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Il avait servi, à dix-sept ans, contre Annibal; avait, au combat, la main prompte et le pied ferme, et menaçait l'ennemi d'une voix rude, en même temps qu'il lui présentait l'èpée à la poitrine et au visage.
Il y a encore de nos jours des maîtres d'armes de régiment qui procèdent ainsi.
Il ne buvait que de l'eau; seulement^ dçns les grandes marches ou les grandes chaleurs, il -y ajoutait un peîi de vinaigre.
Dans ses jours de débauche, il allait jusqu'à la piquette.
Il était né dans ces temps héroïques deux cent trente-quatre ans ërnni Jésus- Chf isl — où il y avait encore des terres èt^
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Italie et des hommes pour labourer ces terres.
Comme les Fabius, les Fabricius et ks Gincinnalus, il quittait le soc pour l'épée et Tépée pour le soc, se battant de sa persoDJoe comme nu simple soldat, labourant Itti-même comme un simple garçon de ferme; seulement, en hiver, il labourait en tunique; en été, tout nu.
Il était voisin de campagne de ceManius Curius qui avait obtenu trois fois le triomphe, vaincu les Samnites unis aux Sabins, chassé Pyrrhus de l'Italie ; et, après ses trois triomphes, habitant toujours cette pauvre maison où les ambassadeurs samnites le trouvaient faisant cuire des raves.
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Les députés Yenaient lui offrir je ne sais quelle somme en or.
*- Voyez ce que je mange, leur dit-il.
— Nous le voyons.
--Eh I)iefl, on n'a pas besoin (Tor, qoàttd (m sait se contenter d'un pareil repas. *
Un pareil homme devail plaire à Caton^ comme Caton devait lui plaire.
* Le jeune homme dévînt donc Tâmi du vieillard.
Caton le Jeune descendait de ce rude censeur qui se brouilla avec Scipion, parce qu'il le trouvait trop prodigue et trop magnifique.
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Il avait beaucoup de son aïeul, quoique cinq générations eussent passé entre eux, et que le représentant d'une de ces générations, Caîus Porcins Caton, petit-fils de Caton TAntien, accusé et convaincu de
concussion, s'en soit allé mourir à Tarragone.
Notre Caton , Caton le Jeune, ou Caton d'Utique, comme on voudra, était resté orphelin de père et de mère avec un frère et trois sœurs.
Ce frère s'appelait Cépion.
Une de ses sœurs, sœur de mère seulement, s'appelait Servilie. Nous ayons déjà prononcé son nom à propos du billet écrit
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à César le jour de la conjuraUon de CatiliDa.
Elle avait résisté longtemps; mais César ayant appris qu'elle désirait une fort belle perle, l'acheta et la donna à Servilie.
Servilie , en échange , donna à César ce qu'il désirait.
La perle avait coûté un peu plus de onze cent mille francs.
Caton était un horame au visage sévère el renfrogné, rebelle au rire; il avait un cœur difficile à la colère, mais ne s'apaisant qu'à grand'peine une fois irrité. Lent ù apprendre, il se souvenait toujours dé ce qu'il avait appris. Il avait eu heureuse*
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ment pour gouverneur un homme intelligent, raisonnant toujours , ne menaçant jamais. Cet homme se nommait — comme le fils de Jupiter et d'Europe — Sarpedon.
Dès son enfance, il donna des signes de cet entêtement qui fit plus tard sa réputation. Quatre-vingt-dix ans avant Jésus- Christ — Caton avait alors quatre ou cinq ans — - les alliés de Rome sollicitèrent le droit de cité.
Nous avons dit les avantages qui résul-
taient de ce droit de cité.
Un de leurs députés logeait chez Drusus, son ami.
Drusus, oncle maternel de Caton, élevait
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les eufanls de sa s<Bur, et avait uq f^rasàd faible pour eux.
. Ce député^DQ le nommait Popidius Jilo^ faisait toutes sortes de tendresses aux enfants pour qu'ils intercédassent auprès de leur oncle.
Cépion, qui avait deux ou (rois ans de plus que Caton, s'était laissé séduire , et avait promis.
Mais il n en était pas de même de Caton.
Quoiqu'à Tâge de quatre ou cinq ans il dûl comprendre assez mal une question aussi compliquée que celle du droit de cité, il se contentait, à toutes les iostAoces
des dépotés, do fixer sur eux ses yeux durs saus rien répondre.
— Eh bien, enfant, lui demanda Popidius, ne fais-tu pas comme ton frère?
L'enfant ne répondit rien.
— Ne parleras-tu pas à ton oncle en notre faveur, voyons ?
Caton* continua de garder le silence.
— Voici un mauvais garçon, dit Popidius.
Puis, tout bas :
— Voyons jusqu'où il ira, dit-il aux assistants.
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Et il le prit par la ceinture et le suspendit hors de la fenêtre, à trente pieds de terre, à peu près comme, s'il allait le précipiter.
Mais l'enfant ne desserra pas les dents.
— Me le promets-tu? dit Popidius, ou je te laisse tomber.
L'enfant continua de se taire sans donnor un seul signe d'étonnement ou de crainte.
Popidius, sentant que son bras se lassait, le reposa à terre.
— Par Jupiter, dit-il, c'est bien heureux que ce pelil drôle ne soit qu'un enfant au
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lieu d'être un homme, car s'il était un homme, nous pourrions bien ne pas avoir un seul suflFrage dans tout le peuple.
Sylla avait été Tami particulier du père de Caton, Lucien Porcins, qui avait été tué près du lac Fucin en attaquant les Toscans révoltés. Peut-être le jeune Marins n'avaitil pas été tout à fait étranger à cette mort. Orose la lui prête, et vous connaissez le proverbe : « On ne prête qu'aux riches. »
Sylla, qui avait été ami du père, faisait donc venir de temps en temps les deux enfants chez lui^ et s'amusait à causer avec eux.
La maison de Sylla, dit Plutarque, était khë Véritable image -de Tenfer^ vu le grand