CHAPITRE TKKNTK-GINQUIEME
Caton quitta le bain vers six heures de raprèsHûiïidi, rentra chez lui et soupa eu nombreuse compagnie.
Il soupa asiis^ &elon le vœu qu'il avait
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fait à Pliarsale de ne plus se coucher que pour dormir.
Ses convives étaient ses amis ordinaires, plus les principaux magistrats d'Utique.
Après le repas, on continua d'apporter des vins difl'érents. Caton ne détestait pas cette causerie qui s'entremêle de rasades; h conversation fut calme et savante, comme Tétaient d'habitude celles que présidait Caton.
On y dii(?uth ^e<}essïtémeril |>hi«iettr* questions philosophiques, èl de propd* cfi propos, on 6n t\tfîsà èc f éxïiiftttt dfi' ce
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que ron appelle les paradoises des Stoïciens, par exemple : que rhomme de bien e&l seul liJ^re et que u>\m les méchants isontesoJaves.
Le péfipatbéticitti Deittôtrius s'éleva^ CMRiue ^D le i^tnse bien, contre ce dogme, ioaîs «iors Calon t'échauffiant repoussa seâ arguments aveo téhéoaene^ et^ d'tuî ton de voix rude et sévère, avec une âertàihe ficrimooie^ qui dénenQfiit une fièvre iAté^ xieure, il ^utint longtemps et fermement la lutte ftvec une grande abondance de raisons ; aussi personne ne douta plus que sa résolution ne fût bien arrêtée et qu'il ne' fût d^idè a se tuer.
Auijax, è peine Ceton euKil cessé ce fié-
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Son épée n'y était pas.
Alors il appelai un de ses esclaves et lui demanda qui avait pris son épée.
L'esclave ne répondit point et Caton se remit à sa lecture.
Puis, après un instant, il leva les yeux; Fesclave n'était plus là.
H appela de nouveau, sans empartetnetit et sarts impatience. '
•^ J'ai deitt&ndé où était mop épée, dit-il.
— Oui, «ûâîira, répoûdit J 'esclave, mais j'ignore où elle est.
•r— Qu^OD la, cherche et qu*on me Tapporte, dit Caton.
L'esélave fidHît.
Ud temps assez long s'écoula encore et Ton a'apporta point Tépée.
Alors, pour la troisième fois, avec impatience, il appela ses esclaves les uns après lefi autres, et lo»p deHiiinda avec emportemdûl :
LES GRANDS UOMMES
— Je veux savoir où est mon épée, et j'ordonne qu'on me l'apporte.
Et comme on n'obf^issait point celte fois assez vite selon ses désirs, il donna à celui qui était le plus proche de lui un tel coup de poing, que le malheureux esclave sortit de la chambre le visage tout en sang.
En même temps Gaton criait :
— Malheur à mes esclaves et à mon fils qui veulent me livrer vivant à mon ennemi I
A ces cris, son fils entra avec les philo*- Bophes, et se jeta à son cou, en criant t
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— Mon père, au Dom des dieux ; mon père» au nom de Rome, ne te tue pas I
Alors Gaton le repoussa, et se dressant sur sou séant :
— Quand et dans quel lieu, dit-il avec un regard sévère, ai-je, sans m'en apercevoir, donné des preuves de folie ? Pourquoi, si j'ai pris un ^mauvais parti, personne ne cherche-t-il à me détromper?
Pourquoi, si j'ai pris le bon, m'empêcher de suivre ma résolution et m'enlever mes armes ? Que ne fais-tu attacher ton père, 6 généreux fils I Que ne lui fais-tu lier les mains deiTière le dos, afin que César en arrivant le trouve hors d'état de se défen-
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drê ! Ai-je, au reste, besoin d'trtie épée pour m^ôtéï la vie? non. fi ffléf suffit dé retenir mon haleine jusqu'à ce que j'étouffe, ou de me briser la tête contre la muraille.
Aux paroles de son père, le jeune homme ne put retenir ses larmes, et comme il craignait que son père ne lui en fît un crime, il s* élança hors de la chambre en sanglotant.
Les autres sortirent après lui.
Demetrius et Appollonides restèmt seuls près d» Gatoo.
EX ROBE DE CHAMBRE 2fîS
Alors Caton, les regardant d'un œil un peu plus radouci :
— Et vous, dit-il, prétendéz-vôus aussi retenir par force dans la vie un homme de mon âge? et resterez-vous auprès de moî pour me garder en silence ?0u bien êtesvous venus m'apporter quelques beaux raisonnements pour me prouver que Ca* ton, n'ayant plus d'autre^moyen de sauver sa vie, il est honorable pour lui de la tenir de César ? Voyons, voyons, parlez ; eonvainquez-moi de cette belle maxime^ J'écoute; faites-moi changer de résolution, je ne demande pas mieux. Insistez, dégoû^ tez-moi des opinions dans lesquelles j'ai vécu jusqu'à présent, afin que, devenu plus