CHAPITRE TRENTE-UNIEME
Ce fut une seconde Pharsale.
Non-seulement les soldats de César emportèrent le champ de bataille, mais en-
eoreffe su i«n(fir«ttt mattf es dti camp.
Les pompéiens s'enfuirent dans celui où ils s'étaient arrêtés la veille.
Les vainqueurs les y poursuivirent:
mais, arrivés devant ces nouveaux retranctaementSy ils ne savaient trop que faire^ quand César, sauvé de son attaque, accourut en criant :
— Aux fossés, compagnons, aux fossés!
Le second camp fut emporté comme le premier.
AbaQ^onnés par Sçipt&fi et Jub^, qui
s'enfuirent à toute bride, les soldats furent impitoyablement massacrés.
César avait, non pas à venger, César ne se vengeait pas, mais à laisser venger le meurtre des siens.
Comme à Pharsale, des détails étranges survécurent à ce grand ensemble, que l'on appela la bataille de Thapse.
Un vétéran de la cinquième légion vit un éléphant blessé qui , forcené de douleur, s'était jeté sur un valet désarmé, et, le tenant sous ses pieds, le froissait du genou en jelant de grands cris et en battant l'air de sa trompe.
U s'eiveac^ liarijyiaaBK contre Ymmd «(
lui lança son jftveloti
Celui-ci, blessé une seconde fois, quitta le corps à demi-écrasé, s'élança contre son nouvel adversaire, Tenlaça de sai trompe et le balança en l'air un instant pour le
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Mais si court que fut cet instant, il suffit au soldat *pour donner à Téléphant un si rude coup de sabre sur sa trompe, qu'il rabattît et tomba à terre, toujours enveloppé de Teffroyable serpent.
L'éléphant, secouwMi WB HfmoVk 4»
EN ROfi£ nK CIIAMBEE ' 17^
trompe ensanglanté, s'enfuit vers Jes autres éléphants en poussant des cris effroyables.
Le soir de ia journée de Thapà»e,€é&ar avait pris trois camps; car après le second camp de Scipion , il avait marché contre celui de Juba, tué dii mille hommes, blessé douze mille, dispersé le reste, c*est-à-dire soixante mille hommes à peu près.
Les pompéiens, qui n'avaient pas su combattre, surent mourir.
Metu|lus fpyait sur un vaisseau.
t7() LES GU.OCDS HOMMES
Les césariens Tabordent.
— Où est le général? demandent-ils.
— H est en sûreté, répond Metellus en se perçant de son épée.
Juba et Petreius avaient fui à toutes brides vers Zama, une des capitales du roi numide. Avant de partir, Juba avait fait préparer un immense bûcher sur la place publique.
— Si je suis vaincu, avait-il dit, je ferai porter mes trésors sur ce bûcher, j y ferai monter mes femmes, je mettrai le feu à
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la ville, et la ville mettra le feu à mon bûcher.
Cette menace n'avait pas été perdue.
En voyant revenir Juba vaincu, les habitants de Zama fermèrent les portes, et, montant sur les remparts, crièrent à Juba que s'il approchait à la portée du trait, ils le cribleraient de flèches.
Juba redemanda ses femmes, elles lui furent refusées.
Il redemanda ses trésors, ils lui furent refusés.
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Alors, se rétoufùant Vers Pfetréins :
— Eh bieni maintenant, dit-il, il ne nous reste plus qu^à faire *cè que nous avons dit.
Ce qu'avaient dit Petf eiu« et Juba^ o'é-' tait de s6 baltre Vvin contre Tautre.
Tous deux tirèrent leur épée et commencèrent une véritable lutte de gladiatoar8«
Pour mourir.
El cependant, le sentiment de léc 60t^
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servation l'emportant) chacun fit ses efforts pour tuer son adversaire.
luba, le plus fort ou le plus adroit» passa son glaive au travers du corps de Petreius*
Petreitifl tomba mort.
Puis Juba, craignant de se manquer^ appela un esclave, lui tendit le cou et ordonna de le tuer.
L'eaolave obéit et lui coupa la gorge.
Ce qui s'était rallié des troupes pom-
iSO LES QUANDS HOMMK
péiennes s'était réfugié sur une éminence en vue du camp de Juba.
Le camp de Juba pris, les fugitifs furent entourés par les vainqueurs.
Alors^ ces malheureux^ se voyant perdus, commencèrent à jeter leurs armes, à implorer la clémence de leurs compagnons et à les appeler frères.
