‹ les grands hommes en robe chambre cesarChapitre 18 sur 26 · CHAPITRE TRENTE-TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIEME

Gaton connaissait les hommes auxquels il avait affaire : aussi ne voulut-il pas exposer Juba et Scipion au danger que couraient les sénateurs, et qu'il courrait luimême, car rien ne lui prouvait que si

âlO Lr:S GRANDS HOMMES

César faisait de la remise de Catoa une condition de sa clémence, ils ne le livreraient pas comme ils se proposaient de livrer les autres.

Il leur écrivit donc à tous deux de se tenir éloignés d'Utiqije» Ce fut alors que Scipion résolut de gagner l'Espagne, et Juba de retourner dans sa capitale.

On a vu ce qu'il advint de tous deux.

Pepd|UQ| ce temps^ Qutre-}e$ quelques cavaliers qu^ nçitô avons vu piller Utique en paç&wt, et qe s'éloigner qu'en empor- j tant <;eQt $;^^t^c9St à Caton^ et cent SQ^-

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terces par hoxome à Sylla» uq corfvsi de oa* Valérie assez considérable était ven» ohei^cher un refuge sous les murs d'Utique.

Instruit par les façons pillardes des premierSy Caion leur avait fermé les portes de la ville. Aussi lui députèrent-ils trois d'entre eux.

Les uns voulaient aller trouver Juba, les autres demandaient à se réunir à Caton, et les trois messagers avaient mission de constdter Caton sur ce qu'ils devaient faire.

U y avait enfin parmi eux un troisième parti qvii, sachant i#â habitants^ d'Utîque

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partisants de César ^ craignait d'entrer dans la ville.

Us demandaient donc à Caton de vouloir bien se rendre auprès d'eux.

Mais Caton était dans la situation de Dente à Florence, qui, obligé d'envoyer quelqu'un à Venise, disait :

— Si je reste, qui ira? Si j'y vais, qui restera?

EnÛD, il chargea Marcus Rabrius de rester et de veiller sur les Trois-Cents.

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Lui prit les sénateurs, sortit de la ville avec eux, et se rendit à la conférence.

En son absence, Narcus Rabrius devait recevoir les déclarations d'affranchissement, user de douceur avec tout le monde, et|ne forcer personne.

Les officiers du corps de cavalerie attendaient Caton avec impatience.

Ils sentaient bien qu'en cet homme était leur dernier espoir.

Lui, de son côté, avait fort compté sur eux.

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Il las conjura, ayant un choix à faire entre lui et Jub^, de choisir Catoa ; ayant parti à prendre entre Rome et Zama, de choisir Rome. 11 les conjura surtout de se grouper autour des sénateurs, qui, s'ils n'étaient pas i^ne force matérielle, étaient un pouvoir politique. Ils pouvaient çntrer avec lui dans Utique, ville aux fortes murailles et difficile à prendre, ville garnie de vivres et de munitions pour pluslenrs années, et la tenir contre César, comme Marseille, qui, n'ayant pas toutes ces conditipo^j gvait tepu

Les sénateurs leur firent les mêmes prières les larmes aux yeux, et les officiers les quittèrent pour aller conférer avec

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léups Soldats de ce qui venait d'être dit.

En les attendant, Caton s'assit sur une éminencç avec les sénateurs.

Uâ f éVf^imi à.pMHo^ que Vm vit tffi t»* :v«i«e qm orrivaitr à fo»d d» ti^nio.

C'était Marcus Rabrius qui venait annoncer que les TrfÂM^fnts &'6tai»nt réVoltés,, et jetaient le trouble dans la ville, dont ils soulevaient les habitants.

Cette révolte, c'était la perte des sénaleufs ; aussi, céux-cl commencer en t-ils à se lamenter et à supplier Caton.

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GatoDy dans cette tempête immense; était la seule étoile restée pure et lumineuse, et chaque naufragé ramait à lui.

Il renvoya Marcus Rabrius à Utique, le chargeant en son nom, à lui Gaton, de dire aux IVois-Gents qu'il les priait d'attendre son retour avant de prendre une résolution.

