créatures de Pompée et de Grassus.
Sûrs de n'avoir plus d'opposition, ils poussèrent alors en avant le tribun du peuple Tribonius, lequel proclama les décrets rédigés à Lucques.
César fut continué pendant cinq ans dans son gouvernement des Gaules*
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Grassus et Pompée tirèrent au sort la Syrie et les deux Espagnes.
La Syrie échut à Grassus, et les deux Espagnes à Pompée.
Tous deux avaient ce qu'ils désiraient.
Grassus, qui voulait avoir la Syrie pour avoir la guerre des Parthes, avait la Syrie.
Pompée qui connaissait l'Espagne et qui comptait, aux portes de l'Italie, y réunir les soldats dont un jour il pourrait avoir besoin pour ses projets, obtenait l'Espagne et n'était point obligé de quitter sa femme, dont il devenait de plus en plus amoureux.
Enfin, le peuple, qui croyait que rien ne
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pouvait SQ faire à Roms qua par Pompée,
gardait Pompée à RomOt
Mais, 4e tous, le plw ieyeux, «'élaît
Crassus.
Crassus de dormir.
Entre Miltiade et Thémistocle, il s'acissait de lauriers, entre Gabinius et Crassus,