‹ LES GRANDS HOMMES EN ROBE DE CHAMBRE CESARChapitre 7 sur 25 · CHAPITRE DIX-HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIEME

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Caton était riche. Nommé prêtre d'Apol-

Ion, il prit une maison à part, et emporta avec lui sa part de la fortune paternelle, sfMdttBt à cent tingt tal^i^t» (environ six cent aohaittê imUet francs de iM)tre mon^ naie).

^^ l'Es GRANDS HOMIUIS

Plus tard, il hérita de son cousin germain cent talents, ce qui fit monter sa fortune à plus de douze cent mille francs.

Caton était fort avare. A peine, dit Plutarque, eut-il hérité de toute cette fortune, qu'il resserra sa manière de vivre.

. Et cependant il dut hériter de son frère encore un demi-million, lorsque son frère mourut à Enus.

Nous allons arriver tout à l'heure à cette mort, et nous verrons ce que dira César de l'avarice de Gaton.

On connaissait à j^ëlne Caton, lirsqu'utte occasion se présenta pour lui de piariei* en publici f

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Ce ne fut pas pour dccuser ou défendre un riche déprédateur, un Dolabella ou un Verres qu'il prit la parole.

Non. Caton l'Ancien, ce bisaïeul pour lequel son arrière-petit-fils avait une si grave vénération, Caton l'Ancien — le Caton du delenda Carihago — avait dédié la basilique Porcia pendant sa censure. — Avons-nous dit que ce surnom de Porcins lui venait de la grande quantité de porcs qu'il faisait pâturer? Comme le nom de Caton lui venait de son adresse dans les affaires ? Si nous ne Pavons pas dit, disonsle. —

La basilique Porcia avait donc été dédiée par Caton ; mais il se trouva que Tune des colonnes dé la basilique gênait les sièges

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des tribuns qui tenaient là leurs séances.

Ils la voulurent ôter, ou tout M aïoias la changer de place.

Mais Gaton vint et plaida pour inamovibilité de la colonne.

La colonne resta.

On avait remarqué dans Gaton une parole serrée pleine de sens, grave et cependant ne manquant pas d'une certaine grâce, et dont le mérite principal était la concision.

Dès ce moment, il fut posé comme orateur.

Mais à Rome^ nous Tavons dit, de môme

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que ce n'était pas a^^sez d'être soldat, et qu'il fallait être encore orateur, de même ce n'était point assez d'être orateur, il fallait encore être soldat.

Galon, au reste, s'était préparé à ce rude métier.

A Rome, Caton ni^ pouvait suivre l'exemple de son aïeul, qui labourait tout nu ; mais au moins s'accoutuma-t-il à supporter les plus grandes chaleurs et les^plus grands froids, la tète découverte, et à marcher toujours à pied dans les voyages, quelquefois fort longs, qu'il entreprenait.

Cela, au reste ^ n'engageait point ses

amis ; ceux-ci voyageaient à pied ou en litière; mais, de quelque pas qu'ils marchassent, Caton mfu'chait aus3i vite qu'eux.

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s'approchant de celiri avec lequel il voulait causer, et appuyant, pour tout repos, sa main au garot du cheval.

Il avait été d'abord très sobre, ne restant à table que quelques minutes, ne buvant qu'une seule fois après avoir mangé, et se levant aussitôt qu'il avait bu.

Plus tard, la chose changea : le rigide stoïcien se mil à boire, et passa quelquefois la nuit entière à table*

— Caton ne fait qu'ivrogner, disait Memmiiis.

— Oui, répondait Cicéron ; mais tu ne dis pas, en échange, qu'il joue aux dés depuis le matin jusqu'au soir.

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Peut-être Caton était-il ivre quand il appela en plein sénat ivrogne César, qui ne buvait presque jamais que de Teau.

A l'égard du vin, dit Suétone, en parlant de César, ses ennemis eux-mêmes conviennent qu'il en faisait un usage très modéré : ytnt parcissimum ne inimici quidem negave-^

ruitl.

Et Caton lui-même revient sur le mot ivrogne, quand il dit :

€ De tous ceux qui but gouverné la république, César seul n'était pas ivre : Vnnm ex omnihM ad evertendam rempublicam so^ brium accesskse,

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Jusqu'à son mariage, Caton f esta vierge; il voulut d'abord épouser Lépida, qui était fiancée àScipion Meléllus: On icfoyait Taffaire rompue entre tes deux jeunes gens, mais les prétentions die Caton ravivèrent Tamour de Metellus, et il reprit Lépida au moment où Caton tendait la main vers elle.

Cette fois, le stoïque ne fut point maître de lui.

Il voulut poursuivre Scipion Metellus en justice.

Ses amis lui firent comprendre que tout le monde rirait de lui, et qu'il en serait pour ses frais de procès.

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Il retira sa plainte, comme oo dirait de nos jours ; mais il prit la plome, et fit des iambes contre Sdpion.

Malheureusement ses iambes sont per- ^ dus.

Depuis, il épousa Attîtia, qu'il chassa de chez lui à cause de ses déportements.

Enfin 9 il se maria en secondes noces avec Marcie, fille de Philippe.

I>i$on$ tout de suite comment notre stoïcien, qui, amoureux de Lépida, faisait

des iambes contre Scipion, qui, marié 4 Attitia, la chassait à cause de ses déportejnents, disons tout de suite comment il entendait la jalousie.

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