‹ LES GRANDS HOMMES EN ROBE DE CHAMBRE CESARChapitre 8 sur 25 · LES GR4NDS HOMMES · texte numérisé non relu

LES GR4NDS HOMMES

Celte seconde femme de Caton était fort belle et passait pour ôtre sage, ce qui iie Tempèchait point d'avoir un grand nombre d'admirateurs.

Au nombre de ces Admirateurs était Quinlus HortensiuSy un des hommes les plus honorés et les plus honorables de Rome.

Seulement, Quintus Hortensius avait une singulière manie : il n'appréciait que la femme qu'il n'avait pas.

Or, le divorce étant permis à Rome, il eût bien voulu épouser, après divorce, la fille de Caton mariée à Bîbulus, ou la femme de Caton mariée à Caton.

Hortensius s'ouvrit d'abord à 1» femme

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de Bibulus , laquelle, aimant son mari et ayant deux enfants de lui ^ trouva les propositions d'Hortensius for t honorables sans doute, mais tout à fait hors de saison.

Hortensius, pour que la chose lui parût plus sérieuse, reçut le refus de Porcie de la bouche même de Bibulus.

Mais Hortensius ne se tint point pour battu, et insista près de Bibulus lui-même.

Bibulus en appela à son beau-frère. .

Caton intervint.

Hortensius alors s'expliqua plus catégoriquement encore vis-à-vis de Caton, avec qui il était lié depuis longues années, qu'il nâ Tavait fait avec Bibulus ^

LES aRANDS HOMMES

Horiensius ne cherchait point le scandale et ne tenait pas absolument au bien d'autrui.

Ce qu'il voulait, c'était une honnête femme.

Par malheur, malgré toutes ses recherches, il n'en avait trouvé que deux à Rome^ et ell^s étaient prises.

L'une était, comme nous l'avons dit,

Porcie, femme de Bibulus, l'autre Marcia, femme de Gaton.

Or, il detnandâit que BibuIuBouGirtiDn, peu lui importait lequel^ poussât le dévoû- .ment jusqu'jà se séparer jle sa fen^nue^tM lui donner-

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A son avis, c'était une chose quePytAias et Damon ne se seraient pas refusée Tun à Fautre, et il prétendait aimer Caton au moins autant que Pythias' aimait Dâmon, et que Damon aimait Pythias.

Au reste, Hortensius faisait une proposition qui prouvait sa bonne foi : il s'engageait à rendre Porcie à Bibulus ou Marcia à ^Caton aussitôt qu'il en aurait eu deux enfants.

II s'appuyait sur une loi de Numa, tombée jeh désuétude quoique non abrogée.

Cette loi, que le lecteur pourra rëtrouver dans Plutarque — Parallèle entré Lyùurguf^ H Numa -^ portait que le mari qui croirait w^ assez d^Jsnfanis pourrait céder

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sa femme à un autre, soit pour uu temps, soit à perpétuité.

CatOD fit observer à Hortensius que cette cession était pour son compte à lui, Gaton, d'autant plus impossible que Marcia était enceinte.

Hortensius répondit que son désir était un désir honnête et raisonnable, il attendrait que Marcia fût accouchée.

Cette persistance toucha Gaton, qui demanda à Hortensius la permission toutefois de consulter Philippe, père de Marcia.

Philippe était bonhomme.

— - Du moment, dit-il à son gendre, où Vous ne voyez pas dinconvénient à cettb

cession, je n'en vois pas non plus : cependant j'eiige que vous signiez au contrat de

Inariage d'Hortensius et de Marcia.

Gaton y consentit.

On attendit que Marcia fût accouchée et eût fait ses relevailles, et elle fut, en présence de son père et de son mari^ qui appliqua sa signature et son cachet au contrat, et elle fut mariée à Hortensius.

Nou$ dirons tout à Theurq comment cet arrangement était [moins extraordinaire Fan 695 de Rome que mil huit cent cinquante après avant Jésus-Christ.

Achevons Itîstoîre de Marcia et d'Hor*^ tensiuSi

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Les deux époux vécurent parfaitement heureux ; Maroia combla les vœux d'Hor^ lensius eu lui donnant deux enfants, et comme Gaton ne la redemanda point, Hor« tensius la garda jusqu'au moment où lui, .Hortensius^ mourut, et, en mourant, lui laissa tout son biçn.

Vingt <m vingt-cinq millions peut-être.

Alors Caton épousa de nouveau Marciat comme on peut le voir dans Âppius : De la fuetn enOtt et dans tacain t l^àtêule^ livuii, tws. 328.

Seulement, comme la chose arrivait aa moment où il partait avec Pompée, ce fut non plus une femme que reprit Caton^ nais une mère qu'i] rendit à ses filles.

L'aventure fît quelque bruit à Rome.

On en causa , mais on ne s'en étonna point autrement.

Gela tenait aux lois sur le divorce.

Disons quelques mots de ces lois, afin qu'une seule chose reste un problème aux yeux de nos lectrices.

La passivité de Marcia^ qui circule ainsi d^un mari a Vautre.

Et encore cette passivité, peut-être l'expliquerons-nous.

On le voitt notre prétention est de tout expliquer. .

Commençons par dire comment on se marïait : les conditions du devoir viendront ensuite.

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