Marcus Rabrius partit.

Sur ces entrefaites revinrentles officiers.

— flous n'avons pas besoin de nous mettre à la solde de Juba ou de^ devoir

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des Numides, en supposant môme que Dous suivions Juba.

De plus nous ne cra ignons point César tant que nous serons commandés par Gaton.

lis il nous semble dangereux de nous enfermer dans une ville avec les Uticiens, peuple punique, et dont la fidélité nous est suspecte.

Ils sont tranquilles maintenant, — les officiers ignoraient ce que venait de dire Rabrius, — ils sont tranquilles maintenant^ mais dès que César paraîtra ils Tai-

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deront à nous attaquer ou aous livreront à Idi.

Maintenant si Caton désire que nous mu$ mgfi^km aom ses ordres^ îl ftiul ^qu'i] Qous éb&udwne la viUa d^Utiqoè pour en faire ce que nous voudronsi et nous ne lui eachona pas le moins du monde ce que nojis en ferons : nous en

classerons ou égorgerons jusqu'au derîiier habitant, alors seulement nous nous croirons en sûreté derrière ses Dlurallles,

Ces propositions, Caton se Tavouaità lui-même, étaient celles que devaient im-

poser des hommes jaloux de leur sûrgté,

mais elles étaient barbares.

Cependant Caton, avec son calme ordî-

naire, répondit qu^il eu délibérerait avec les Trois-Cents, et rentra dans la ville.

Mais à son retour, les Troîs^«en (savaient jeté le masque ; ils s'étaient assurés en son absence des dispositions des habitants, et,

sans détour, ni défaite, ils déclarèrent nettement qu'ils ne combattraient pas César.

Quelques-uns même avancèrent à demivoix qu'il serait de bonne politique de mettre la main sur les sénateurs et de les Retenir jusqu^à Farrivée de César; maïs Caton ne tint aucun compté de cet avis, qu'il fit semblant de ne pas entendre, et

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I peut-être même, comme il était sourd, oe Fentendit-ii point.

Cependant, on vint lui annoncer que les cavaliers se retiraient.

C'était un autre malheur. Il craignait que, les cavaliers partis, les Trois-Cents ne se livrassent à quelque violence contre les sénateurs, il se leva donc au milieu du conseil, monta à cheval et courut après les cavaliers.

Les cavaliers parurent heureux de le revoir, le reçurent avec de grandes démonstrations de joie, et rexhortèrent à se sauver avec eux.

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Gaton secoua la tète ; il avait pour luimême une autre résolution qu'eux. Mais, les larmes aux yeux et leur tendant les mains, il les supplia de venir en aide aux sénateurs.

Mais comme ils partaient cependant malgré ses prières, il alla jusqu'à s'attacher aux brides de leurs chevaux, et à les tirer à lui pour les ramener vers Utique.

Et, en effet, quelques-uns eurent pitié, et cédèrent ; si bien qu'il obtint^d'eux qu'ils restassent là un jour encore pour assurer la retraite des sénateurs.

En conséquence il les ramena avec lui

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dans la villei f^ça les un» «va portes^ les autres, à la eitadaUe.

tes tVws-Cèntô eurent pétir.

Ils envoyèrent aussitôt prier Caton de ^mr auprès d'eat; mal*, detewf côté, les séMtmirs sé serrant autmif dé Itfi, le prfè* tent de ne pa^ tes abaiïdôflïwr, e< dééJ*rant, d'un antre «ôfé, qtie ce sentit abtttt^ donner Caton lui-même que de le livrer à ces. traîtres et à ces perfides, Im^ leur protecteur et leur souiien* '

c< Et en effet, dit Plutarqne, en ce moment la vertu de Caton était universellement reconnue^ et tous ceux qui ^'étaient

réfugiés dans Utique avaient pour lui le même amour et la même admiration ; car jamais on n'avait aperçu dans sa conduite la moindre trace d'artifice et de fausseté.»

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