CHAPITRE TRFNTIÈMR
Le lendemain, César, à son tour, présenta la bataille ; mais Scipion resta dans ses retranchements.
Cependant lorsqu'il vit César qui s'était
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avancé peu à p(3u le long des monlngnes, gagner pas à pas la ville d'Usile, dont il n'était plus qu'à un quart de lieue, et qui lui fournissait son eau et ses vivres, force lui fut de faire sortir ses troupes.
Il les rangea en bataille sur quatre lignes, dont la premier^ était la cavalerie, entremêlée d'éléphants armés et chargés de tours.
Et comme cette première ligne s'avançait dans cet ordre, César crut que Scipion était décidé à combattre, et fit halte devaflt là placé.
Mais Scipion, de soii côté, ôthelltè det*^
rière.
EN nOBE l)Ê CllAMÈRli iSf)
Chacun demeura ainsi, sans bouger, en bataille jusqu^au soir ; puis chacun rentra dans son camp.
Le lendemain. César étendit ses retran^ chemenlspour se rapprocher de Tenuemij
Au moment où ces événements se passaient suf terre. César éprouvait sur mer un échec, si toutefois ce fut un échec^ que Févéïiement que nous allons raconter.
IJades vaisseaux de charge, appartenant au dernier convoi arrivé de Sicile, s'étant écarté des autres, fut pris près de Tb&pse'pài' lès barques et lés chaloupes Ûè Vii^ïius, en ffiêiûè ierùpi (Jtt'utté gà-
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1ère de la même flotte était capturée par l'armée navale de Varus et d'Octavius,
Dans le premier navire étaient Quintus Consinius et Lucius TQcida, chevalier romain.
Dans l'autre se trouvait un centurion de la quatorzième légion avec quelques soldats.
Soldats et centurion furent amenés à Scipion, qui les reçut sur son tribunal. '
— Puisque votre bonne fortune, dit-il, vous a fait tomber pntre mes mains, vous
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qui, bien cerlainemeot, servez par force sous les ordres de César, n'hésitez plus et dites franchement si vous voulez suivre le parti de la république et de tous les gens de bien, non - seulement sur Tassurance certaine de la vie et de la Uberté, mais encore d'une bonne récompense.
Scipion parlait ainsi, croyant que les prisonniers recevraient celte grâce avec ardeur.
Mais le centurion, prenant la parole sans traiter Scipion d'imperator :
•— Je te remercie, dit-il, de ce qu'étant ton prisonnier, tu m'offres la vie et la li-
l>erté. J'accepterais voloatiAPS ToOre que tu me fçis de deux choses si précieuses, si je Iqs pouvais accepter sao^ mm^.
— Sans crime, répéta Scipion.
— Sans doute, dit le capitaine; ne serait-ce pas un crime que de m'aller présenter en bataille contre César après avoir combattu pour lui pendant plus de vingt ans, et de mettre l'épée à la main contre ces braves compagnons à moi, pour lesquels j'ai si souvent hasardé ma vie?... Je te prie donc de ne m'y pas contraindre, Scipion. Si tu veux éprouver les forces, laisse-moi choisir dix hommes parmi tes prisonniers, et î\v^p pie§ c^JL çam^recles,
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j'offre de combattre une de tes cohortes à ton choix!
• Puis, par l'issue de notre combat, tu pourras juger de l'issue de la guerre.
Le défi indigna Scipion, et il ordonna que le centurion et tous les prisonniers au-dessus de trente-cinq ans fussent tués.
Ordre qui s'exécuta à l'instant même.
Quant çiux autres, c'est-à-dire à Tacida, à Considius et à ceux qui avaient élé pris en même temps qu'eux, Scipion i^e per-r mit m^j^e i^o\i\} qu'on les amenât en si$i
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présence et les fil distribuer dans différents corps de son armée.
César sut ces événements et en fut désespéré, à ce point qu'il cassa les capitaines de ses galères, qui croisaient devant Thapse pour la sûreté des convois.
Vers ce même temps, César fît connaissance avec le simoun.
