VM LES GRANDS HOMMES
un messager la nouvelle de la défaite de Juba et de Scipion.
Nous avons dit encore comment le lendemain trois cents cavaliers fugitifs, repoussés à coups de bâton et de pierres par la populace, que Gaton avait chassée hors des portes, étaient entrés^ dans la ville, avaient pillé les maisons les plus riches et n'étaient partis que moyennant cent sesterces par homme que leur avait donnés Gaton, et autant que leur avait donnés Sylla.
A cette nouvelle, et à l'apparition des fuyards, le trouble fut grand dans la ville; chacun se croyant mal défendu par ses
murailles, voulait fuir : tous couraient dans les rues comme des insensés, poussant de grands cris. Mais Gaton se. présenta à eux et arrêta ceux qui se trouvaient sur son chemin. Enfin il leur répéta tant et si bien que Ton exagérait toujours les mauvaises nouvelles, et que, selon toute probabilité, le mal n'était pas si grand qu'on le disait, qu'il finit par apaiser le tumulte.
Caton avait formé un conseil de trois cents notables, choisis parmi les Romains établis en Afrique pour affaires de négoce et de banque.
On appelait ce conseil Us Troi$-Cent$.
*&i LÈS dnANnS HOMMES
Caton les invita à se rassembler dons lé temple de Jtipiter, avec tôt» les sénai&ftwi présents à Utiqne et les enfants de sénateurs.
Pendant que Tasseiùblée se formait, il se rendit lui-même au lieu indiqué, et, tandis que tout lé monde encore effaré, courait çà et là dans l'agitation, lui traversa la ville, calme, avec une contenance ferme, et tenaqt à la main un registre qu'il lisait en marchant. Ce registre, c'était un état des ressources de guerre, machines, armes, vivres,* arcs, soldats.
Puis, quand ils furent tous assemblés, Caton adressa d^abord la parole aux Tfois-
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£tnls, toua le gèle et la fldélftô qu'ils avalent montrés jusqu^à, les exhorta à ne pas perdre toute espérance, et surtout * ne pas se séparer pour fuir chacun de «on côté; iuir chacun de son côté, à l'avis de Catoa, c'était la perte de tous-
— Si vous restez unis, leur dit-il, César vous respectera davantage, et, dans le cas où vous lui demanderez merci, il vous pardonnera plus volontiers. Au resté, examinez ce que vous avez à faire ; je vous laisse les maîtres absolus de votre propre conduite. Réfléchissez, prenez une réso^ lutîon ; je ne blâmerai aucun des deux partis : si vos sentiments changent avec la fortune, j'attribuerai ce changement à la héeessité. Voulez-vous faire tête au mal-?