‹ les grands hommes en robe chambre cesarChapitre 5 sur 26 · CHAPITRE yiNGT-QUATKlàMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE yiNGT-QUATKlàMB

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Ou s'étpQDait que César, ayant tant de choses, à faire en Afrique, restât à Rome.

n avait Ligarius à faire condamner et Qéopâtre à recevoir.

«M^lR» am^im wwfl' porté W» «nn^s

52 LES 6UAND&. HOMMES

contre César et, contre toutes ses habi-.

tudes de miséricorde ^ César le voulait faire condamner.

Il fallait un accusateur-

Un accusateur était plus facile à trouver qu'un défenseur.

Tubéron accusa.

Ligarius pria Cicéron de se charger de sa défense. Cicéron accepta.

A propos, disons comment Cicéron était revenu à Rome et ce qui s'était passé entre lui et César.

Gicéron était à Brindes, toujoofs hési-

tant, demandant consçil à tout le monde.

Lorsqu^il apprit que César était débarqué à Tarente et venait par terre à Brindes, il alla au-devant de lui, certain de le fléchir, mais honteux, cependant, d'avoir à éprouver, en présence de tant de monde, les dispositions d'un ennemi vainqueur.

Mais dès que César l'aperçut snr le chemin, il descendit de cheval, l'embrassa, et, pendant plusieurs stades, ne s'entretint qu'avec lui.

Mais malgré ces bons procédés de César, Cicéron n'en accepta pas moins la défense de Ligarius.

Lorsqu'on annonça à César que c'était Çicéron qui défendait l'accusé :

114 'ïM ist^i^m noniàts

^^ Ahl dit^l) j'efi mi$ eDcbenlé.

Puis, ^ tournant v^rs ges amis :

— Et vous aussi^ n'est-ce pas ? Je me fais une joje d'écouter Cicéron^ que je n'ai pas entendu depuis si longtemps*

Lifarîus? deltoadéFsalt 1» tisjiifitants*

— Ligarius, répondit César, est un méchant homme qui serait condamné quand mètùé Apoliôti plâid@f6H pdûf Ittf ;

Mais, le jour arrivé, Gicéron^ ay^nl pAs la parole, plaida si admirablement bien,

^dë Césat M p\it s'ettipèchéf-, à certains passages, d*a]!jplëlidt»', â d'KUtféS èè 6Ïiâtt--

KN IlOfi£ DE GHÀidBRJE ^S'

ger de couleur ; et quand roratèUf en vint

à la bataille de Pharsale, César fut éii pfôie à une telle émotion^ qu'il laissa tombei^ ÏBi papiers qu'il ^vçiit i la main.

« Enfin, dît Pïutarqué, vâîiicù pâf Moquence de Cîcéi'on, César renvoya Lî^àrittii absous, »

te (^é nôûs àSrôôà dît est bieïi étfàtlge ,' Mis tfôUè btb^ùM "qUè Pltitoc^Ue • èè (rôïfttiè' à l'élîdfôîl du f)rôtéti(îÙ âfc^itte*? nïëftt de tigfâriUâ.

Ligariii^ né fut point hôndëiânë â âiôrf, c*ësï Ytai, màiis toute rêlôqûédce Ûé tlicé-' roi) lié piit émpécbér qu'il fût coûdàtané à rèiit ''■'■'■ ■ ■ '■

hô LES 6RAMDS HOMMSS .

Nous trouvons la preuve de notre assertion dans cette lettre de Cicéron à Liga* rius.

« Rome, an 70t» teptembre.

» Mon amitié doit à vos malheurs des consolations et des conseils. Si je ne vous ai pas écrit jusqu'à ce moment, c'est que je cherchais en vain des paroles pour adoucir vos maux et des secrets pour les guérir.

J'ai aujourd'huiplus d'une raison de croire que^ youç i;>ous serez rendu, et je ne puis me défendre de vous parler de ;ipes espérances et de mes vœux. César ne vous tiendra pas rigueur; je le devine et je le vois ; la nature de ses griefs, le temps^ l'opinion publique, et même, ce me semble, son propre caractère, tout contribue à lui i^Sq

§£N ROBS DE CIUMBltB 57

pirer chaque jour plus de modération. J'en ai la conviction pour les autres^ et quant à TOUSy personnellement, ses amis les plus intimes me rassurent. Depuis les pre* mières nouvelles d'Afrique, je ne cesse de le harceler, de concert avec vos frères.

Leur courage, leur vertu, leur incomparable tendresse, leur activité toujours éveillée ont si bien fait que César n'est plus, selon moi, en situation de nous rien refuser. »

Le reste de la lettre n'est qu'une paraphrase de la modération et de la clémence de César.

Mais pour n'en être pas arrivé à faire absoudre complètement Ligarius, le dis-

58 iïES GRANDS HOMÂeS

cours de Cîcéron, plus heureux cette foi»

comme otateur qu'il ne Tavalt été en plddam pour Milôn, lé dlscoufà de Cidéroil n'en était pas moins excellent.

' f iafraîré de Ligarîus terminée, Césâf tourna lés yéui aii côté de Brîrides : Cléo-^

pâtre, qui fera plus lard si graiide péùr â ïîoràcé, venait d*y débarquer avec son mari dé oiize ans. '

César les reçut tous deux dans son pa- Iàis,*et, iaiiàîs qu'on garaaif sôîgriéûsement Ârsiiiôê pour le trîôinpliê, îl ieût

donna des fêtes magnifiques, les fît ao^ mettre au nombre des amis du peuple romain, et, ayant érigé iiii temple a Vénus victorieuse en souvenif de Phârsalë, il lîl

IH HOBfi D£ CHAMBStE 80

Ifondré uûe statue en or de Cléopâtre, et la plaça dans le temple, en face de celle de la déesse.