Mais les césariens, indignés des meurtres que Scipion avait commis ou fait commettre sur leurs camarades tombés entre ses mains, répondirent qu'ils n'étaient pas des assassins^ et qu'il Fallait que les vaincus se préparassent h la mort.
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Et en efiet tout fut tué.
César avait perdu en tout cent ciuquante soldats.
Il demeura quelque temps en bataille devant Thapse, avec soixante-qualre éléphants qu'il avait pris tout armés et garnis de leurs tours. Il espérait vaincre ainsi par sa présence Topiniâtreté de Yirgilius et de ceux qui étaient avec lui. Il les fit sommer de se rendre, mais ils ne répondirent pas davantage.
César ne pouvait point perdre un plus long temps devant Thapse. 11 assembla son armée devant la place , loua ses sol-^
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dats, récoaipensa les vieilles légions, et, du haut de son tribunal, distribua à chacun les prix de la valeur.
Puis, laissant trois légions à Rébilius pouT continuer le siège de Thapse, deux à Demi ti us pour assiéger Tisdre^ où CoBsi^ dius commandait, il marcha sur Utique^ envoyant devant lui Messala et sa eata*lerie.
Celle de Scipion avait fui du même côté.
Cette dernière arriva devant la ville de Pasade ; mais, sur la nouvelle de la dé&ite de Soipîon, les habitants refiisèreut à% loi ouvrir leurs pur lé», v
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Alors les fugitifs forcèrent la ville, allumèrefit un grand bûcher sur le milieu de iaplacQ, et, sans distinction d'âge ni de sexe,, y jetèrent tous les habitants.
César suivait de près, mais arrivait trop tard pour empêcher tous ces meurtres.
Au reste, trois jours après la bataille, à la nuit tombante, un courrier arrivait à Utique, et annonçait à Caton qu'un grand combat avait été livré à Thapse, que toutes les affaires étaient perdues sans ressources, que Céiar s'était rendu maître des deux camps de Scipion et du camp de Juba et marchait sur Utique.
184 LES GRAJiDâ UOMBiES
Deux jours après , cette cavalerie qui avait fui de Thapse, qui avait brûlé Pasade et égorgé ses habitants dans sa fuite, parut en vue d'Utique.
Là y entre ses murs et la ville , établis dans un petit retranchement élevé par elle-même, se trouvait la populace, que Gaton avait repoussée hors des portes, à cause de son opinion césarienne. Gaton, la sachant hostile, la faisait garder par une partie des habitants , tandis que le reste gardait la ville elle-même.
Les fugitifs s'informèrent et apprirent que les gens qu'ils avaient devant eux étaient des Césariens expulsés par Gaton.
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Alors ils voulurent les traiter comme ils avaient fait des habitants de Pasade.
Mais ceux-ci s'armèrent de bâtons et de pierre?, et, encouragés par le bruit de la victoire de César, qui était venu jusqu'à eux, ils repoussèrent les pompéiens qui .
rentrèrent dans la ville, furieux et prêts à verser sur les habitants le trop plein de leur colère.
Et, en effet, ils se ruèrent sur les maisons qu'ils virent de la plus belle apparence, les pillèrent et tuèrent une partie de leurs habitants^.
Caton accourut, les adjura au nom de l'humanité.
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Mais rhumanitô était une vertu parfaitement inconnue des pompéiens.
Il fut donc obligé d'employer vis-à-vis d'eux d'autres arguments.
Illeur fit donnera chacun cent sesterces et les congédia.
Faustus Sylia leur en donna autant de son argent, se mit à leur tête, et pe sachapt pas ce qui était arrivé h Juba> piqua droit avec eux sur Zaoïa , ov il croyait le retrouver.
Disons tout de suite ce qui advint des autres pompéiens.
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Yirgilius se voyant enfermé par mer et par terre, tous ceux de son parti étant morts ou ep fuite, se rendit à Rébilius sur parole.
Consîdius, qui était dans Tisdre avec une garnison de Gétules et de gladiateurs, ayant appris de son côté la défaite de Scipion et rapproche de Domitius, désespéra de garder la place et s'enfuit secrètement avec quelques Gétiiles, qui regorgèrent en chemin pour s'emparer de l'argent qu'ils emportaient.
Enfin Scipion, qui s'était retiré sur ses galères, dans l'espérance de passer en Espagne; longtemps ballotté parla tempête,
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fut jeté dans le port d'Hyppone — Bône— et là, se trouvant investi par la flotte de Sitius, qui était en rade, il essaya de lutter ; mais ses bâtimeatSy étant de force inférieure, furent tous coulés bas, et disparurent SOUS les flots avec ceux qui les montaient.