‹ LES GRANDS HOMMES EN ROBE DE CHAMBRE CESARChapitre 6 sur 25 · S4 LES GRANDS HOMMES · texte numérisé non relu

S4 LES GRANDS HOMMES

nombre de proscrits qu'on y amenait tous les jours pour les mettre à la torture.

C'était Tan 80 avant Jésus-Christ, Caton avait donc de treize à quatorze anfs.

De temps en temps il voyait sortir des corps brisés par la torture.

Plus souvent encore il voyait emporter les têtes coupées.

Il entendait tout bas les honnêtes gens gémir.

Cela lui donnait fort à penser sur ce Sylla, qui lui faisait amitié.

Un jour il n'y put pa% tenir, et demanda à Boû gouverneur :

IN ROBE D£ CHAMBUE 55

— Comment donc se fait-il qu'il ne se trouve personne pour tuer cet homme?

— C'est qu'on le craint encore plus qu'on ne le hait, répondit le gouverneur.

— Donnez-moi donc une épée, à moi, , dit Caton, et je délivrerai, en le tuant, ma patrie de l'esclavage.

Le gouverneur consigna lés paroles pour l'histoire, mais se garda bien de donner à son élève l'épée qu'il demandait.

A vingt ans, Caton n'avait jamais soupe sans son frère aîné, qu'il adorait.

— Quelle est la personne que tu aimes le plus? lui avait-on demandé quand il était tout enfant.

— Mon frère, avait-il répondu.

— Après?

— Mou frère.

— El après encore?

— Mon frère.

Et autant de fois on lui avait fait la même question^ et autant de fois il avait redit Ift même réponse.

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