Une nuit, vers la seconde veille après le coucher des pléiades, un orage effroyable se déclara, le vent emportait avec lui des nuages de sable et de cailloux, de sorte qu'il tombait dans le camp une véritable
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pluie de pierre. Ce n'était rien pour ceux de Scipion, qui avaient eu le temps de bâtir des huttes sous lesquelles ils pouvaient se mettre à Tabri, mais c'était une effroyable tourmente pour ceux de César qui, décampant presque toutes les nuits, n'avaient pas eu le loisir de se construire des logis ; liBS malheureux couraient comme desinsenséS; opposant leurs boucliers à l'ouragan, mais ils étaient a/rachés de terre, renversés et emportés par les tourbillons.
Ce fut une nuit terrible et qui équivalait presque à une défaite : tous les vivres furent gâtés, toUs les feux éteints, et l'air fut chargé d'une telle quantité d'électricité que, prodige qui épouvanta les soldats,
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la pointe des javelots delà cinquième légion parut tout en flamme.
Deux ou trois mois s'écoulèrent $ang que César pût amener Fennemi à une bataille décisive. Enfin, comme César, depuis trois mois, avait eu le temps de réunir à peu près toutes ses troupes, commQ il avait employé ces trois mois à les exercer contrç les éléphants qu'il avait fait yenir d'Italien dans ce but, et que chevaux et cavaliers en étaient arrivés à soutenir bravement I4 charge de ces animaux, il décampa une Duit, et, faisant une de ces marches comme Jui seul savait en accomplir, il vint mettre le siège devant Thapse. C'était le 4 avril.
Virginius commandait à Thapse ; c'était
«fi ^ ncâUâUFs lieutonents de Pompée ; il «yaii 90W lui me boime garnison, mais, êttafoé par touto f armée de César» il était Àndwi qu'il a*«& 8ouU«adrait pas l'effort.
Sdpidn était donc placé dans cette aW tornative : abandonner un de ses meilleurs capitaines ou risquer une bataille dé-
Il risqua la bataille.
H marcha au secours de la ville, campa en deux camps séparés.
Cela faisait trois camps^ y compris celui fitoJuba.
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César travaillait à la circonvallation de la ville. Il apprend ce qui se passe, voit Tennemi, juge sa position, fait cesser le travail, ordonne aux travailleurs de prenr dre tes armes, laisse le proconsul Aquenas avec deux légions à la garde du camp et court à Tennemi.
Au bout d'une heure, les deux armées sont en présence.
Une partie de Tarmée ennemie est ea bataille, tandis que l'autre travaille à se retrancher ; elle est à la tête de ses fossés avec ses éléphants sur les ailes.
César dispose la sienne sur trois lignes ;
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.iDet la seconde et la dixième légion à l'aiJe .droite ; la huitième et la neuvième à l'aile gauche; les cinq autres aif centre et couvrant le flanc de la bataille où sont rangés les archers, les frondeurs et cinq cohortes destinés à soutenir l'effort des éléphants.
Puis, courant à pied entre les rangs, il .fait souvenir ses vieux soldats des victoires remportées, excite les autres à imiter leur courage, puis, tout à coup s'arrête indécis et tremblant.
César sent venir une attaque de ce terrible mal auquel il est siyet,. — Tépilepsie.
Dans ce moment même, il était entouré
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de ses lieutenants, qui le suppliaient de ne pas laisser échapper rôccasîôn et lui d©*mandaient le înot d'ordr*.
Il laisse échapper de sa voix saccadée et de ses lèvres pâlissantes les mots : La
bonne fortune^ qui circulent à l'instant môme sur tout le front de bataille. Puis, sentant que tous ses efforts pour îutlélp contre le mal sont inutiles, et qu*il fetlt que l'accès ait son cours, il défend qa'ôfi en vienne aux mains.
' Mais il est trop tard; tout à côiip îî entend sonner la charge.
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Cest un trottipetlle de l'aile droite qui
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a été forcé par les soldais de donner le signal du combat.
CésaTgVoit, comme à tre ers un nuage, s'ébranler son armée. Mais la terre semble manquer sous ses pieds ; le ciel lui apparaît tantôt noir, tantôt couvert de sang; il s'enveloppe de son manteau pour qu'on ne voie pas l'écume qui lui sort de la bou* che, et tombe en murmurant :
— La bonne fortune I
Et, en effet, tout allait bien dépendre de la bonne fortune de César, puisque cette fois son génie n'y serait pour rien.