Gf 9 ^BiM^iirs rendus à Q^p&ti^e déplorent fort au peuple rùmaÎQ^ maiâ €és§r

sentait bien qu'il pouvait tout risquer, et, à son tonr, le vertige le gagnait.

Enfin Cléopâtre retourna en 'Egypte, sans quoi, enlacé dans les replis de la couleuvre du Nil, comme César l'appelait, jamais il ne fût parti.

L'Afrique tenait ferme pour Pompée.

fievëâôfts â Catôn tiue nous âVbiië ttù

JJéa péi^tl, oublié, depuis lé joui* Où flôUs l'avons Vu i*éàti*èr en pledHint à Oyttà-

CyO LES GUANOS hommes

chium à l'aspect du massacre des prison*niers.

Nous avons seulement dit que Pompée, tpji avait peur de lui, l'avait laissé à Dyrrachium pour garder les bagages.

Après la déroute de Pharsale, Caton s'était posé deux hypothèses :

Le cas où Pompée serait tué.

Le cas où Pompée vivrait.

Si Pompée était tué, Caton ramenait en

Italie les soldats qu'il avait avec lui et fuyait ensuite lui-même pour aller vivre le plus loin possible de la tyrannie.

Ce que Caton appelait la tyrannie, ce n'était pas précisément la tyrannie ; c'était, si doux qu'il fût, le gouvernement de César.

Si Pompée vivait, il rejoindrait Pompée partout où Pompée serait-

Ignorant encore ce qui était arrivé eu Egypte, mais sachant que Pompée avait, été vu sur les côtes d'Asie, il passa à Porcyre, où était l'armée navale. Il y trouva Cicéron et voulut lui céder le commandement.

Goéron était consulaire, et Caton ri'éteil que préteur ; or, Caton ne connaissait que la loi.

Mir^^

Conjecturant, par la route que sûSNrâW Pompée, qu'il se retirerait en Egypte ou en Afrique, et, pressé de le fejcSiWfrte, fl s%mbarqua avec tout ce qu^l avait de «ôMate,; Mais avant de mettre à la voile, il laissa à éliacuh la liberté ou de rentrer ietiTtaiie, ou de le suivre. '

géant la côte, le jeune Sextus PpiQj)^, I^ même qui avait été l'amant de Gléopâtre,

par son père.

11 apprit par lui la fin malheureuse de Pompée.

Alors il n'y eut pas un de ceux qui raccompagnaient qui, sachant Pompée mort^ voulût suivre un autre chef que lui.

Caton eut honte de laisser tant de braves gens seuls et sans secours, sur une terre étrangère. Il accepta donc le commandement, et vint prendre terre à Cyrène.

Peu de temps auparavant, les habitants de Cyrène avaient fermé les portes à Labienus. Mais ce que Ton refusait à Labienus, on l'accordait à Caton.

Caton fut reçu à Cyrène.

~ Là, il attendit des nouvelles..

GHAPITBB VlNGT-GINQUlàMB

Les ipQuyelles ne se firent pgs attendreif

Là, Çaton apprit que Scipiqp, le besiu-

père de Pompée, était passé en Afrique et

avait été admirablement reçu à Cirta par

le roi numide 4h^».

bS LES GRANDS HOMMES

Âttius Varus, à qui Pompée avait donné le gouvernement de F Afrique, Ty avait précédé avec son armée.

Galon résolut de les aller joindre, et, comme on était en plein hiver, de les aller joindre par terre.

Il rassembla une grande quantité d'ânes et les chargea d'eau ; puis se mit en routé avec un grand nombre de chariots et un bagage considérable.

Il emmenait avec lui plusieurs charmeurs de serpents qui guérissaient la morsure des reptiles les plus venimeux en suçant la plaie avec la bouche.

La marche dura sept jours.

liliN ROBE DK CUAMBEE -69

Pendant ces sept jours, Calon fut constamment à la tête des soldat^^, marchant toujours à pied, mangeant assis, car, à la suite de la bataille de Pharsale, il avait fait vœu de ne se coucher que pour dormir.

Galon passa Fhiver en Afrique. Ce fut pendant cet hiver-là que César luttait à Alexandrie contre les Egyptiens de Ptolémée.

Si Caton, Varus et Scipion eussent réuni leurs trente mille hommes et se fussent joints à Ptolémée, qu'advenait-il de César?

Mais non.

Varus et Scipion se disputaient à la cour du roi Juba, et ce mauvais petit roi nu-

mlde profitait de cette mésinteUigence pour prosterner à ses pieds éeux dés grands tioims de Rome.

Cato» arriva à l'anciennQ Cirta, Ift CpftSlantine d'aujourd'hui, et demanda audience à JpM.

Juba accorda l'audience, mais, pour recevoir Caton, prépara trois sièges.

Un pour Scipion, un pour Caton, et le sien au milieu.

Mais Caton n'était pas liominè à passèlr de pareilles impertinences à un petit roi Dumide.

û prit \é siège qui lui était tlestittè ôt le pof té près àe èélui dfe ^ipio% et âfesl ô

m ROBE DE CITIMBRE 71

se trouva que Sclpion, et non Juba, devint le personnage important de la conférence.

fit cependant 8oipion était TeniieiDi de Caton, ayant publié contre lui un libelk rempli d'injures.

ïl fit plus : il réconcilia Scipion H Varus, leur faisant comprendre le grand tort que leurs dissensions occasionnaient au parti qu^ils défendaient.

Ces querelles éteintes, tous déférèrent d'une seule voix le commandement en " cTief à Caton.

Mais Caton était trop strict observateur* des lois pour accepter. Caton n'était que propréteur, et Scipion avait été proconsul;

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